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«Quand je serai plus là, qui va s’occuper de mes poissons?»

par Par Pascale Millot - 22/09/2011

-Jamilie a eu une de ces grossesses dont rêvent toutes les femmes enceintes. Rayonnante, entourée de son amoureux, Charles, et de sa famille, elle s’est soumise de bonne grâce aux échographies et autres contrôles de routine qui, tous, auguraient du meilleur avenir pour ce premier enfant à naître, Simon. Simon serait magnifique. Simon serait couvert de baisers, d’attention et de soins. Simon ferait
un jour les 400 coups avec ses copains. Simon grandirait et deviendrait quelqu’un de bien.

Sauf que… six semaines après sa naissance, à l’hôpital de Cowansville, en Estrie, le nourrisson
n’a toujours pas pris un gramme. Au Centre hospitalier universitaire (CHU) Sainte-Justine, à Montréal, où la famille se rend pour des examens, on décèle une «anomalie de la giration»: le lobe frontal du nouveau-né est lisse, sans replis. Les médecins ne sont pas rassurants: le cerveau de Simon risque de ne jamais se développer.

Après quelques jours, le couple rentre à la maison, à Granby, et la vie s’organise autour des besoins du bébé. Les tétées sont difficiles. Simon dort presque tout le temps. «Je me souviens qu’à cinq mois, il a crispé la bouche. J’ai cru qu’il allait sourire pour la première fois, poursuit Jamilie, mais il s’est mis à grimacer, puis à baver; il a renversé la tête et il a commencé à faire des convulsions. Comme il ne se calmait pas, nous sommes partis à Sainte-Justine.» Où les médecins ont procédé à d’autres investigations.

Puis le temps s’est arrêté.

Dans une petite salle, la jeune neurologue Amélie Nadeau s’est assise en face du couple et a prononcé ces mots qu’aucune mère, qu’aucun père ne devraient jamais avoir à entendre: «Simon ne parlera pas. Il ne marchera pas. Il ne pourra jamais s’asseoir.» Elle a regardé Jamilie dans les yeux: «Il ne vivra pas vieux.»
Dans le jargon qui fait peur, Simon souffrait d’une «encéphalopathie sévère avec microcéphalie». Il avait du liquide dans les poumons, et son lobe frontal, qui gère la parole et la déglutition, ne montrait aucune évolution. «Plus son corps va grandir, poursuit la docteure Nadeau, plus cela va être difficile. On ne peut prédire jusqu’à quel âge il va vivre. Cela peut aller de quelques mois à quelques années.»

Et la nuit a passé. La plus longue de leur vie.

Le lendemain, sur les conseils des médecins, le couple rencontre l’équipe de soins palliatifs pédiatriques de l’hôpital: les infirmières Antoinette Petti et Lysanne Daoust, ainsi que le docteur en psychologie médicale, Nago Humbert. «À l’heure actuelle, leur dit ce dernier sans détour, la médecine peut tout faire. La question est de savoir jusqu’où vous voulez aller. Et pour qui? Pour votre fils? Pour vous? Pour nous, les médecins?» Il leur explique ensuite que leur bout de chou pourrait être victime d’une crise d’épilepsie à tout moment, avec de sérieuses complications. Et qu’ils ont des décisions importantes à prendre concernant «la détermination du niveau de soins». Ces directives dicteront la marche à suivre en cas de dégradation subite de l’état de santé du nourrisson.

À l’issue de la rencontre, Charles et Jamilie ont décidé: on prodiguera tous les soins possibles pour améliorer le confort de la chair de leur chair, mais rien de douloureux. En d’autres termes, pas d’acharnement thérapeutique ou, comme on dit aujourd’hui en France, pas «d’obstination déraisonnable». Laisser la vie s’en aller si elle semble vouloir s’en aller.
Glissées dans le sac à couches de Simon, deux feuilles de papier marquées d’un cœur au crayon résument cette décision lucide et chargée de tout l’amour du monde: dégager les voies aériennes; soulager la douleur à l’aide d’analgésiques et d’anxiolytiques; traiter les infections avec des antibiotiques, etc. Pas de réanimation cardiorespiratoire en cas de détérioration de l’état de santé; pas de gavage en cas de dysfonctionnement de la déglutition; pas de transfert aux soins intensifs; pas d’intubation ni de ventilation invasives.

On se dit que cela doit être la pire des spécialités; alors que la médecine dite «curative» cherche à sauver des vies à tout prix, la médecine palliative aide à mourir. À «mieux» mourir. «C’est pas drôle, ton travail: tu guéris jamais personne», a déjà dit un enfant au «docteur Nago».
C’est vrai. Pourtant, cette pratique complexe, nourrie de science, certes, mais aussi empreinte de ces vertus discrètes que sont l’humilité, le sens des responsabilités et l’empathie, revêt une importance capitale. Ce n’est pas un hasard si plusieurs médecins rencontrés pour ce reportage ont aussi une formation en philosophie, en théologie ou en éthique religieuse, quand ils n’ont pas été eux-mêmes confrontés à des épreuves personnelles qui ont changé leur regard sur la vie.
«L’objectif de la médecine palliative, précise Michel Duval, hémato-oncologue au CHU Sainte-Justine, est de diminuer la souffrance des enfants, de préserver leur dignité et de leur permettre une relation chaleureuse avec leurs proches, jusqu’au terme de leur vie.» Ajoutons qu’elle adoucit le deuil des parents, grands-parents, frères, sœurs et amis, et de tous ceux qui devront apprendre à vivre quand «le petit» sera parti.

Selon le Réseau canadien de soins palliatifs pour les enfants, environ 50 000 mineurs sont atteints chaque année d’une maladie «à potentiel mortel». Six mille y succombent (dont 1 000 au Québec); à l’hôpital, pour la plupart. Mais l’impact psychologique, médical, social et financier de ces décès dépasse largement ce chiffre glacial. Car pour un enfant qui part, c’est tout un village qui pleure. Un monde qui s’écroule.

Bien des couples n’y résistent pas. Et comme l’a démontré, en 2003, une étude danoise publiée dans la revue britannique The Lancet, les parents endeuillés courent beaucoup plus de risques de mourir prématurément. Plus de pères se suicident ou sont victimes d’accidents, tandis que les mères présentent une incidence de cancer plus élevée que la moyenne. Grands-parents, frères et sœurs, amis et amoureux sont, eux aussi, souvent profondément et longuement affectés. Tout comme l’est le personnel soignant. «Les pédiatres choisissent en général leur spécialité pour deux raisons. Parce qu’ils y maternent beaucoup, et parce qu’ils sont peu confrontés à la mort de leurs patients», explique Claude Cyr, pédiatre intensiviste au CHU de Sherbrooke.

Avec la docteure Jessica Plante, il a mené une étude auprès de 101 professionnels de la santé (médecins, infirmières, inhalothérapeutes, ergothérapeutes et préposés) pour tenter de comprendre ce qu’ils ressentent lors du décès d’un enfant dont ils avaient la charge. Les résultats, publiés dans Pediatrics and Child’s Health en avril dernier, révèlent une grande détresse chez les soignants. «Ils décrivent des symptômes dont l’intensité peut s’apparenter à celle exprimée par les parents», souligne le docteur Cyr, dans son bureau tapissé de dessins d’enfants. Pour des médecins formés pour guérir coûte que coûte, la mort d’un patient – a fortiori celle d’un enfant – est vécue comme un terrible échec. «Ils pleurent, font de l’insomnie, se posent de graves questions existentielles et éprouvent des difficultés à se concentrer.» La perte de petits patients peut même mener à ce qu’il est convenu d’appeler «une fatigue de compassion», un burn-out causé par une empathie exacerbée. Plusieurs vont jusqu’à abandonner la pédiatrie. «L’émotion est là, elle nous mine, et elle dure. Ce sont des deuils successifs, intimes, particuliers, surprenants», confie le pédopsychiatre Pierre Canouï, membre de l’Équipe mobile d’accompagnement et de soins palliatifs, à l’Hôpital Necker Enfants malades, à Paris.
Son institution fait partie du Réseau francophone de soins palliatifs pédiatriques (RFSPP), qui regroupe une poignée de spécialistes très engagés. Grâce à un site Internet, à des conférences, à des publications et à diverses activités, de Montréal à Paris, en passant par Poitiers, Toulouse, Lausanne et Genève, ils partagent leur savoir auprès des familles, mais aussi des médecins, dont la formation dans ce domaine est la plupart du temps déficiente. Au Québec, la seule formation obligatoire dans le cursus des médecins est un stage de huit semaines en «soins aux personnes âgées et fin de vie», auquel s’ajoute un stage optionnel en soins palliatifs. Quelques universités offrent ensuite une spécialisation (optionnelle elle aussi) d’un an en soins palliatifs.

C’est bien peu pour embrasser la complexité des situations qui peuvent se présenter. «Comment s’occupe-t-on d’un nouveau-né dont on croyait qu’il allait mourir en salle de naissance? Comment compose-t-on avec l’épuisement des parents? Avec ceux qui refusent des traitements à cause de leur religion? Avec des bébés qui naissent affligés de maladies létales et qui vont vivre avec de multiples handicaps pendant de longues années? Avec la culpabilité d’un adolescent qui a donné sa moelle osseuse à son frère qui a succombé malgré tout?» illustre Marcel-Louis Viallard, lui aussi de l’Hôpital Necker.
Pour les parents, recevoir un diagnostic de maladie «à issue fatale» constitue un choc inimaginable. Ce jour-là, la terre tremble, la vie bascule. «Sur le coup, les médecins des soins palliatifs sont perçus comme des messagers de la mort», analyse Hubert Doucet, président du comité de bioéthique du CHU Sainte-Justine, et professeur aux facultés de théologie et de médecine de l’Université de Montréal.

Nago Humbert en sait quelque chose, lui qui a été à maintes reprises le porteur de la mauvaise nouvelle. Chaque fois, ce solide gaillard à la crinière de vieux lion et aux yeux bleu acier est touché en plein cœur par la détresse des parents. «Quand on arrive, dit-il, ils veulent nous foutre dehors. Certains nous engueulent; d’autres crient, pleurent ou sont totalement prostrés. Un papa m’a déjà dit: on vous a donné un enfant, vous nous rendez un cadavre vivant.»

Il est vrai que, pour bien des gens, l’expression «soins palliatifs» renvoie à des images de vieillards émaciés attendant leur heure dans des chambres aux allures de mouroirs. Cette «discipline médicale» a effectivement fait son apparition dans les services d’adultes, au cours des années 1970, et plus précisément au sein des départements d’oncologie, avant de bénéficier aussi aux victimes du sida, d’affections pulmonaires graves, de cardiopathies sévères et d’autres maladies neurologiques débilitantes. C’est à l’hôpital Royal Victoria, à Montréal, qu’a été fondé le premier service de soins palliatifs universitaire en Amérique du Nord, en 1974, tandis que l’Hôpital Notre-Dame a ouvert la première unité de soins palliatifs francophones au monde, en 1979.

Il aura cependant fallu attendre plusieurs années avant que cette expertise profite aussi aux enfants. En 2006, le Québec a été le premier à adopter des normes balisant cette pratique délicate, qui diffère substantiellement de celle des soins palliatifs pour adultes.

«Les enfants ne sont pas des adultes en miniature», prônent les pédiatres qui s’intéressent à cette «autre médecine». Ces petits patients sont en plein développement: ils n’ont pas la même conscience de la mort (voir l’encadré ci-contre); ils ne réagissent pas de la même façon aux traitements. Ils ont par ailleurs des besoins (la présence de leurs parents, en particulier) et des droits différents; celui à l’éducation, par exemple.

Enfin, si, chez les adultes, il s’écoule en moyenne une quinzaine de jours entre le début de la «phase palliative» et le décès, cette phase peut commencer dès la naissance chez les enfants (et même avant, quand un diagnostic prénatal a révélé une anomalie létale). Elle peut ainsi s’étendre sur plusieurs semaines, plusieurs mois, voire plusieurs années, dans le cas de maladies neuromusculaires comme les dystrophies, par exemple.

Et pendant tout ce temps, la vie s’accroche.

Pour plusieurs enfants, l’hôpital devient une deuxième maison; et les soignants, leur deuxième famille. Pour d’autres, le quotidien change peu. «Bien des enfants vont à l’école jusqu’à une semaine avant leur décès», rappelle Anne Auvrignon, pédiatre oncologue à l’Hôpital Armand-Trousseau, à Paris.

Certains profitent de ces derniers moments pour réaliser un grand rêve. Kelly-Anne, d’Amos, en Abitibi, décédée en juillet 2009, s’est rendue à Disney World. Une adolescente gravement handicapée, soignée à Sherbrooke, a appris à jongler malgré une paralysie partielle qui rendait ses muscles mous comme de la guimauve. Cette autre fillette a tenu à choisir elle-même sa robe «de mort» et à faire un gâteau parce que, disait-elle: «Moi, si “j’aurais” été grande, j’aurais été pâtissière.» Il y aussi les ados, que la maladie frappe sur le seuil des premières grandes expériences. Celui-là, qui n’avait jamais fumé de «pot», et dont le père a accepté, contre tous ses principes, d’aller «rouler un joint» avec lui au bout d’un champ. Cet autre jeune homme qui ne voulait pas «mourir puceau» et qui a pu se rendre dans un bar de danseuses. Et puis, il y a eu Laurent, 17 ans, dont l’histoire a inspiré la chanson des Cowboys Fringants, La tête haute. Avant que la maladie finisse par gruger ses dernières forces vitales, Laurent a fait de la planche à neige et de la plongée sous-marine à Hawaii. Il est entré à l’hôpital la veille de sa mort, après une séance de cinéma, si mal en point que les médecins ne comprenaient pas comment il pouvait encore tenir debout. C’est tout cela que s’attachent à rendre possible les équipes de soins palliatifs.

«Il n’y a pas d’urgence à ce qu’un malade décède, même si on sait qu’il va mourir», résume, dans une formule aux allures de paradoxe, le chef du service de réanimation pédiatrique et néonatale de l’Hôpital Necker, Philippe Hubert. Ainsi, contrairement à certaines idées reçues, les soins palliatifs ne sont pas là pour abréger la vie. Les études démontrent plutôt qu’ils la prolongent.

L’urgence de mourir est d’autant moins pressante que la médecine, si elle ne peut sauver tout le monde, peut aujourd’hui soulager la plupart des douleurs.

Il faut se rappeler qu’il n’y a pas si longtemps, on pensait que les enfants ne souffraient pas (ou si peu). En 1988 (il y a à peine 25 ans!), une étude publiée dans The Lancet avait fait grand bruit en révélant que seulement 30% des enfants hospitalisés en néonatalogie bénéficiaient d’une anesthésie complète pour des opérations chirurgicales majeures. On prétendait alors que leur système neurophysiologique n’était pas achevé et qu’ils ne se souviendraient pas d’avoir eu mal. On sait maintenant que les structures cérébrales qui permettent de percevoir la douleur sont en place avant la fin du sixième mois de grossesse.

Aujourd’hui, pas moins de 6 000 articles scientifiques sur la douleur sont publiés annuellement et la pharmacologie s’est beaucoup raffinée. Analgésiques opiacés ou non, benzodiazépines, anti-spasmodiques, neuroleptiques, etc., il existe des molécules aptes à calmer la plupart des bobos, des plus petits aux plus gros. De nouveaux outils, notamment les pompes d’auto-administration de la morphine, et la mise au point d’«échelles de la douleur» adaptées à l’âge et au développement du patient ont également permis des avancées majeures dans ce domaine. «Les médecins de soins palliatifs ont bien réalisé qu’il s’agissait du symptôme le plus accablant et qu’il fallait s’y attaquer de front. Aujourd’hui, ils ont développé des protocoles d’une grande efficacité qui devraient servir de modèle à tous les champs de la médecine», estime la docteure Sylvie Lafrenaye, pédiatre-intensiviste au CHU de Sherbrooke.

L’évaluation de la douleur demeure cependant très complexe, surtout chez les tout-petits qui ne peuvent s’exprimer clairement. Il faut alors se fier à des signes physiques: gémissements, râles, grimaces, perte d’appétit, tristesse, etc. Quant aux ados, on doit composer avec leur tendance au déni. Pour épargner leurs parents, se masquer la gravité de leur état ou échapper à des procédures médicales, ils minimisent souvent leur souffrance. L’«habituation» à la douleur, la fatigue, le stress – voire, en fin de vie, la présence d’états de conscience altérés – peuvent aussi influer sur la perception et l’expression de la douleur.

Les enfants gravement malades se présentent souvent affligés d’une panoplie d’autres symptômes: de l’asthénie à la dyspnée (difficultés respiratoires), en passant par la dénutrition et l’anorexie, les nausées, les vomissements, etc. Et puis, il y a les effets secondaires des médicaments qui transforment les petits corps en vastes champs de bataille. «Ma fille, Kelly-Anne, était si énorme qu’elle ne rentrait plus dans aucune poussette», se souvient Karine Brisebois, d’Amos, en Abitibi. La fillette, emportée par un gliome du tronc cérébral (une tumeur au cerveau) à l’âge de cinq ans, prenait du Décadron. Ce médicament à base de cortisone abondamment prescrit pour réduire l’inflammation et l’irritation, engendre gonflements et prise de poids.

La vincristine, quant à elle, largement administrée dans les cocktails de chimio­thérapie, s’accompagne d’une série d’effets indésirables dont la seule énumération fait frémir: perte des cheveux; vision trouble; constipation; ptosis (abaissement permanent des paupières); engourdissement ou picotements dans les doigts et les orteils; enflure des pieds ou des jambes, etc. «Combien de fois un parent m’a montré des photos d’un beau petit garçon ou d’une jolie fillette, alors que j’avais sous les yeux un être complètement transformé», raconte Nago Humbert. «Je ne reconnais plus mon enfant», est une phrase que l’on entend souvent dans les hôpitaux pédiatriques.

Plus difficile, peut-être, à soulager, est la souffrance psychique qui n’épargne pas les jeunes. Comment parler à un enfant de sa mort imminente? Comment accompagner un ado en proie à la panique, à la colère, à l’apathie ou au déni? «Un jeune enfant qui n’a pas mal se remet vite à jouer, explique l’infirmière Lysanne Daoust. Il vit au jour le jour. C’est beaucoup plus difficile pour les adolescents.» Et pour cause, leur corps est un temple qui vient de subir une attaque à la bombe. «Regardez les émissions de télé, les films, les magazines pour ados; vous y verrez des corps déifiés, magnifiés. Il n’y en a que pour la performance, les sports extrêmes, la beauté! Et là, ils sont maganés, ils perdent leurs cheveux. La chimio, les chirurgies, les médicaments les détrui­sent!» poursuit Nago Humbert.

Les médicaments sont un outil parmi d’autres dans la bataille contre l’inéluc­table. «On associe souvent soins palliatifs à passivité, mais c’est tout le contraire. Il ne s’agit pas d’une médecine terminale», explique le neuropédiatre Alain de Broca, du CHU d’Amiens, dans le nord de la France, qui propose même de rebaptiser cette discipline: soins «palli-actifs». «Nous ne sommes pas des “mourologues”», résume le docteur Marcel-Louis Viallard.

Aucune trace de «mourologie» à l’organisme Le Phare, à Montréal.

Quand on entre dans cette maison lumineuse et hypermoderne du quartier Rosemont, dédiée au répit, à l’ac­com­­pagnement des familles et aux soins de fin de vie, ce n’est pas la mort qui vous accueille avec sa grande faux. C’est la vie. La vie qui vous rentre dedans quand le bel Anton aux doigts de pianiste, cloué dans son fauteuil roulant, écarquille les yeux devant les jeux de lumière de la salle multisensorielle. La vie encore, quand Kevin, le visage déformé, incapable de parler, de marcher, de se nourrir sans aide, se colle tendrement contre Eywok, le petit chien de la zoothérapeuthe Gaëlle Cantin.

Ici, pas d’examens, pas de scanner, pas de chimio. «On ne vous dira même pas de quoi souffrent les enfants qui sont chez nous, explique la directrice Lyse Lussier. Ils sont malades, cela se voit, mais nous nous occupons d’eux, pas de leur maladie», dit-elle, tandis que, dans la grande piscine, Joannie éclabousse en riant l’éducateur spécialisé Gaëtan Desombre. Flottant dans les bras de son accompagnateur, la fillette d’à peu près six ans, lourdement handicapée, s’ouvre comme une fleur.

Un jour, pourtant, les soins, les médicaments, l’attention et l’espoir ne suffisent plus. Un jour, «les soldats n’arrivent plus à avaler les méchants», pour reprendre les mots d’une petite fille sans cheveux rencontrée dans le service d’hémato-oncologie du CHU Sainte-Justine.

Ce jour, personne n’est en mesure de prédire quand il va arriver. «Mon expérience me porte à penser que les enfants s’en vont quand leurs parents leur en donnent l’autorisation», avance Nago Humbert. Car pendant des semaines, des mois, des années, pères et mères sont pris dans un dilemme impossible, oscillant entre deux réalités aussi insoutenables l’une que l’autre: «Vouloir garder son enfant ou le laisser partir pour mettre fin à ses souffrances.»

Les soldats de Simon ont mis plusieurs mois avant de rendre les armes face aux méchants qui avaient envahi son cerveau. Après avoir subi une petite opération pour une hernie inguinale, il a pris du mieux. «Il babillait, mangeait, buvait, et semblait joyeux. On s’habituait à la routine: les médicaments; une aide du CLSC qui venait à la maison huit heures par semaine; l’infirmier, une fois par semaine; l’inhalothérapeute, au besoin; la machine qu’on nous avait prêtée pour aspirer les sécrétions; le physiothérapeute et l’ergothérapeute, etc.», raconte sa mère. Une garderie avait même fini par accepter de le recevoir deux jours par semaine.

Mais il a fait une pneumonie et a été de nouveau hospitalisé.

«On nous a offert le palace», se souvient Jamilie.

Le palace, c’est la chambre 6516, au sixième étage, Bloc 5, du CHU Sainte-Justine. Une chambre assez grande pour accueillir plusieurs personnes et aménagée pour qu’on s’y sente bien: un divan, un lit double, un écran plat, de jolis meubles, une salle de bain pratique. «La pneumonie a vite pris le dessus et l’état de Simon s’est détérioré, se souvient sa mère; la résidente ne savait plus quoi faire.» On a alors augmenté la dose de morphine et on lui a administré des benzodiazépines contre les convulsions. Puis Nago Humbert s’est adressé à la mère de Jamilie. «Vous savez, la mort peut se faire attendre longtemps. Il est important de vous reposer pour préserver vos énergies.»

Pendant la nuit, Jamilie et Charles ont déplacé le divan-lit près de la machine à oxygène et ont mis leur bébé entre eux. «On a dormi tous les trois. Simon semblait serein; il avait les mains ouvertes, et pas de plis sur le front.»

Le lendemain matin, Jamilie a habillé son fils d’un costume aux couleurs de l’écurie Ferrari (le couple est un fan de course automobile) et lui a murmuré à l’oreille: «T’as un kit de Ferrari, c’est toi qui conduis; nous, on est tes copilotes!» Quand Simon a commencé à prendre des pauses respiratoires, comme cela se produit chez les agonisants, on lui a ôté son masque à oxygène et l’infirmière a glissé dans le lecteur de CD le disque de berceuses que Jamilie chantait à Simon: «Il était un petit navire qui n’avait ja-ja-jamais navigué, qui n’avait ja-ja-jamais navigué. Ohé, ohé…»

Le 5 février 2010, dans la chambre 6516 du CHU Sainte-Justine, Simon Dubé, huit mois, s’est éteint sans souffrir dans les bras de son père, Charles, qui lui sera éternellement reconnaissant de l’avoir choisi pour s’en aller.

Simon est parti vite. Trop vite. Et il n’est pas le seul. Car si la mort des enfants est un tabou tenace, une réalité que l’on voudrait oublier, il arrive qu’elle survienne, au hasard, nous rappelant notre insupportable condition. «La médecine moderne, avec son fantasme d’immortalité, est le symbole de la vanité humaine, estime le pédopsychiatre Pierre Canouï. Les soins palliatifs nous forcent à replacer la souffrance et la mort au centre de la pratique médicale. C’est, à mon sens, la seule manière d’accepter notre finitude et nos limites.»

Et par là même, d’offrir à tous, enfants et adultes, nouveaux-nés et vieillards, malades et mourants, une médecine tout simplement humaine.

Mourir, c’est «vraiment plate»!
On ne perçoit pas la mort de la même façon à 2, 6 ou 12 ans.  

Pédiatre-intensiviste au CHU de Sherbrooke, le docteur Claude Cyr a appris à parler de choses très sérieuses avec ses petits patients. «Ce sont souvent les adultes qui ont peur d’évoquer la mort avec les enfants. Mais ce n’est pas très compliqué, dit-il. Il s’agit surtout de les écouter.»

Dans son essai The Private Worlds of Dying Children (Princeton University Press), l’anthropologue Myra Bluebond-Langner montre effectivement que la plupart des enfants en fin de vie veulent parler de ce grand passage vers l’inconnu et que, en général, ils savent très bien ce qui va leur arriver.

Pour accompagner ces petits êtres souffrants, il faut cependant se rappeler que leur perception varie selon leur âge et leur stade de développement, mais aussi qu’un enfant malade a, souvent, une connaissance plus précoce de la mort qu’un autre du même âge en pleine santé.

C’est seulement vers l’âge de 10 ans que le petit d’hom­me acquiert ce que les adultes appellent une vision «mature» de la mort. C’est à ce moment-là que l’enfant comprend que mourir, c’est «vraiment, vraiment plate». En d’autres ter­mes, que personne n’en revient (irréversibilité), qu’on ne respire plus, qu’on ne ressent plus rien (cessation des fonctions vitales) et qu’elle n’épargnera ni notre hamster, ni nos parents (universalité).

Mais avant d’en arriver là, il y a tout un cheminement de l’esprit.

Le tout-petit (avant trois ans) réagit surtout – et avec intensité – aux privations de base (nourriture et confort) et à la séparation d’avec ses parents.

De trois à six ans, le sentiment le plus fort face à la maladie grave est l’angoisse d’être séparé de ses parents. La mort est vue comme un long «dodo» ou un autre pays: on vit encore, mais ailleurs et autrement. «Beaucoup d’enfants me demandent s’il y a de la lumière dans le cercueil», raconte le docteur Cyr.

Entre 6 et 10 ans, l’enfant se rend à l’évidence: la mort est irréversible. Sauf qu’il la perçoit comme quelque chose d’extérieur à lui, qu’il a donc le pouvoir d’éviter ou d’épargner à ses proches. La culpabilité peut être très présente, comme si la maladie lui avait été envoyée pour le punir d’une faute commise.

Les adolescents sont sans doute les plus difficiles à rassurer, et ressentent tour à tour de la honte, de la colère, de l’injustice et de la culpabilité. Ils expriment des craintes qui ressemblent à certains égards à celles des adultes: «Ils ont peur pour ceux qu’ils laissent et ils ont peur d’être oubliés. Ils se posent beaucoup de questions existentielles; ils veulent savoir qui sera à leur enterrement.» Ils sont aussi très sensibles aux rituels et choisissent à qui ils vont léguer leur iPod, leurs bijoux, leurs photos ou leurs vêtements.

Comme une manière de s’assurer qu’ils ne disparaîtront pas complètement…



S’endormir pour toujours
Sédation terminale, arrêt de traitement, euthanasie, ces concepts renvoient à des enjeux complexes...

Même si tout est mis en œuvre pour diminuer la souffrance, réduire l’inconfort et l’anxiété des petits patients, fin de vie rime parfois avec insupportable. On sait notamment que les douleurs dites neuropathiques (dont la source se situe dans le système nerveux (nerfs, moelle épinière et cerveau) sont parfois impossibles à soulager. D’autres symptômes, comme les difficultés respiratoires causées par des métastases aux poumons ou les vomissements chez les petits souffrant d’occlusion intestinale, peuvent aussi s’avérer proprement intolérables.

Dans ces cas extrêmes, les médecins disposent d’un outil délicat, la sédation terminale ou «sédation pour détresse». Contrairement à certaines idées reçues, son but n’est pas d’endormir le patient pour qu’il ne se réveille plus. «Ce n’est pas de l’euthanasie», insiste le pédopsychiatre Pierre Canouï, de l’Hôpital Necker, à Paris. Cette procédure rare doit être envisagée uniquement «quand le décès est imminent et inévitable dans l’évolution naturelle de la maladie» et son objectif est toujours d’abréger les souffrances du patient, pas sa vie, rappelle un groupe d’experts français dans un article publié en avril 2010, dans la revue Médecine palliative.

Dans les faits, une infirmière injecte de la morphine associée, en général, à des benzodiazépines, ce qui provoque une perte de conscience. Dans certains cas, il peut effectivement arriver que, par un «effet involontaire», ces médicaments provoquent la mort, par arrêt cardiaque. En général, ce n’est pourtant pas ce qui se produit. En fait, les opiacés (morphine et ses dérivés) ont plutôt pour effet de prolonger la vie au lieu de l’abréger. «Quand les médicaments sont bien administrés, les enfants se calment, respirent mieux», explique le docteur Claude Cyr, du CHU de Sherbrooke.

La majorité des enfants en soins palliatifs meurent en fait par «arrêt de traitement». Il s’agit de mettre fin à tous les types d’assistance (respiratoire, hydratation, gavage entéral) qui maintenaient le patient en vie. Si, en France, c’est le médecin qui a le pouvoir de décider de mettre fin aux traitements, au Québec, ce sont les parents, dans le cas des mineurs.

Ces situations extrêmes sont au cœur d’enjeux éthiques et humains délicats qui exigent des balises claires, mais aussi beaucoup de lucidité et de courage, comme l’ont rappelé les récentes audiences de la commission parlementaire Mourir dans la dignité. Un droit qui s’applique autant aux adultes qu’aux enfants.



Ce reportage a été rendu possible grâce à une bourse en journalisme des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC).
Nous tenons à remercier les médecins et tout le personnel soignant, en particulier l’équipe du CHU Sainte-Justine, à Mont­réal, et de l’Hôpital Necker, à Paris, qui n’ont pas compté leur temps ni été avares de leur expertise. Nous tenons aussi à souligner le courage des familles qui vivent avec ces situations doulou­reuses. Enfin, il faut rendre hommage à tous ces enfants partis trop tôt qui laissent dans leur sillage un formi­dable encoura­gement à vivre.


+Pour en savoir plus
Le RFSPP regroupe des institutions francophones du Canada, de France et de Suisse qui, notamment grâce à un site Internet, partagent leur savoir auprès des familles, mais aussi des médecins impliqués dans les soins palliatifs pédiatriques. www.pediatriepalliative.org
• Les soins palliatifs pédiatriques, sous la direction de Nago Humbert, Éditions du CHU Sainte-Justine.
• Falikou, de Catherine Loëdec, illustrations de Jörg, Éditions Le Buveur d’encre, Album à partir de cinq ans.


(Illustration: Isabelle Arsenault)




C O M M E N T A I R E S


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Par Marine Corniou
Une prière pour la science
25/03/2014 - La montée en puissance du créationnisme en Amérique du Nord a creusé un fossé entre scientifiques et religieux. Est-il possible de rebâtir les ponts? C’est même un devoir, affirment des chercheurs états-uniens.
Propos recueillis par Pascale Millot
Méfiez-vous des neuromythes!
25/03/2014 - «Appliquer en éducation les découvertes des neurosciences est un leurre», affirme le professeur en sciences de l’éducation Normand Baillargeon. Entrevue.
Par Joël Leblanc
«C’est l’agriculture qu’il faut restaurer!»
17/02/2014 - Il y a déjà 10 ans, le biologiste Richard Carignan, de l’Université sonnait l’alarme dans Québec Science sur l’état de dégradation déjà très avancé du lac Saint-Pierre.
Par Joël Leblanc
Requiem pour la gibelotte?
17/02/2014 - La perchaude, poisson fétiche du lac Saint-Pierre, est de plus en plus rare. Subira-t-elle le même sort que la morue?
Par Pedro Lima
Lascaux à Montréal
17/02/2014 - Les célèbres fresques de Lascaux, fantastique trésor de l’humanité, seront bientôt présentées au Centre des sciences de Montréal. Québec Science vous révèle, en avant-première, les préparatifs de cette exposition sans précédent.
Par Marine Corniou
Fab labs: Démocratiser l’innovation
17/02/2014 - Créer un objet au lieu de l’acheter, c’est désormais possible grâce aux fab labs. Ces ateliers, ouverts à tous et dotés d’équipements de pointe, fleurissent partout dans le monde. Un pied de nez à la grande industrie?
Propos recueillis par Dominique Forget
Bris de confiance
17/02/2014 - Les conservateurs ne cessent de sabrer dans les budgets d’institutions scientifiques fédérales selon le journaliste Chris Turner, de Calgary. Pour lui, c’est une véritable guerre que Stephen Harper mène contre les scientifiques. Entrevue.
Par Marine Corniou
Le futur fait bonne impression
17/02/2014 - L’engouement est général. Avec l’arri­vée massive des imprimantes 3D, certains voient déjà se fermer les usines du monde entier. Le début d’une nouvelle révolution industrielle?
Par Marine Corniou
Et si on triait par couleur?
19/12/2013 - Champagne, vin, apéro, digestif… Les fêtes riment avec des repas bien arrosés. Mais que deviennent les bouteilles vides mises au recyclage?
Par Catherine Girard
Parlez-vous oiseau?
17/12/2013 - La nouvelle production du Musée de la nature et des sciences de Sherbrooke révèle toute la complexité du langage des animaux.

Votez pour votre découverte de l'année préférée!
17/12/2013 - Quelle est, selon vous, LA découverte de l'année 2013? Votez et donnez votre avis.
Par Joël Leblanc
Super-batteries!
17/12/2013 - Comment augmenter l’autonomie des batteries rechargeables? Nul besoin de haute technologie, il suffit de concasser du silicium.
Par Dominique Forget
L’économie n’est pas une science
17/12/2013 - Entrevue avec Éric Pineault, professeur au département de sociologie de l’Univer­sité du Québec à Montréal, selon qui les professeurs de sciences économiques ne se remettent pas en question...
Par Dominique Forget
La bataille des planètes
17/12/2013 - Deux équipes d’astronomes, une franco-québécoise et une états-unienne, rivalisent pour la découverte de la première planète flottante de l’Univers.
Par Dominique Forget
C’est pas des cadeaux!
29/11/2013 - L’économiste Joel Waldfogel mène une croisade contre les cadeaux, car contrairement à ce que vous croyez, ce n’est pas l’intention qui compte.
Par Joël Leblanc
Les 500 jours de Curiosity
27/11/2013 - Le 19 décembre 2013, l’astromobile-laboratoire Curiosity aura déjà roulé 500 jours sur Mars sans cesser de transmettre quantité de données aux scientifiques. Quel bilan en tirer?
Par Marine Corniou
Père Noël: faut-il mentir aux enfants?
27/11/2013 - Le père Noël, le pôle Nord, les jouets, le petit renne au nez rouge... Tout cela fait naître des étoiles dans les yeux des enfants. À quoi sert cette symbolique? Le point dans notre numéro Spécial temps des fêtes.
Propos recueillis par Elias Levy
Le vrai pouvoir du pétrole
27/11/2013 - Les énergies post-pétrole pourront-elles donner naissance à des régimes réellement démocratiques? C'est la question que pose Timothy Mitchell, titulaire de la Chaire d’études du Moyen-Orient à la Columbia University, de New York, et auteur de Carbon Democracy.
Par Marine Corniou
Dinde dodue (mais dopée?)
27/11/2013 - Sortie toute dorée du four, la grosse volaille est bien appétissante. Mais... elle est peut-être farcie d’antibiotiques!
Par Boureima Sanga
Un pari Dakar-Djibouti
27/11/2013 - On l’appelle la Grande muraille verte. Elle va traverser l’Afrique de part en part, tout en faisant barrière à la désertification. Un projet écologique gigantesque qui mobilise 11 pays, des centaines de chercheurs et des milliers de paysans. Au Tchad, on est déjà à l’œuvre pour l’ériger.
Par Hélène Matteau
Gluten: Du pain sur la planche
27/11/2013 - C’est lui qui donne l’élasticité à la pâte à pain, le moelleux à la bûche de Noël. À part ça, il ne sert à rien. Pourquoi ne pas le supprimer, alors?
Par Dominique Forget
Le voile n’est pas religieux
27/11/2013 - Entrevue avec l’essayiste et historien belge Jean-Claude Bologne, qui a examiné sous toutes ses coutures le rapport des femmes à leurs vêtements. Il nous livre son opinion sur le voile.
Par Joël Leblanc
Une forêt pour cacher les erreurs du passé
23/10/2013 - À Chapais, petite ville du Nord-du-Québec, l’industrie minière a laissé des cicatrices dans le paysage. Espoir: un chercheur aurait trouvé la recette pour aider la nature à reprendre ses droits.
Propos recueillis par Hélène Matteau
Anorexie, l’adolescence assiégée
23/10/2013 - Maladie incomprise, mystérieuse et clandestine, l’anorexie peut être soignée. Mais, selon le docteur Jean Wilkins, l’un des grands chercheurs cliniciens des troubles adolescents, son traitement nécessite du temps et de l’attention, Choses de plus en plus rares en médecine.
Par Dominique Forget
Haute tension en Patagonie
23/10/2013 - Inspirées par le Nord québécois, de grandes compagnies énergétiques veulent construire des barrages sur les fleuves froids et isolés du Chili. Mais les gauchos leur livrent un duel sans merci.
Par Marine Corniou
Comète ISON: Spectacle du siècle ou pétard mouillé?
23/10/2013 - «Les comètes sont comme les chats: elles ont une queue et font absolument ce qu’elles veulent!» Cette boutade de l’astronome David H. Levy s’applique parfaitement à ISON qui sera dans nos parages de novembre à janvier. Une comète qui pourrait briller beaucoup... ou se désintégrer à tout moment.
Par Marine Corniou
Mon école est pourrie
23/10/2013 - Faut-il démolir toutes les écoles aux prises avec les moisissures? La commission scolaire de Montréal et le ministère de l’Éducation se renvoient la balle.
Marine Corniou
Science et fraude : à la recherche de solutions
21/10/2013 - La prise de conscience du nombre grandissant de fraudes en recherche est un bon début. Mais changer les comportements demandera du temps... et de la transparence.
Marine Corniou
Science et fraude : la recherche sous omerta
20/10/2013 -
Marine Corniou
Science et fraude : une pression de plus en plus forte
19/10/2013 - Pour progresser dans leur carrière, les chercheurs doivent publier dans les meilleures revues. Mais la concurrence y est forte. Il devient tentant parfois d'arranger un peu les choses, pour donner plus de "punch" aux résultats de recherche.
Marine Corniou
Science et fraude : un phénomène inquiétant
18/10/2013 - Les cas d'erreurs et de fraude dans la littérature scientifique se multiplient. Québec science fait le point.
Par François Picard
L’histoire derrière l’écran
19/09/2013 - L’ordinateur doté de microprocesseur a changé le monde. Voici comment sa version domestique a évolué en quelques décennies. Un développement technologique fulgurant!

"Il faut éduquer l'attention d'un enfant"
19/09/2013 - Pourquoi nos enfants ont-ils tant de difficulté à rester concentrés? Jusqu’à quel point les technologies numériques, comme Internet, sont-elles en cause? Le point avec un neurobiologiste de renom, Jean-Philippe Lachaux.
Par Joël Leblanc
Bande d’emplumés!
19/09/2013 - Une découverte albertaine révèle le secret des dinosaures carnivores. Oubliez les écailles, tout ce beau monde portait des plumes!
Par Dominique Forget
Orgue et délices
19/09/2013 - Le plus imposant des orgues jamais construits par Casavant Frères vient d’être livré à l’Orchestre symphonique de Montréal. Et il doit maintenant sonner juste!
Les lendemains d'un désastre
Lac-Mégantic, après l’enfer
19/09/2013 - C’est la plus grave catastrophe écologique que le Québec ait connue. Il lui faudra des décennies pour s’en remettre. Québec Science fait le bilan de l'impact environnemental.
Par Boureima Sanga
Roses, irradiées et bien élevées
19/09/2013 - Des insectes roses fluo, stérilisés et élevés dans un entrepôt, pourraient bien sauver nos cultures des ravages de la mouche de l’oignon. Solution de rechange aux pesticides? L’expérience a lieu en Montérégie.

Avec le sexe, l’évolution!
28/06/2013 - De la fourmi au lapin, de la moule d’eau douce au singe bonobo, de l’oiseau jardinier à Homo sapiens, les êtres vivants déploient une diversité invraisemblable pour se reproduire et pour perpétuer la vie ainsi que leurs gènes. Québec Science vous propose un dossier Spécial SEXE!
Par Joël Leblanc
25000 pieds d’adrénaline
28/06/2013 - En juin, forts de leur victoire de 2012, des étudiants de l’École polytechnique de Montréal participaient à l’IREC 2013, une célèbre compétition de lancement de fusées expérimentales. Jeu d’enfant? Que non! Même aujourd’hui, concevoir, fabriquer et propulser une fusée reste un exploit technologique!

Palmarès des vraies bêtes de sexe!
28/06/2013 - C’est la jungle en folie! Parmi les animaux, qui sont les plus romantiques, les plus affectueux, les plus déterminés? Notre sélection – pas naturelle – des bêtes les plus hot.
Par Marine Corniou
L’amour au crétacé
28/06/2013 - Comment faisaient les brontosaures et les tyrannosaures?
Par Marine Corniou
Aux origines du monde
28/06/2013 - En s’accouplant, les êtres vivants accep­tent de transmettre à leurs rejetons seulement la moitié de leurs gènes. Mais Pour­­quoi la nature n’a-t-elle pas opté pour la repro­duction en solo, plus simple et doublement efficace? le Mystère intriguait déjà Darwin.
Par Boureima Sanga
Nos enfants ne dorment pas assez
28/06/2013 - Les jeunes des pays développés sont en déficit de sommeil. Et cela affecterait leur rendement scolaire. La faute aux nouvelles technologies?
Par Marine Corniou
L’après-boson
28/06/2013 - Genève, juillet 2012. Physiciens et physiciennes sabrent le champagne: une nouvelle particule, probablement le boson de Higgs, vient d’être découverte au cœur du grand collisionneur de hadrons. Un an après, qu’en est-il ? A-t-on confirmé son identité ? Et quelle est la prochaine étape ?
Par Viviane Desbiens
Souvenirs d’arcade
21/05/2013 - Ce mois-ci dans "Suivez le guide", le Musée de la civilisation nous propose son Histoire des jeux vidéo.

Les chimpanzés dépriment aussi
21/05/2013 - Selon le psychiatre allemand Martin Brüne, de nombreux singes de laboratoire souffriraient de stress post-traumatique, et seraient anxieux ou déprimés. La solution? Les antidépresseurs, évidemment! Entrevue.
Par Marine Corniou
Grandiose flash-back!
21/05/2013 - Les premiers instants du monde, comme si vous y aviez été.
Par Nicolas Mesly
Méduses: une invasion
21/05/2013 - Ces monstres carnivores et venimeux peuplent les mers depuis 500 millions d’années. Mais voilà que, à l’heure des changements climatiques et de la surpêche commerciale, leur population explose.

La fabrique des fous
21/05/2013 - Le philosophe Jean-Claude St-Onge dénonce avec fougue, dans un livre-choc, la collusion entre la bio-psychiatrie et l’industrie pharma­ceutique. Selon lui, derrière l’épidémie des troubles de santé mentale se cache un business éhonté.
Par Amélie Casgrain et Marine Corniou
Barbecue: Pour le meilleur et sans le pire
21/05/2013 - Votre guide scientifique du barbecue! À lire avant d’allumer son gril.
Par Joël Leblanc
Le plein de volts!
21/05/2013 - L’essence coûte près de un milliard de dollars par mois aux Québécois. La solution (très rentable) des experts: électrifier d’urgence nos transports. Le point sur ce que tous ces futurs usagers de la route devraient savoir.
Joël Leblanc
Forêt sous surveillance
03/04/2013 - Plus les scientifiques l’étudient, mieux la forêt se porte. Et mieux l’industrie se comporte.
Gilles Drouin
La fin des grands barrages
03/04/2013 - La chute du prix du gaz aux États-Unis sonnerait la fin des grands projets d’Hydro-Québec dans le Nord.
Nicolas Mesly
Chaud devant!
03/04/2013 - L’eau, le sol et la faune du Nord seront sévèrement affectés par les changements climatiques. Et notre potentiel hydroélectrique aussi.
Dominique Forget
Le Nord à l’envers
03/04/2013 - Les compagnies minières qui ratissent les territoires reculés du Nord prospectent aussi le grand Sud, non sans rencontrer de résistance.
Dominique Forget
À ciel ouvert
03/04/2013 - Fini l’époque où l’on creusait patiemment des galeries souterraines pour suivre un filon d’or. Aujourd’hui, la machinerie lourde récupère chaque poussière du précieux métal. Rentable pour les minières, sans doute. Mais pas sans dommages.

Ne nous laissez pas pour compte!
03/04/2013 - Neuf entrevues, neuf regards sur le Nord.
Paul Piché
Un pays multiple
03/04/2013 - J’ai eu l’immense privilège de fouler le sol d’un pays aujour­d’hui inatteignable...
Joël Leblanc
La dénature du loup
14/02/2013 - Le loup québécois se reproduit de plus en plus souvent avec le coyote. La déforestation est mise en cause.
Olivier Rey
Le Net au nord
14/02/2013 - La demande énergétique due aux techniques de l’information équivaudrait à celle de l’aviation! On pourrait la réduire en déménageant les serveurs dans le nord du Québec
Joël Leblanc
Montréal-Québec haute vitesse!
14/02/2013 - Départ de la métropole 9h, arrivée dans la Capitale 10h! C’est ce que font miroiter les promoteurs du monorail.
Elias Levy
Internet menace l'intelligence
14/02/2013 - Un usage intensif des technologies numériques nuit à la mémoire et à notre faculté de concentration. Il rend notre vie intellectuelle plus superficielle. Une entrevue avec l’iconoclaste du Web Nicholas Carr.
Nicolas Mesly
Chauves-souris et préjugés
14/02/2013 - Les chauves-souris ont une mauvaise réputation qui n’est pas méritée. Mais les mythes ont la vie dure. En voici quelques-uns.

Musée tout étoiles
14/02/2013 - Les concepteurs du nouveau Planétarium entendent faire de Montréal une métropole culturelle scientifique.

Pour des villes à échelle humaine
14/02/2013 - Des villes à échelle humaine… Ce concept, qui occupe les urbanistes depuis des décennies, est au cœur du plus récent ouvrage de Jan Gehl, un architecte danois qui compte une cinquantaine d’années d’expérience. Le professeur Gérard Beaudet a analysé son livre.
Dans le monde
Les événements scientifiques de 2012 [1]
20/12/2012 - En texte et en images, les actualités scientifiques marquantes de 2012.
Découverte de l'année [6]
L’arme du Jedi du chirurgien
20/12/2012 - Un scalpel de lumière si précis qu’il peut pratiquer une incision dans une cellule humaine et aussi s’attaquer aux tumeurs.
Découverte de l'année [7]
La mathématique des fluides
20/12/2012 - Les équations mathématiques à la rescousse de l’environnement.
Découverte de l'année [4]
Cancer trompeur
20/12/2012 - La forme la plus agressive du cancer de l’ovaire débuterait dans les trompes de Fallope. Et on sait mieux le dépister.
Découverte de l'année [1]
Les cadeaux de l’Homo sapiens
20/12/2012 - La capacité de notre ancêtre du Paléolithique à fabriquer des objets symboliques lui aurait permis non seulement de tisser des liens sociaux, mais aussi de développer un meilleur sens de l’orientation et d’assurer sa survie.
Joël Leblanc
Une libellule nommée Pégase
20/12/2012 - Pédaler pour voler? C’est une idée aussi vieille que l’aviation qui s’est concrétisée à Sherbrooke.
Catherine Girard
Soyez prudent, lâchez le volant!
20/12/2012 - Neuf accidents sur 10 sont causés par une erreur humaine. Pour rendre les routes plus sûres, des experts prônent l’automobile sans conducteur.
Joël Leblanc
La fin du monde et puis après ?
22/11/2012 - Que signifie tout ce ramdam autour d'une apocalypse annoncée? Que voulaient vraiment dire les Mayas?
Pascale Millot
Organes recherchés
22/11/2012 - Au Québec, près de 1300 personnes attendent un rein, un cœur, un foie, un poumon ou un pancréas. À peine le tiers d’entre elles seront opérées dans l’année, et 50 mourront après avoir patienté en vain. Pourtant, 90% des Québécois se disent prêts à donner leurs organes après leur mort. Qu’est-ce qui cloche?
Pascale Millot
Le modèle espagnol
22/11/2012 - En Espagne, on croit avoir trouvé le remède au manque d’organes. Ce modèle est-il «transplantable» chez nous?
Olivier Rey
Jour après jour, mois après mois
22/11/2012 - Le monde est-il en fin de course? Tout dépend du calendrier! Ce prodige de l’astronomie ancienne et des mathématiques, qui nous a permis de dompter le temps, a connu bien des formes et des réformes. Retour sur une découverte remarquable.
Catherine Girard
Le sucre, c’est pas du gâteau
22/11/2012 - Partout sur la planète, la consommation de sucre explose. Mais notre propension envers le sucre serait-elle une menace pour la santé publique, au même titre que l’alcool et le tabac?
Elias Levy
Un grand leurre
22/11/2012 - La croyance en la fin du monde se sécularise et se mondialise.

Il était une fois Québec Science
26/10/2012 - Avant le 16 novembre, prix exceptionnel de lancement de 20 $ (taxe et frais de transport inclus)
Robert Lamontagne
Terre cherche autres terres
25/10/2012 - Les exoplanètes ne sont pas faciles à dénicher mais les astronomes en ont quand même débusqué près de 800 dans 624 systèmes solaires. On cherche encore celle qui abrite la vie.
Raymond Lemieux
Examiner l’avenir des universités.
25/10/2012 - Même en science, le Canada compte deux solitudes. Alors que le pays figure parmi les moins performants en matière d’investissement dans le domaine de la recherche, le Québec arrive à tirer son épingle du jeu. Mais il faut réévaluer le rôle des universités.
Frédérick Lavoie
La drogue mangeuse de chair
25/10/2012 - En Russie, une nouvelle drogue, le krokodil, fait des ravages. Substitut bon marché de l’héroïne, on craint maintenant qu’elle se répande dans le monde. On en aurait trouvé en Ontario.
Catherine Girard
Pigeons, envahisseurs ou égarés?
25/10/2012 - Peut-on se réconcilier avec nos pigeons? Il le faut, disent les chercheurs. Pour avoir des villes bien vivantes.
Marine Corniou
Au pays de la peste blanche
25/10/2012 - La tuberculose fait figure de maladie d’un autre âge. Pourtant, au Canada, depuis des décennies, les Inuits se battent au quotidien contre cette redoutable infection. Même qu’au Nunavut, la situation empire.

Il était une fois Québec Science
26/10/2012 - Avant le 16 novembre, prix exceptionnel de lancement de 20 $ (taxe et frais de transport inclus)
Le lancement du satellite canadien a eu lieu il y a 50 ans. Un article de Québec Science à relire.
Alouette sans fausse note
28/09/2012 - L’instrument au nom d’oiseau a défié tous les pronostics et rendu de fiers services au pays!

50 ans de science au Québec
20/09/2012 - À l'occasion de la publication de son 500e numéro, diverses personnalités publiques et collaborateurs du magazine nous expliquent ce que représente le magazine pour eux.
Défi n°9 Diagnostiquer la maladie mentale en regardant dans les yeux
Fenêtres sur le cerveau
17/09/2012 - Elle pensait devenir psychologue; il se voyait travailleur social. Tous deux perfectionnent des technologies novatrices pour mieux déceler et traiter nos dysfonctionnements cérébraux.
Défi n°21 Protéger sa vie privée à l’ère numérique
Notre vie privée est-elle soluble dans Facebook?
17/09/2012 - Avec des outils et des balises éthiques, il sera possible de continuer de bénéficier des avantages des réseaux sans craindre de se perdre soi-même dans le nuage virtuel.
Défi n°31 Gérer le territoire en fonction des citoyens
Retour à la terre
17/09/2012 - Comment repeupler nos campagnes? En les rendant attirantes.
Défi n°3 Dépister précocement le cancer
La marque du cancer
17/09/2012 - Si on on le dépistait plus tôt, le cancer serait beaucoup facile à terrasser. Comment déceler le mal avant qu'il devienne incontrôlable?
Pascale Millot
N’ayons plus peur des maux
17/09/2012 - Les médecins sont malades, dit le docteur Marc Zaffran (alias Martin Winclker). Et ce sont les patients qui disposent du meilleur traitement pour les soigner.
Défi n°1 Stimuler la créativité des chercheurs et apporter à la science l’art et la dimension humaine qui lui manquent
Vision périphérique
14/09/2012 - «Le chercheur du XXIe siècle devra être un visionnaire transdisciplinaire, un curieux multidirectionnel.»
Un article à relire à l'occasion des 50 ans de la Place Ville Marie
Quand Montréal voulait toucher le ciel
13/09/2012 - Il fallait de la vision et du savoir-faire pour construire le plus haut gratte-ciel du Commonwealth, il y a 50 ans. Un peu de folie aussi.
Par Catherine Girard
Parler à travers son gant
03/08/2012 - Des étudiants montréalais ont développé un gant capable de traduire la langue des signes. Connecté à un téléphone intelligent, ce dispositif pourrait donner une voix à ceux qui n’en ont pas.