Suivez-nous sur Twitter Suivez-nous sur Facebook VQ  velo.qc.ca 
Notes de terrain

Le bâton de vieillesse est un bâton mérité

Par Serge Bouchard - 23/10/2014


Il n’y a pas de honte à chanceler. Les petits enfants et les très vieux se ressemblent: ils agrippent des chaises et des marchettes. Ils sont hésitants sur pattes et cette maladresse apparaît normale à celui qui fait son entrée dans la vie, comme à celui qui trottine dans le couloir de sortie. L’enfant apprend à marcher; le vieux apprend à s’asseoir. Dans les deux cas, cela peut entraîner quelques larmes. Aux deux extrémités du temps de vivre, le besoin de consolation est immense.

Le corps est un compagnon que nous devons apprivoiser; cela prend des années à l’habiter correctement. Il nous sert bien pendant un certain temps, nous lui faisons confiance. Il est fort et fidèle; il avance à grand train; il sait tomber; il sait comment se relever. Il s’étire; il se blesse; il se répare. C’est une machine merveilleuse qui peut accomplir des exploits et battre des records. Mais ce faisant, il consomme du carburant; il s’use; il épuise des réserves qu’il ne peut renouveler. Dans l’histoire universelle de l’individu humain, nul n’a jamais gardé la forme indéfiniment. Le mot «vivant» est synonyme de «vieillissant».

Seuls les vendeurs d’éternité vous diront le contraire. Et les vendeurs de faux visages, de crèmes de jouvence, de recettes antioxydantes font aujourd’hui des affaires d’or. Personne ne veut reconnaître que l’augmentation de l’espérance de vie n’est rien d’autre que l’augmentation du temps passé à vieillir.

Lire la suite dans notre numéro de novembre 2014

Photo : Julie Durocher

Afficher tous les textes de cette section