Suivez-nous sur Twitter Suivez-nous sur Facebook VQ  velo.qc.ca 
Santé

Alzheimer, une maladie transmissible?

Par Marine Corniou - 14/12/2016
-

En 2015 et 2016, des recherches ont suggéré que la maladie d'Alzheimer pouvait être transmise par des interventions médicales, comme certaines greffes. Comment est-ce possible?

C'est en disséquant les cerveaux de personnes atteintes de la maladie de Creutzfeldt-Jakob (ou maladie de la vache folle), qui l'avaient attrapée à la suite de traitements par l'hormone de croissance, que des chercheurs britanniques ont émis cette hypothèse dérangeante: la maladie d'Alzheimer pourrait elle aussi être transmise par des procédures médicales, comme l'injection d'hormones "contaminées" (procédure désormais interdite) ou certaines greffes (de cornée ou de dure-mère). L'étude, parue dans Nature en septembre 2015, avait fait grand bruit.

Les chercheurs ont confirmé leur hypothèse quelques mois plus tard, début 2016, dans une étude montrant la formation des plaques amyloïdes caractéristiques de la maladie d'Alzheimer dans le cerveau de personnes mortes de la maladie de Creutzfeldt-Jakob (MCJ), mais cette fois, cette maladie leur avait été transmise par des greffes de dure-mère (une membrane qui entoure le cerveau et la moelle épinière). Leur hypothèse? En transmettant la MCJ, les chirurgiens auraient aussi transmis, involontairement bien sûr, la maladie d'Alzheimer.

Comment expliquer cette "transmissibilité"? Bien qu'elle ne soit pas confirmée ni encore bien comprise, elle pourrait être liée au fait que les protéines anormales, dans le cerveau des personnes atteintes d'Alzheimer, se "propagent" d'elles-mêmes comme le feraient des virus ou des bactéries. Ces protéines pourraient-elles être transmises par des instruments chirurgicaux, comme le prion qui cause la MCJ? L'hypothèse est prise très au sérieux, d'autant qu'il est difficle de se débarrasser du prion (qui est, lui aussi, une protéine anormale) lorsqu'on stérilise les instruments. Les protéines anormales de la maladie d'Alzheimer sont elles aussi très résistantes.

Pour mieux comprendre, relisez notre reportage sur le sujet et notre actualité sur la propagation de la maladie de Huntington.



Image: Jaunmuktane et al. Nature 525, 247–250 (2015)
 



Afficher tous les textes de cette section