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Édito

Du courant sur le circuit

Par Raymond Lemieux - 14/05/2015
Pour bien des écologistes, les Grands prix automobiles sont des manèges de métal et de moteurs pareils aux courses de chevaux pour les animalistes: un scandale, une honte, un faux sport, une folie «pétrodoriférante» futile et bruyante.

Comme si ce n’était pas suffisant, l’événement se drape dans un glamour assez agaçant pour ceux et celles qui ne lisent pas Paris Match, Tempo, ¡Hola! ou Cosmopolitan. Il a un côté m’as-tu-vu, chromé et lustré qui a tout pour heurter les tenants de la simplicité volontaire. Ce n’est pas demain que Slow Food commanditera un tel spectacle. Ni le Conseil du statut de la femme, d’ailleurs.

Pis, cela nous fait oublier que ces courses sont également des expériences technologiques extrêmes et de parfaits bancs d’essai pour nos voitures de demain. Ainsi, on ne devrait pas se surprendre que le monde du sport automobile commence à tourner à l’électricité. La FE (pour Formule électrique) est maintenant sur le fil de départ. Et c’est de bon augure pour ceux qui veulent s’affranchir du pétrole.

Le 13 septembre dernier, la Fédération internationale de l’automobile (FIA) a tenu, à Pékin, la première course de FE de l’histoire. Puis, la Malaisie et l’Uruguay ont accueilli les étapes suivantes, en novembre et en décembre. Une compétition à laquelle Montréal souhaite maintenant s’ouvrir en 2016 ou 2017, si on en croit le maire Denis Coderre.

S’il est vrai que l’enjeu de la course tient dans la vitesse et la performance*, le bolide doit être sécuritaire et assorti d’une mécanique fiable. C’est une nécessité: le parcours d’un Grand prix est composé de segments qui permettent des accélérations spectaculaires, mais aussi de courbes qui forcent à ralentir subitement. De quoi mettre à dure épreuve les freins, le moteur, les boîtes de vitesses et les pneus de ces bolides, tout en exigeant des pilotes une parfaite maîtrise du volant. (Seront-ils, un jour, remplacés par des robots?)

Le prochain rendez-vous de Formule 1 à Montréal est fixé aux 5, 6 et 7 juin prochains. On verra les parades habituelles des écuries; un cirque que d’aucuns commencent à trouver plutôt ringard. Même les marmottes paraissent indifférentes au passage des bolides assourdissants. La FE pourrait être bien placée pour doubler la F1. Pourquoi pas? Ça n’enlèvera rien au clinquant de la fête.

* Pour l’anecdote, le record du tour de piste au Grand prix de Montréal (4,3 km) est de 1 minute 13 secondes. Il est détenu, depuis 2004, par le pilote brésilien Rubens Barrichello.

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