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Technopop

Courriel, je t'aime, je te hais

Par Catherine Mathys - 15/02/2018
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Cessons de nous leurrer. Vider la boîte de réception entièrement est une utopie. Certains téméraires y parviennent parfois, mais ce n’est qu’une question d’heures avant que le compteur affiche à nouveau des dizaines de courriels non lus.

Il s’échangera, cette année, plus de 280 milliards de courriels dans le monde. Cela équivaut à environ 121 par jour pour un travailleur moyen, qui seront lus, pour la plupart, sur un appareil mobile. Le courriel est devenu, au fil du temps, indétrônable.

Depuis ses débuts en 1971, il a subi les assauts de la messagerie instantanée, des réseaux sociaux, et des Slack de ce monde, sans jamais vaciller. Nous serons 3,8 milliards d’utilisateurs en 2018, dépassant de loin le nombre d’abonnés à Facebook. C’est aussi plus que le nombre total d’utilisateurs du Web. C’est notre technologie de communication préférée, celle qui rassemble. La majorité des gens ont déjà envoyé un courriel au moins une fois dans leur vie. Même tante Marguerite.

C’est qu’il est gratuit et facile à utiliser. Chaque période de nos vies trouve son adresse courriel. Et on les accumule. On s’attache à ces bonnes vieilles adresses Hotmail qu’on refuse d’éliminer. Elles sont là depuis longtemps, comme des témoins fidèles de certains de nos plus grands secrets. Le courriel fait partie de notre identité; il complète nos coordonnées.

En fait, il serait parfait si ce n’était de son infrastructure désuète et de ses problèmes de pourriels. Plus de la moitié des messages reçus tombent dans cette dernière catégorie. Mais on dirait qu’on lui pardonne ses fautes. Parce que, en fin de compte, ce sont nos attentes qui constituent le pire écueil : les nôtres, mais aussi celles de nos proches, de nos collègues, de nos patrons. Envoyer un courriel, c’est exiger une réponse. Le plus vite possible. C’est devenu tellement ingérable que la France a décidé d’encadrer la pratique du courriel. Avec sa loi sur le droit à la déconnexion, les salariés d’entreprises de plus de 50 employés ne sont plus tenus de répondre à leurs messages en dehors des heures de travail. Intéressant. Bon, je vous laisse. Pendant la rédaction de cette chronique, 23 courriels sont apparus !

>>> Cette chronique est tirée du numéro de mars 2018.

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