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Santé

Perturbateurs endocriniens: des coûts astronomiques pour la santé

Par Marine Corniou - 18/10/2016
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340 milliards de dollars: c’est le coût de santé annuel attribuable aux perturbateurs endocriniens aux États-Unis, selon une étude parue dans le Lancet Diabetes & Endocrinology.

Ces substances, que l’on trouve entre autres dans les pesticides, les plastiques, les emballages, les cosmétiques, les jouets ont, comme leur nom l’indique, la capacité de « mimer » les hormones humaines et d’induire des perturbations hormonales.

On sait que les perturbateurs endocriniens, auxquels nous sommes quotidiennement exposés, augmentent ainsi le risque de certains cancers et affections (diabète, infertilité…). Pour mieux comprendre les effets sur la santé, lisez notre entrevue avec l'endocrinologue Rémy Slama.

Pour arriver à ce constat inquiétant, les chercheurs du centre médical Langone, à New York, ont utilisé des modèles pour croiser et compiler diverses études épidémiologiques et toxicologiques. Il s’agit bien sûr d’une estimation, mais elle serait plutôt conservatrice : les données sur certains types de perturbateurs endocriniens n’étaient pas disponibles et seules les affections ayant un lien prouvé avec ces substances ont été prises en compte.

L’étude n’a pas porté sur l’exposition des Canadiens, mais il y a fort à parier qu’elle est comparable à celle de nos voisins…

Les coûts de santé reliés à ces polluants sont bien plus élevés aux États-Unis qu’en Europe (où ils atteignent 217 milliards de dollars, tout de même). En cause? Des différences de règlementation, grâce auxquelles les Européens y seraient un peu moins exposés.

Au final, ce sont les polybromodiphényléthers (PBDE), ou éthers diphényliques polybromés qui semblent les plus délétères pour la santé. Ces produits ignifuges, ou retardateurs de flamme, ne sont pas fabriqués au Canada, « mais ils y sont importés comme mélanges commerciaux et ajoutés dans divers produits intermédiaires et produits finis tels que les boîtiers d'ordinateurs, les appareils ménagers, les meubles, les sièges et les revêtements intérieurs de véhicules automobiles ou d'aéronefs ainsi que divers composants électriques et électroniques », peut-on lire sur le site d’Environnement Canada.

Ces PBDE sont très persistants dans l’environnement, c’est-à-dire qu’ils ne se dégradent pas facilement : on les retrouve dans toute la chaîne alimentaire, y compris dans les excréments de caribous en Arctique…

L’exposition à ces produits, notamment dans l’enfance ou in utero, est associée à une baisse significative du quotient intellectuel.

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