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Enfants, la science révèle

Marmots 2.0

Catherine Dubé - 29/07/2010

Il n’y a plus de doute: la télévision en bas âge nuit à l’acquisition du langage et au développement psychomoteur. En France et aux Etats-Unis, on recommande d’éviter les écrans avant l’âge de deux ou trois ans. Mais rien au Québec…

Depuis sa mise en ondes, en 2008, la chaîne de télévision française Baby First a l’obligation de diffuser un message d’avertissement: «Regarder la télévision peut freiner le développement des enfants de moins de trois ans, même lorsqu’il s’agit de chaînes qui s’adressent spécifiquement à eux.» Les parents savent à quoi s’en tenir!

C’est le pédopsychiatre Serge Tisseron, grand spécialiste de l’effet des écrans sur les enfants, qui a fait pression sur le gouvernement français pour qu’il diffuse ce message de santé publique. Il n’a cependant pas obtenu le retrait du permis de diffusion de cette chaîne destinée aux tout-petits! «Il n’y a plus de doute: la télévision en bas âge nuit à l’acquisition du langage et au développement psychomoteur», souligne le pédopsychiatre qui a reçu l’appui de presque toutes les associations françaises de professionnels de la petite enfance. Aux États-Unis, l’Académie de pédiatrie recommande elle aussi d’éviter les écrans avant l’âge de deux ans. Mais rien au Québec, même si l’offre télévisuelle continue d’augmenter. Après VRAK.TV et Télétoon (qui diffuse 24 heures sur 24), la toute nouvelle chaîne Yoopa cible désormais spécifiquement les jeunes enfants. «Les diffuseurs prétendent s’adresser aux petits de deux ans à six ans, mais c’est de l’hypocrisie, estime Serge Tisseron. On sait que les enfants sont assis devant la télé bien avant cet âge.» Et ce n’est que le premier écran qui entre dans leur vie… Ils grandiront ensuite avec la Wii et la Nintendo DS; ils enverront des textos, passeront des heures sur YouTube et communiqueront grâce à Facebook ou, plus vraisemblablement, grâce à des interfaces qui n’ont pas encore été développées.

Le spécialiste n’a rien contre ces technologies: il blogue et il s’adonne lui-même aux jeux vidéo en ligne. Il s’enthousiasme des possibilités offertes aux jeunes d’aujourd’hui: parler par webcam à sa maman en voyage d’affaires ou accéder aux connaissances de l’humanité en un clic de souris. «Mais pour bien profiter des écrans, il ne faut pas les introduire trop tôt, ni les introduire n’importe comment», dit-il.

 

Bombardé d’images depuis le berceau, le cerveau d’un enfant d’aujourd’hui est assurément différent de celui de ses parents au même âge. «Nous savons maintenant que toute expérience modifie le cerveau humain. Le contact avec les médias électroniques ne fait pas exception», dit le psychiatre Norman Doidge, qui partage son temps entre l’université de Toronto et l’université Columbia, à New York.

Lire la suite dans le magazine Québec Science du mois d'août-septembre 2010.



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