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Reportages

Ce ne sont pas des remèdes de grand-mère

Par Marine Corniou - 23/10/2014
La lourde porte est verrouillée en permanence. Impossible d’entrer au Pavillon des bâtisseurs – ou d’en sortir – sans connaître le code d’accès. Pourtant, l’endroit, dans cette paisible rue de l’arrondissement Ahuntsic-Cartierville, à Montréal, n’a rien d’une prison. Disposées en carré autour d’une cour intérieure fleurie, les 14 chambres spacieuses et bien décorées sont ouvertes sur de larges corridors aux couleurs douces. «Ici, il n’y a pas de chariot métallique qui passe bruyamment ni de va-et-vient d’ascenseur», explique Josée Mayer, directrice de ce centre d’hébergement pour personnes atteintes d’alzheimer. Il n’y a pas à dire, l’atmosphère est sereine et l’endroit est même charmant, avec son aquarium et sa volière où chante un petit oiseau coloré. À l’entrée de chacune des chambres, une photo évocatrice aide son occupant à retrouver ses repères. «Ce peut être celle d’un animal, d’un objet; une photo actuelle ou ancienne de la personne», dit Josée Mayer en désignant le portrait en noir et blanc d’une femme souriante, pris le jour de sa graduation, il y a une cinquantaine d’années…

Inauguré en 2004 grâce au soutien de la fondation Gracia, qui œuvre à l’amélio­ration des services des sept établisse­ments du CSSS de Bor­deaux-Cartier­vil­le–Saint-Laurent, le Pavillon des bâtisseurs est un centre modèle, conçu pour accommoder le mieux possible les personnes démentes.
«La liste d’attente est longue, reconnaît Josée Mayer en traversant la salle commune où les malades, installés dans de gros fauteuils, viennent d’assister à la messe télévisée. Nous n’avons que 20 pla­ces et c’est le seul centre d’hébergement de ce type au Québec.»

L’originalité du lieu? Les pensionnaires y déambulent librement, à leur conve­nan­ce. «À un certain stade de la maladie, le besoin de marcher est fort. Dans les centres d’hébergement classiques, au sein des hôpitaux, les patients font les cent pas dans les corridors, ce qui peut générer de la frustration et de l’anxiété. Ici, ils “font le tour du carré” sans avoir à rebrousser chemin, vont et viennent dans les chambres comme ils le veulent. On a disposé des fauteuils un peu partout afin qu’ils puissent se reposer, avant de reprendre leur erran­ce», souligne Josée Ma­yer. Certes, les objets personnels se «promènent» de pièce en pièce et certains occu­pants se sentent parfois envahis par leurs voisins. Mais, de manière générale, les patients sont apaisés, moins agressifs qu’au sein d’un centre conventionnel, soutient la directrice. Résultat, ils sont aussi moins médicamentés.

Illustration: Marc Taro Holmes

Lire la suite dans notre numéro de novembre 2014

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