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50 défis

Enrayer la douleur chronique

[Défi 06] La douleur chronique touche plus de 20% de la population, et plus on avance en âge, pire c’est. Le vieillissement entraîne une explosion des coûts reliés à ce mal.

09/11/2012
Anaïs Lacasse
Chercheuse au département des sciences de la santé de l’Université de Montréal

DouleurAïe, aïe, aïe!

On comprend encore très mal les mécanismes de la douleur chronique. Ce que l’on sait, par contre, c’est que, pour vaincre ce mal, il faut se l’approprier.
Par Louis Gagné

Longtemps considérée comme un mal imaginaire, la douleur chronique affligerait pourtant un Québécois sur cinq. «C’est beaucoup, et c’est probablement sous-estimé. Il y a une grande méconnaissance de cette maladie parce qu’elle est invisible et difficile à traiter», explique Anaïs Lacasse, chercheuse au département des sciences de la santé de l’Université du Québec en Abitibi-Témis­camingue.

Fibromyalgie, lombalgie, migraine, arthrose, céphalée chronique, choc post-traumatique ou postopératoire, une pa­no­­­plie de causes sont à l’origine de ce mal complexe. Difficile à définir, la douleur est considérée comme chronique si elle persiste trois mois (ou plus) au-delà de la période de guérison normale pour une blessure ou une maladie donnée.

Le degré d’inconfort – très variable d’une personne à l’autre – et la multiplicité des symptômes – physiques, psychiques et sociaux – complique beaucoup le travail des médecins et des chercheurs.

Les spécialistes savent cependant une chose: il faut adopter une approche multidisciplinaire où le médecin, le pharmacien, l’infirmière, le physiothérapeute et le psychologue conjuguent leurs efforts. Certes, on dispose aujourd’hui de traitements médicamenteux qui ont une certaine efficacité. Mais les anti-inflammatoires non stéroïdiens, les anticonvulsivants, les antidépresseurs, les can­na­­binoïdes et autres opioïdes sont loin d’être suffisants.

Anaïs Lacasse a ainsi développé un projet d’étude, dit «d’autogestion», qui vise à aider les gens atteints de fibromyalgie et de lombalgie. La fibromyalgie est un dérèglement du système nerveux qui entraîne de la douleur diffuse; quant à la lombalgie, c’est un mal lancinant situé au niveau des vertèbres lombaires qui rend la vie très pénible.

Anaïs LacasseLe programme préconisé – PASSAGE, pour Programme d’Apprentissage de StratégieS d’AutoGestion Efficaces – consiste essentiellement en une série de rencontres avec des professionnels de la santé portant sur différentes thématiques comme l’alimentation, l’exercice, la relaxation, l’usage adéquat de la médication et la définition d’objectifs personnels. Le but: redonner aux patients un certain contrôle sur leur mal afin qu’ils retrouvent une meilleure qualité de vie.

En devenant des experts de leur condition, les patients peuvent identifier les impacts biologiques de leur mode de vie et prévenir les accès douloureux. En collaboration avec Patricia Bourgeault de l’Université de Sherbrooke, et de Manon Choinière, du Centre de recherche du Centre hospitalier de l’Université de Montréal, Anaïs Lacasse a testé ce programme sur 32 personnes des 2 sexes âgées en moyenne de 45 à 60 ans, résidant dans les régions de Sherbrooke ou de Rouyn-Noranda. De fait, la méthode est bel et bien efficace!
«L’autogestion de la douleur, ça mar­che! Une majorité de participants ont rapporté une nette amélioration de leurs symptômes, de leur qualité de vie et de leur fonctionnement quotidien», affirme Mme Lacasse.

La population vieillit; la fréquence des maladies croît, et la prévalence de la douleur chronique risque fort d’augmenter elle aussi.
Raison de plus pour aider les personnes souffrantes à couler des jours plus heureux.


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