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Science

Le SOS du caribou

Joël Leblanc - 03/04/2013
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Un mal mystérieux décime les caribous du globe. Qu’ils soient russes, scandinaves ou canadiens, leurs effectifs diminuent un peu partout dans l’hémisphère Nord. Voilà qui laisse les biologistes perplexes.

Le Québec n’y échappe pas. Un plan de rétablissement du caribou des bois est sur le point d’être adopté. «On sait déjà qu’il obligera les forestiers à laisser intacts de grands massifs de plusieurs centaines de kilomètres carrés», affirme Daniel Fortin, directeur de la Chaire de recherche industrielle CRSNG – Université Laval en sylviculture et faune. Le caribou des bois, la sous-espèce qui habite notre province, se divise en trois écotypes; c’est-à-dire trois populations adaptées à des milieux différents.

Au sud vit l’écotype montagnard, qu’on trouve seulement sur les versants et les hauts sommets du centre de la Gaspésie. Avec moins de 200 têtes, la harde rétrécit comme peau de chagrin, malgré des plans de sauvetage successifs. Dans le Grand Nord, le caribou toundrique s’est habitué à la rigueur de sa toundra et il est le seul à avoir des mœurs migratoires. Ses deux grands troupeaux, celui de la rivière George et celui de la rivière aux Feuilles, ont perdu jusqu’à 95% de leurs effectifs au cours des 20 dernières années.

Entre les deux, depuis le 49e jusqu’au 53e parallèle, c’est le caribou dit forestier qui habite la forêt boréale. Amateur de lichen et de forêt mature, il a besoin d’un domaine vital de plusieurs centaines de kilomètres carrés. On estime sa population à environ 9 000 têtes, ce qui représente par endroits moins de 3 animaux par 100 km2. Cette faible densité lui vaut le statut officiel d’espèce vulnérable au Canada, et d’espèce menacée au Québec. Légalement, le Canada et les provinces doivent instaurer un plan de rétablissement de l’espèce.

On suggère que son déclin serait principalement dû à la déforestation. Elle lui nuit de plus d’une façon. D’abord, évidemment, en faisant disparaître son habitat. Ensuite, la bête est carrément allergique aux perturbations causées par l’humain; elle fuit comme la peste les zones déboisées, se tenant à au moins 4 km ou 5 km des limites des coupes et des routes. Enfin, en déboisant, on modifie la forêt qui devient alors plus accueillante pour l’orignal. Cet amateur de forêts plus ouvertes n’entre pas en concurrence directe avec le caribou, puisqu’il ne cherche pas la même nourriture. Sauf qu’il arrive suivi de son prédateur, le loup gris. Si les densités élevées de l’orignal (trois têtes par kilomètre carré dans certains coins du Québec) lui permettent de supporter la prédation par le loup, il en va autrement pour le caribou. Par endroits, un caribou de moins peut signifier plus de caribous du tout.
Faut-il préciser que la chasse au caribou dans la forêt boréale est complètement interdite?

Photo: Daniel Fortin

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