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Catherine Mathys

Un quotidien interrompu

05-10-2017

Peu importe ce qu’on est en train de faire, quand notre téléphone émet un signal pour nous avertir que quelque chose se passe, il très difficile de lui refuser notre attention. (Tiens, il grêle à La Malbaie.)

Ces notifications peuvent vite devenir envahissantes, car elles nous interrompent constamment. (Ah ! super ! Caroline vient de se joindre à un groupe de CrossFit sur Facebook.)

Le futile se mêle à l’essentiel et on se retrouve avec un bruit de fond incessant qui finit par nous abrutir. Et il ne s’agit pas seulement des courriels et des textos. Maintenant, les notifications sont reliées à bon nombre de services, d’applications et de plateformes. Une étude de 2014 parle d’une moyenne de plus de 63 notifications par jour. (Oh ! vente record d’électricité par Hydro-Québec !).

Ces interruptions ont des effets négatifs tant sur notre productivité que sur notre bien-être. Mais jusqu’à quel point?

C’est à cette question qu’ont tenté de répondre les chercheurs Martin Pielot de Telefonica Research et Luz Rello de l’université Carnegie-Mellon dont les résultats ont été présentés à Vienne, en septembre dernier, dans le cadre d’une conférence sur les interactions humain-machine. (Non, mais quel résultat serré, cette finale de tennis!) Les 30 participants à l’étude devaient désactiver toutes les formes de notifications pendant une seule journée.

On peut le deviner, ils se sont sentis moins distraits et plus productifs. Mais ils ont aussi éprouvé une forme d’anxiété, car ils ont eu l’impression d’être moins connectés aux autres. (Jean, un nouvel abonné Facebook, me dit bonjour.)

Au final, deux ans plus tard, près de la moitié des participants prennent encore le soin de désactiver leurs notifications. D’autres recherches sont nécessaires, mais une seule journée de sevrage pour ancrer une bonne habitude, c’est pas mal, non ? (La rédaction de cette chronique a été interrompue en tout 11 fois.)

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