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50 défis

Désengorger les routes

[Défi 35] D’ici 2016, 10,2 millions de déplacements quotidiens auront lieu dans l’agglomération de Montréal. Une augmentation de 25% par rapport à aujourd’hui.

26/10/2012
Catherine Morency
Génie civil, titulaire de la Chaire de recherche Mobilité de l’École polytechnique

Ahmed El-Geneidy
Urbanisme, directeur du TRAM, le groupe de recherche en transport

Catherine MorencyEn finir avec les bouchons!

Inutile d’augmenter la capacité des routes. Ce qu’il faut, c’est réduire la circulation!
Par Bouchra Ouatik

Comment en finir avec la congestion routière? En réduisant le nombre de voitures sur les routes! Cela ressemble à une lapalissade. «Et pourtant, beaucoup travaillent plutôt à augmenter la capacité des routes. Mais ce n’est pas une solution, puisque la circulation doit quand même se déverser quelque part», explique Catherine Morency, titulaire de la Chaire de recherche Mobilité de l’École polytechnique.

Afin de réduire le nombre d’automobiles, il faut évidemment privilégier le covoiturage et le transport en commun, mais il faut aussi répartir la circulation dans le temps. Et pour cela, les entreprises devront faire leur part. Comment? En favorisant le télétravail et en améliorant la flexibilité des horaires de leurs employés.

Catherine Morency développe précisément des outils pour aider les usagers et les entreprises à mieux planifier les déplacements. Ses «indicateurs de congestion» permettent de déterminer la durée des trajets sur les artères les plus empruntées. «S’il y a de la neige ou du soleil, si on est lundi matin ou vendredi après-midi, cela influence la congestion», dit-elle.

Son modèle tient compte d’innombrables données: le jour de la semaine et l’heure, la saison, les conditions météorologiques, le nombre moyen d’accidents et les intersections environnantes. À partir de ces données, elle développe des modèles statistiques qui permettent de prévoir le temps moyen qu’un automobiliste passera sur la route à un moment précis.

Pour connaître les habitudes de déplacement des automobilistes, la chercheuse a notamment utilisé les données de GPS du service d’«autopartage» Communauto, les statistiques sur la mobilité recueillies par le gouvernement du Québec, et des images des caméras routières.

Le ministère des Transports du Québec, la ville de Montréal et les réseaux de transport en commun utiliseront cet outil pour élaborer les futures politiques de transport.

Ahmed El-GeneidyÀ l’Université McGill, l’urbaniste et directeur du TRAM, le groupe de recherche en transport, Ahmed El-Geneidy, essaie lui aussi de faciliter la vie des automobilistes. Il s’intéresse à l’«indice d’accessibilité», c’est-à-dire au temps requis pour se déplacer, par exemple, de son domicile à son travail ou au supermarché, en fonction de chaque mode de transport: voiture, métro, autobus, vélo. «Pour améliorer l’indice d’accessibilité, on peut travailler soit sur le mode de transport, soit sur la planification urbaine.

Par exemple, en densifiant la construction, explique l’urbaniste. Si on veut que les gens laissent de côté leur voiture, il leur faut des solutions plus fiables.» Il a ainsi calculé l’indice d’accessibilité, quartier par quartier, de l’île de Montréal, ce qui lui permet de modéliser  le territoire au complet. Récemment, Ahmed El-Geneidy a collaboré avec la Société de transport de Montréal pour implanter une nouvelle ligne d’autobus express sur le boulevard Saint-Michel. Ses calculs ont permis de déterminer, entre autres, combien d’arrêts étaient néces­saires et quelle devait être la fréquen­ce des autobus, pour répondre le mieux aux besoins des usagers.


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