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Environnement

Des bactéries qui mangent le styromousse

30-05-2011

Deux étudiants québécois, âgés d’à peine 20 ans, viennent de mettre au point une méthode pour dégrader le polystyrène de façon économique et naturelle!

Ce plastique très polluant – aussi appelé styromousse – est partout: dans les murs pour isoler les maisons, dans les tasses à café jetables et dans toutes sortes d’emballages. Évidemment, on en retrouve aussi partout dans la nature! Rien de surprenant, quand on sait qu’il met plus de 1 000 ans à se dégrader, qu’on en produit 14 millions de tonnes chaque année dans le monde et que seulement 1% est réutilisé, en raison du coût élevé des techniques de recyclage.

Alexandre Allard, de l’Université McGill, et Danny Luong, du cégep de Sainte-Foy, ont déniché dans le sol des bactéries capables de «grignoter» le polystyrène et de nous en débarrasser. Une vraie prouesse qui leur a permis de remporter le concours international Stockholm Junior Water Prize 2010! Et dire que les universitaires et les industriels à qui ils ont présenté leur idée leur ont tous claqué la porte au nez. Qu’à cela ne tienne! Dans un laboratoire prêté par un prof de chimie, ils décident de vérifier leur intuition: puisque les micro-organismes sont capables de s’adapter à tout, ou presque, il y a fort à parier qu’il existe des bactéries qui ont tiré avantage du polystyrène présent dans certains sites pollués. Et qui l’utilisent pour se nourrir!

Les étudiants récupèrent donc un échantillon de sol contaminé par du styromousse, et se mettent à cultiver les bactéries qui s’y trouvent. Peu à peu, ils augmentent la quantité de polystyrène et diminuent la concentration du milieu nutritif.

Après 10 semaines, une vingtaine de souches bactériennes subsistent dans les fioles. Mais au bout de 13 semaines, alors qu’il n’y a presque plus de solution nutritive, seules 3 espèces survivent: des «mutantes», capables de digérer le polystyrène. Après quelques ajustements de température et de pH, ces bactéries ont même réussi à détruire en deux semaines 70% du polystyrène contenu dans la fiole. Alexandre et Danny prédisent un bel avenir à leurs protégées. Celles-ci pourraient dégrader le polystyrène dans des incubateurs géants, et les déchets résultant de leur digestion pourraient être recyclés pour produire de nouveaux plastiques à moindres frais. Un coup de génie!

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