Suivez-nous sur Twitter Suivez-nous sur Facebook VQ  velo.qc.ca 
Environnement

C'est plus hot en ville

20/05/2010
-
Des aménagements urbains plus judicieux pourraient corriger l’impact néfaste des villes sur le climat.

Ce sont les villes qui subiront les effets les plus importants des changements climatiques. La période de canicule qu’ont connue les Français, en 2003, est venue le rappeler. Les hôpitaux ont alors enregistré une hausse de la mortalité de 80% à Lyon et de 100% à Paris. «Cela donne une idée des conséquences que pourrait avoir une augmentation générale de la température, dit Pierre Crépeaux, chef du projet Plan climat, à Lyon. En comparaison, les gens des campagnes sont plus aptes à traverser ces situations extrêmes. D’ailleurs, la mortalité y a été plus faible pendant la canicule.»

Montréal n’a pas vécu un événement aussi grave, mais la métropole québécoise subit aussi des périodes de canicule et de smog. Les scientifiques d’Ouranos, un consortium universitaire québécois qui étudie les stratégies d’adaptation aux changements climatiques, a identifié des secteurs où la chaleur est plus élevée dans la région montréalaise. Caroline Larrivée fait partie de ce consortium. Et elle est convaincue: plus la température augmente plus la mortalité augmente aussi chez les citadins.

De manière générale, les villes seraient plus exposées au réchauffement planétaire, dit-elle. Mais elles contribuent aussi fortement au phénomène: 70% des gaz à effet de serre sont rejetés dans des zones urbaines. Le rôle des villes dans la lutte contre le réchauffement climatique est donc déterminant. Au Canada, les grands centres pourraient réussir à abaisser leurs émissions de 44%, estime la Fédération des municipalités. Mieux que l’objectif global que s’est fixé le pays.

Comment faire? En coupant les moteurs? Pas seulement. «Il faut repenser le trafic routier. Et même l’aménagement des villes», dit Pierre Crépeaux. Par exemple, on sait que des rues plus larges et bordées d’arbres augmentent les surfaces ombragées en ville. À ce chapitre, l’été extrême de 2003, en France, a fourni quelques leçons aux urbanistes lyonnais. La température dans les rues ornées d’arbres était plus basse de 2°C que dans les autres, ont-ils mesuré. Il faudra donc planter des arbres, mais on devra penser à des essences tolérantes à la chaleur.

«Pour le moment, à Montréal, il nous reste encore à définir une stratégie globale d’action», admet Caroline Larrivée. La métropole s’en tire cependant honorablement et son Plan de transport vise à réduire les émissions de polluants de 30% d’ici 2020 (par rapport à leur niveau de 1990). Montréal a d’ailleurs obtenu, pour cette initiative, le prix Leadership climatique, à Copenhague, en décembre 2009. Reste à réaliser cet honorable plan.

Afficher tous les textes de cette section