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50 défis

Tenir tête au déclin cognitif

[Défi 18] En 2056, un tiers de la population du Québec aura plus de 65 ans. Plus on est en forme, mieux notre cerveau vieillit.

20/11/2012
Louis Bherer
Psychologie, professeur à l’Université du Québec à Montréal

Étienne DeVillers-Sidani,
neurologie, Institut et hôpital neurologique de Montréal

Louis Bherer
Louis Bherer
Bouge tes neurones

Il est possible de prévenir le vieillissement du cerveau. La recette: bouger et faire travailler ses neurones!
Par Amélie Daoust-Boisvert

Louis Bherer a une ambition: «Je veux partir à la retraite en ayant changé la façon dont on vieillit au Québec.» Louable projet puisque, en 2056, c’est près de un tiers de la population qui aura plus de 65 ans. Le professeur à l’Université du Québec à Montréal se bat contre un mythe, celui qui veut que mémoire et attention s’envolent inévita­blement avec les années.

Dans la salle de gym, située juste à côté de son bureau de l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal, des têtes grises très en forme semblent elles aussi mettre ce mythe à bas. L’exercice, c’est bon pour le cœur; ça, on le savait. Ce que l’on sait moins, c’est que c’est aussi bon pour le cerveau. Et ce, à n’importe quel âge! C’est ce que démontre une étude menée en 2010 par Louis Bherer auprès de 21 femmes et 4 hommes, publiée dans Frontiers in Aging Neuroscience.

Après trois mois d’entraînement aérobique, à raison de trois fois par semaine, les participants avaient amélioré considérablement leur vitesse de réaction à un stimulus visuel – ils devaient notamment appuyer sur une touche d’ordinateur dès qu’un point noir apparaissait à l’écran. «La mémoire et la capacité d’attention des participants s’améliore avec l’entraînement physique», affirme Louis Bherer. Et selon lui, ces «compétences» sont probablement transférées dans la vie quotidienne, ce qui pourrait diminuer les risques de chute ou les accidents de voiture.

Pour l’instant, le chercheur est incapable d’expliquer précisément pourquoi ce type de programme améliore les capacités cogni­tives de ceux qui s’y soumettent et quelle «prescription» serait la plus efficace, la plus rapide et la plus durable. «Mais il est clair que la plasticité cérébrale joue un rôle», précise-t-il. On sait en effet que le cerveau se réorganise constamment et jusqu’à un âge avancé. «Le cerveau se transforme encore quand on vieillit, mais il faut faire plus d’efforts, les règles sont un peu différentes», constate quant à lui le docteur Étienne DeVillers-Sidani, de l’Institut et hôpital neurologique de Montréal.

Étienne DeVillers-Sidani
Étienne DeVillers-Sidani
Les racines d’un arbre vénérable pousseront différemment pour atteindre eau et minéraux si une partie du système racinaire meurt. Comme elles, les connexions du cerveau se réorganisent pour faire circuler l’information quand un chemin devient inopérant.

Comme Louis Bherer, Étienne DeVillers-Sidani cherche à prévenir et contrer le déclin cognitif. Pour y parvenir, le neurologue tente de percer les secrets de la plasticité cérébrale. «Mon hypothèse, dit-il, c’est qu’une fois qu’on a quitté l’école, on entre dans un mode d’utilisation, et moins d’apprentissage. Mais ceux qui poursuivent une activité intellectuelle et physique bénéficient d’une certaine protection contre les différentes formes de démence, signe que ce que l’on fait au cours de notre existence a un effet sur notre cerveau», explique le médecin.

Avec des rats pour modèles, le docteur DeVillers-Sidani tente maintenant d’identifier les mécanismes susceptibles d’ouvrir les «fenêtres de plasticité». Une stimu­lation ou un médicament qui permettraient aux «vieilles racines» de recommencer à s’étendre comme de jeunes pousses. À 25 ou à 80 printemps.


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