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31 octobre 2025
Temps de lecture : 4 minutes

Écoconseiller

Photo: artistlike @ Pixabay.com

À la maison, il est plutôt facile de faire sa part pour protéger l’environnement. On peut mettre le papier et le plastique au recyclage, faire du compost avec les pelures de légumes ou encore fermer le robinet quand on se brosse les dents.

Mais pour une entreprise, c’est une autre histoire. Ce n’est pas toujours simple de trouver des façons d’intégrer les principes du développement durable dans différents secteurs et surtout, de convaincre les employés d’y participer. Les compagnies qui décident de prendre un virage vert embauchent des experts et expertes pour les aider : ce sont les écoconseillers et écoconseillères.

Sur le terrain, leurs tâches sont très concrètes : organiser un système de recyclage et de compostage; trouver des moyens pour réduire la consommation d’énergie et l’achat de matériel; chercher comment améliorer la qualité de l’air, diminuer les nuisances comme le bruit, etc. Leur principal défi : proposer des solutions innovantes, mais surtout réalistes. 

Sans oublier leur rôle de communicateurs et communicatrices, pour sensibiliser les élus, les entreprises et le public à l’importance des enjeux environnementaux. Bref, c’est un métier qui permet d’être un véritable ami de la planète ! 

Daniel Forget, écoconseiller

Daniel travaille à l’Université Laval en tant que professionnel en développement durable. Après avoir obtenu un baccalauréat en génie géologique à l’École Polytechnique de Montréal, Daniel a poursuivi sa formation à l’Université du Québec à Chicoutimi en s’inscrivant au diplôme d’études supérieures spécialisées en éco-conseil. Il venait de trouver sa voie, comblant du même coup son désir de changer le monde.

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Entrevue

Entrevue avec Daniel

Quand tu étais au secondaire, quel métier voulais-tu faire ?
Au secondaire, je ne savais pas encore ce que je voulais faire. Je me doutais bien que je poursuivrais jusqu’à l’université, mais sans plus. Je me suis inscrit en sciences de la nature au cégep parce que j’aimais les mathématiques et les sciences. À l’université, j’ai finalement opté pour le génie géologique, qui me permettait de satisfaire mon envie de travailler à l’extérieur tout en mettant à profit mes aptitudes scientifiques.

Comment t’es-tu tourné vers l’écoconseil ?
Pendant mes études en génie géologique, à la fin des années 1990, le marché minier était dans un creux de vague.  J’ai donc déniché la majorité de mes stages dans le domaine de la caractérisation et de la réhabilitation de sites contaminés. C’est par cette expérience de travail que j’ai compris qu’il était possible de choisir un emploi dont les tâches permettent de vivre dans un monde meilleur. À la sortie de mon baccalauréat, j’ai donc cherché un poste en décontamination des sols. Et j’en ai trouvé un !
Pendant 4 ans, j’ai travaillé sur divers chantiers. Mais mon désir de changer le monde n’était pas entièrement assouvi. À la suite d’une expérience unique avec Ingénieurs sans frontière en Argentine, j’ai beaucoup réfléchi et j’ai pris la décision de retourner sur les bancs d’école.

Es-tu satisfait de cette réorientation ?
Tout à fait ! J’ai pu compléter mon baccalauréat d’ingénieur grâce à mon DESS en écoconseil. J’ai eu droit à une formation hors des sentiers battus qui me présentait de nouvelles visions du monde. J’ai suivi des cours variés en communication, en biologie et en anthropologie. Après cette année d’étude et un stage rémunéré, je me sentais bien outillé pour accompagner tout futur employeur dans une démarche de développement durable ! Je venais de trouver un métier qui rejoignait parfaitement mes valeurs.

Le métier d’écoconseiller était assez nouveau à l’époque. A-t-il été difficile de trouver du travail ?
Non. J’ai eu la chance de trouver un emploi à l’endroit même où j’ai effectué mon stage. Ainsi, à la fin de mon DESS, j’ai obtenu un poste d’écoconseiller au cégep de Victoriaville. J’y ai travaillé pendant 3 ans avant d’entrer à l’Université Laval.

En quoi consiste ton travail ?
Je suis professionnel en développement durable. Mes tâches principales sont de mettre en place et de promouvoir des initiatives de formation en développement durable, d’accompagner les programmes ou les étudiants en ce sens, et de contribuer à la mise en œuvre du plan d’action institutionnel en développement durable.

Quelles sont les qualités nécessaires d’un bon écoconseiller ?
L’esprit d’équipe, l’esprit d’ouverture, l’empathie, la collaboration, la reconnaissance et le respect de l’autre. Il y a aussi les aptitudes en communication, en particulier l’écoute. Pour bien conseiller, il faut écouter et identifier les besoins de notre interlocuteur.  On doit aussi être en mesure de bien comprendre les problématiques environnementales et sociales pour être en mesure de vulgariser des problématiques complexes afin de sensibiliser et de mobiliser notre entourage.

Quelle est la réalisation professionnelle dont tu es le plus fier ?
Il y en a plusieurs ! En voici trois : le projet de compostage au cégep de Victoriaville, ma participation au comité d’élaboration du certificat en développement durable à l’Université Laval et la création d’un parcours en développement durable sur le campus de l’Université Laval.

Journée type

Une journée dans la vie de Daniel

Pour Daniel, aucune journée n’est pareille. « Je peux parfois passer des jours complets à ne faire que répondre à des courriels et d’autres à participer ou à animer des rencontres. »

Ce matin, il prend le temps de rencontrer des étudiants et étudiantes qui désirent des conseils sur l’orientation de leur formation, d’autres qui veulent effectuer un projet en développement durable, et certains qui veulent s’inscrire à un profil en développement durable.

Daniel doit aussi maintenir ses connaissances à jour. Cet après-midi, il suit une formation. « Je dois me renseigner sur les tendances du marché de l’emploi « vert » et de la formation en développement durable en participant à des colloques ou à des congrès. » Depuis deux ans, il coordonne avec des collègues un projet sur la reconnaissance et la promotion de la formation en développement durable. « Ça a l’air simple dit comme ça, mais c’est un défi de chaque instant! »

À l’Université Laval, un article du règlement des études exige que tous les programmes de baccalauréat initient leurs groupes étudiants aux enjeux du développement durable. Dans le temps qu’il lui reste, Daniel tente de donner vie à cet article ! « Je travaille avec des directions de programme, des conseillers à la gestion des études, des professeurs, des étudiants et aussi avec d’autres intervenants en développement durable sur le campus. Une démarche de développement durable exige beaucoup de collaboration et de concertation. »

La journée se termine dans un campus universitaire un peu plus vert que la veille.

Études

La parcours académique de Daniel

Au cégep :
DEC en sciences de la nature (2 ans)

À l’université :
Plusieurs universités offrent des formations en éco-conseil et les appellations de ces programmes varient.

Et après…
Les écoconseillers et écoconseillères peuvent œuvrer pour une municipalité, pour une entreprise ou pour une grande institution, scolaire ou autre. Ils et elles peuvent avoir un poste permanent dans une entreprise ou être embauchés momentanément, le temps d’implanter des pratiques saines et vertes dans un milieu.

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