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Société

À quand un accès libre aux recherches?

Boureima Sanga* - 06/05/2013
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L’accès aux articles publiés dans les revues savantes constitue toujours un problème dans le domaine de la recherche. Les bibliothèques s’abonnent aux revues scientifiques afin de permettre à leurs usagers d’accéder aux publications électroniques. Mais quand l’argent fait défaut, l’accès est compromis.

Une autre option, soutenue par les partisans  de la science ouverte, est le libre accès aux publications scientifiques financé par les fonds publics. « Il faut rendre les publications accessibles aux chercheurs ou aux citoyens et l’internet le permet », soutient Florence Piron, professeur au Département d’information et communication à l’université de Laval, présidente  de l’association science et bien commun.

Comment ? Chaque université crée un dépôt institutionnel, et tous les chercheurs qui publient dans une revue scientifique font en même temps un dépôt de leur article auprès de leur université en accès libre.

L’université de Liège en Belgique en est un exemple avec son dépôt ORBI. « Le recteur de cette université n’évalue pas les travaux des chercheurs qui ne sont pas dans ORBI, donc tout le monde s’y plie », précise Florence Piron. Selon elle, le Canada est à la traîne et il faudrait plus de volonté politique pour développer les dépôts institutionnels dans les universités. « Les chercheurs pensent qu’il y a un lien entre la qualité de l’évaluation et le support de publication. C’est un mythe. Il n’ y en a pas ».

"Les chercheurs sont des imbéciles"

Depuis 25, Stevan Harnad milite pour un accès libre et gratuit aux publications scientifiques. Malheureusement, ce professeur au Département de psychologie de l’UQAM et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en sciences cognitives n’a pas encore réussi à convaincre ni tous ses collègues ni les pouvoirs politiques.  « Les chercheurs canadiens sont des imbéciles, nous sommes tous imbéciles », a-t-il grondé lors de sa présentation au congrès de l’ACFAS.

« J’ai utilisé des mots agressifs mais les chercheurs canadiens sont lents et trainent pour déposer leurs écrits en libre d’accès au moment où ils sont acceptés pour publication ». Seuls 20% des chercheurs, surtout les physiciens, les mathématiciens et les informaticiens, se prêtent au jeu. « Il faut convaincre les chercheurs des autres disciplines qu’ils ont intérêt à le faire. Il n’est pas trop tard pour que le Canada inverse la tendance », a-t-il estimé.

La manière la plus simple de développer l’accès libre serait que les chercheurs auto-archivent leurs propres articles dans leurs archives institutionnelles lorsqu’ils sont acceptés à la publication.

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