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Edito

C’est grave, docteur Google?

17-05-2018

Que celui ou celle qui n’a jamais « googlé » ses symptômes lève la main. Personne ? En effet, 97 % des individus connectés se tournent vers le Web pour obtenir des informations sur leur santé avant de se rendre chez le médecin. L’autodiagnostic en ligne fait désormais partie de nos habitudes, au même titre que d’avaler un cachet d’analgésique en cas de mal de tête.

Mais que cherchons-nous exactement ? Curieuse, l’équipe de Québec Science a consulté Google Canada. Ses experts ont extrait de leurs données les 50 questions de santé les plus fréquemment posées au moteur de recherche par les Québécois. Résultat : on s’interroge beaucoup sur les maux quotidiens, comme le hoquet et le ronflement, ainsi que sur les maladies, la santé sexuelle, la santé mentale, la nutrition et le sport.

Rien d’étonnant aux yeux d’Alexandre Coutant, directeur du Centre de recherche sur la communication et la santé à l’Université du Québec à Montréal : « Généralement, on s’informe en ligne pour trois raisons : trouver des remèdes aux petits tracas et des réponses à des questions embarrassantes; en apprendre davantage sur les sujets dont parlent les médias et le marketing, comme le gluten; mieux comprendre tout ce qui relève des maladies “sociales” comme le stress,  l’angoisse et la fatigue. »

Ainsi, consulter docteur Google est « une façon de se rassurer en attendant de voir un médecin », affirme Alexandre Coutant. Un doudou numérique, quoi. Cela n’est pas sans mérite alors que l’accès aux soins de santé demeure difficile au Québec.

Mais encore faut-il savoir où chercher sur le Web pour ne pas se laisser berner par des sources d’information incomplètes, incorrectes ou délibérément trompeuses. Selon certaines estimations, environ 50 % du contenu en ligne portant sur la santé tomberait dans l’une de ces catégories. De quoi alimenter des sentiments d’angoisse et de confusion chez des internautes qui, déjà préoccupés par des symptômes souvent bénins, finissent par croire qu’ils sont atteints d’un mal incurable.

Dans l’espoir de vous éviter de tels moments de panique, seul devant votre écran, nos reporters ont cherché à répondre à ces 50 questions récurrentes, à l’aide de professionnels de la santé et de scientifiques. Sans avoir la prétention d’être exhaustif, notre dossier spécial se veut avant tout un document auquel vous pouvez vous référer rapidement pour de courtes explications et des trucs éprouvés. Cependant, rappelez-vous que, tout comme le Web, notre magazine ne remplacera jamais votre médecin.

= = =

Même les plus grands voyageurs doivent, un jour, déposer leurs valises, nous explique avec nostalgie et tristesse Serge Bouchard dans sa chronique – sa toute dernière. Après avoir écrit plus d’une centaine de textes dans Québec Science, cet infatigable bourlingueur a décidé de ralentir le rythme et de ranger sa plume. Il a publié sa première chronique en 2004, rédigée à quatre mains avec son complice, l’anthropologue Bernard Arcand. À la suite du décès de ce dernier, en 2009, Serge a poursuivi l’aventure en solo. Il nous lègue une collection de récits empreints de tendresse et d’humanité où s’entremêlent tour à tour l’anthropologie, l’histoire, la géographie et la philosophie; où les « remarquables oubliés » ont enfin un visage, une identité; où les lieux révèlent leur véritable esprit; où les notes de terrain se transforment en capsules à voyager dans le temps et l’espace; où le particulier finit toujours par toucher à l’universel.

Il est impossible de rendre justice en quelques lignes au talent de Serge Bouchard. Il n’est toutefois pas exagéré d’affirmer que sa contribution à notre magazine demeurera inestimable.

Cher Serge, au nom de tous les lecteurs de Québec Science, merci. Mille fois merci.

>>> Plongez à nouveau dans les chroniques de Serge Bouchard publiées depuis 2012 sur le site web.

Photo: Pixabay

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