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Science

Mouche noire: le monstre boréal

Joël Leblanc - 03/04/2013
Pour les Anichinabés algonquiens, elle s’appelle odji-mackiki; pour les entomologistes, c’est la simulie; pour nous, c’est la mouche noire.

Et pour tout le monde, c’est une calamité. Longue d’à peine 4 mm, elle n’en est pas moins un monstre.

En silence, car l’hypocrite ne bourdonne pas, elle arrive à s’immiscer dans le nez, les oreilles, les yeux; à pénétrer les vêtements. Avec des pièces buccales coupantes comme des rasoirs, elle sait ouvrir la peau et plonger la tête dans la chair de ses proies dont elle avale goulûment le sang bien chaud. Seules les femelles de l’espèce mordent, puisque c’est dans ce sang qu’elles puisent les précieuses protéines nécessaires à leur progéniture.

Déjà, au milieu des années 1600, les jésuites considéraient les mouches noires, ainsi que les moustiques, comme un supplice infernal. Plus on monte au nord, plus elles abondent, comblées par la quantité de lacs et autres milieux humides dont elles ont besoin pour la ponte.

Lorsque André-François Bourbeau, professeur à l’Université du Québec à Chicoutimi, et son camarade Jacques Montminy ont établi le record de la plus longue survie volontaire en forêt, en restant 31 jours parmi les épinettes à 300 km au nord de Saguenay, ils n’ont pas été sans subir les assauts des vampires nordiques. Le récit de leur aventure – Surviethon au gré de la nature (récemment réédité aux Éditions JCL) – donne envie de se gratter. Piqûre après piqûre, les mouches noires les ont tourmentés en nombre si grand qu’elles leur cachaient parfois le soleil, écrit M. Bourbeau.

Et si c’étaient elles, les vrais maîtres du Grand Nord?

Photo: The eye of science/SPL
 

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