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Enfants, la science révèle

La grande métamorphose des tout-petits

Pascale Millot - 29/07/2010
Les enfants de 2010 ne sont plus les mêmes que ceux des années 1970, 1980 ou même 1990. Le monde a tellement évolué autour d’eux que leur cerveau en a été transformé.

L’avez-vous remarqué? Nous avions un ministère de la Famille et de l’Enfance; nous avons maintenant un ministère de la Famille et des Aînés. Ça ne nous rajeunit pas! Ce coup de vieux gouvernemental reflète une réalité démographique. On recense un million de Québécois en deçà de 13 ans; c’est 65 000 individus de moins que les plus de 60 ans. Nous vivons dans une société où les enfants sont minoritaires et cela se voit. Il n’en a pas toujours été ainsi. En fait, c’est même une situation récente dans l’histoire humaine, puisque les petits ont longtemps été plus nombreux que les adultes.

La tendance actuelle n’est cependant pas prête de s’inverser. Car on a beau se réjouir d’une légère hausse de la natalité, c’est plutôt la retraite imminente des baby boomers, ces gens nés entre les années 1946 et 1960 environ, qui va teinter de gris la société québécoise pour un bon bout de temps.

On ne s’étonnera donc pas de l’importance accordée aux enjeux touchant les personnes âgées: de la maladie d’Alzheimer qui fait des ravages au Viagra qui fait des miracles; des caisses de retraite qui se vident à la main-d’œuvre qualifiée qui fout le camp; de l’isolement des aînés à la transmission déficiente du savoir.

Et pendant que nous nous regardions vieillir en nous demandant comment éviter la souffrance, les regrets et l’ennui, les enfants, eux, ont changé. Beaucoup changé.

On pouvait certes soupçonner quelque chose. Les médecins n’ont jamais autant diagnostiqué de troubles de déficit d’attention, et prescrit de Ritalin pour en contrôler les symptômes. Les profs répètent que les enfants (surtout les garçons) ne tiennent plus en place. Ils ajoutent généralement qu’ils sont plus éveillés, plus ouverts sur le monde, plus cultivés. Quant aux parents, ils trouvent leurs rejetons bien précoces et remarquent qu’ils tiennent des raisonnements plus élaborés, brouillant du même coup les rapports d’autorité traditionnels.

Mais après tout, le monde de l’enfance n’a-t-il pas toujours été un peu mystérieux, énigmatique? Un univers qui nous échappe, à peine en a-t-on refermé la porte.

Ce n’est pas une blague, nos rejetons ne sont plus les mêmes: le cerveau des enfants de 2010 est différent de celui des enfants des années 1980!
Est-ce si étonnant?

Jamais l’environnement dans lequel nous évoluons n’a bougé aussi vite. Et avec les vies folles que nous menons, il serait bien surprenant que les tout-petits n’en ressentent pas les soubresauts.

Les couples se sont séparés, les familles se sont reconstituées; les mères sont allées travailler; les bambins ont envahi les garderies; la technologie s’est emballée; Internet est arrivé; le rythme de nos vies s’est accélérée.

On sait par exemple aujourd’hui que la télé modifie les connexions neuronales des tout-petits. Mais ce n’est pas tout. L’environnement dans lequel ils vivent agit aussi sur leurs gènes, ou du moins sur l’expression de leurs gènes, comme le démontre cette discipline fascinante appelée épigénétique.

Il reste une chose, cependant, qui n’a pas changé: l’enfance demeure cette période précieuse et critique où se forment les bases de la sécurité affective, garante de relations sociales et amoureuses harmonieuses; un grand chantier d’apprentissage où se tricote l’attachement qui sera déterminant dans l’aptitude au bonheur.

Et pour construire tout ça, les enfants auront toujours besoin de nous, les grands, pour les guider, les protéger, les aimer. Ça, ça ne changera pas.




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