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Techno

ÉTS: Clubs et défis

Benjamin Tanguay - 04/08/2014
Quelque 400 jeunes du secondaire crient leurs encouragements. Sur scène, la force exercée par une presse hydraulique sur un pont fait de bâtons de popsicle augmente inexo­­ra­blement. Après 20 secondes de suspense et de cris, la construction cède… sous 3,2 tonnes de pression. C’est la performance la plus convaincante des quatre équipes de l’école secondaire Dorval-Jean XXIII qui dominent la compétition.

Mais 30 minutes plus tard, c’est le revirement de situation. La structure de la polyvalente Georges-Vanier, avec un meilleur rapport charge supportée par poids, brise l’hégémonie de Dorval-Jean XXIII et remporte la première place. Cris. Joie. Les victorieux n’en reviennent pas.

Catherine Vaillancourt les observe, un sourire en coin. Il y a 10 ans, cette habituée de l’événement, aujourd’hui juge, y participait avec son équipe du cégep du Vieux-Montréal. « Après avoir mis 800 heures sur un pont, l’amener ici pour l’écrabouiller nous rendait tellement fébriles, se rappelle-t-elle. Je sens la même chose chez eux. »

Pour Richard Sicotte, professeur des quatre équipes de l’école secondaire Dorval-Jean XXIII, classées 2e, 3e, 4e et 5e au concours, PontPop permet d’appliquer plusieurs concepts techniques. « Cela permet aussi de leur enseigner la valeur du travail bien fait, ajoute-t-il. Ils travaillent sur ce projet depuis septembre. En 10 ans de participation à PontPop, trois de mes anciens élèves se sont inscrits à l’ÉTS. C’est un bel outil de sensibilisation.

Catherine Vaillancourt a aussi suivi ce chemin. « Je ne pensais pas aller à l’université après avoir fait ma technique en architecture. Mais avec PontPop, j’ai gagné une bourse qui m’a finalement convaincue de faire le saut. Grâce à cela, je suis aujourd’hui ingénieure. »

Si PontPop sert à sensibiliser les jeunes du secondaire ou du collégial au génie et au travail en équipe, la même approche prévaut dans la formation, au sein même de l’École. Plus de 600 jeunes, soit près de 10% des étudiants de l’ÉTS, font partie de « clubs étudiants » qui participent à des compétitions d’ingénierie : motoneige écologique, bolide tout-terrain (baja), voiture solaire, drones… la liste des projets est longue.

Simon Paradis est membre du club Baja. Lorsqu’on lui demande combien d’heures il y a investies, il peine à répondre. « J’aime mieux ne pas savoir. C’est énormément de travail. » Lui et son équipe ont bâti leur véhicule de A à Z. Conception, usinage, soudage, moulage, montage, etc. Tout cela pour tenter d’améliorer les propriétés des véhicules tout-terrain . « Mais le vrai but est de gagner des courses », ajoute-t-il avec un sourire complice.

Quand nous lui avons parlé, son équipe revenait tout juste du Texas pour la première des trois compétitions annuelles de Bajas. Déçus d’avoir obtenu une 8e place alors qu’ils visaient un podium, les étudiants étaient déjà au boulot pour fignoler leur bolide en vue de leur prochaine compétition.

Robert Lemieux, directeur des Services aux étudiants, n’en finit plus d’énumérer les avantages de ce type de concours. « Ces clubs sont une manière de développer leur sens de la créativité et de l’innovation. Tout ce qu’ils vont “patenter”, les idées qu’ils vont avoir pour améliorer leur véhicule, c’est de l’innovation. Ce sont des manières de renforcer leur fibre entrepreneuriale et créatrice. »

« Il y a vraiment une relation entre ceux qui participent activement à ces clubs étudiants et leur niveau de réussite scolaire, » explique Alan Carter, professeur et ancien capitaine de club. « Ce ne sont pas nécessairement des premiers de classe, mais ils s’en tirent très bien. Quand c’est le temps de trouver un travail par la suite, c’est plus facile parce qu’ils ont déjà une expérience au niveau gestion et de la connaissance des matériaux »

Mai 2014. Pour la première fois de sa jeune histoire, le club Dronolab atteint le 2e rang d’une compétition étudiante  de drones. Une formidable ascension après seulement quatre participations. L’équipe a fait preuve d’une remarquable audace pour réaliser l’épreuve imposée par le scénario de compétition, soit la géolocalisation et la mesure d’une fuite de pipeline dans une région agricole. En effet, l’utilisation simultanée de deux plateformes plutôt qu’une seule a permis de cartographier la zone deux fois plus vite. Une première dans l’histoire de la compétition.

«Aucune équipe n’avait jamais osé demander le permis de vol pour plus d’un drone à Transport Canada. Nous, on a misé sur cette stratégie et cela nous a valu le 2e rang et une mention des juges », raconte le capitaine Pascal Chiva-Bernard.

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