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Techno

ÉTS: Tout pour l'innovation

Benjamin Tanguay - 04/08/2014
«Où vous voyez-vous dans dix ans? » « Quelle est la clientèle cible de votre produit? » « Quels risques court votre entreprise? » Nous sommes au Centech. Au podium d’une salle de con­férence, deux hommes, début trentaine, essuient un barrage de questions. Un jury de sept experts a écouté leur exposé sur un système de contrôle à distance de prises électriques et des appareils qui y sont branchés. Ils testent maintenant leurs aptitudes d’entrepreneurs. On se croirait à l’émission Dans l’œil du dragon. Les jurés, issus du milieu des affaires, devront prendre une décision simple : accepte-t-on l’entreprise au sein de l’organisme?

Fondé en 1996, le Centech a reçu en 2013 le titre de meilleur incubateur de l’Association canadienne des incubateurs d’entreprises (CABI). Les trois étages du bâtiment, à deux pas de l’ÉTS, logent une vingtaine d’entreprises dans des domaines allant de la conception de jeux vidéo à celle de ponts d’aluminium ou de voitures électriques.

Nul besoin d’avoir étudié à l’ÉTS pour y être admis: depuis deux ans, le Centech abrite aussi des équipes provenant d’autres universités. Une fois acceptées, ces start-ups ont accès aux laboratoires et aux professeurs de l’ÉTS, en plus de disposer du savoir-faire administratif du per­sonnel du Centech. « Nous permettons d’accélérer le développement d’entreprises parce que nous appuyons chaque étape de leur développement », résume Hélène Filion, conseillère auprès des aspirants entrepreneurs.

Matin, midi et soir, les locaux de l’organisme sont le lieu d’une activité frénétique: des stagiaires, employés et entrepreneurs mettent des heures à peaufiner quelques détails sur un produit ou remplir des formulaires pour obtenir des fonds. Parmi eux, Pierre Blanchet a bien rodé la présentation de son projet. Son entreprise, Idénergie, se spécialise dans la fabrication d’hydroliennes de rivières. Au cours des trois dernières années, l’homme d’affaires et ses deux associés ont réussi à obtenir beaucoup de financement. Ils espèrent vendre bientôt leurs premières unités à des villages éloignés en quête d’une énergie renouvelable facile d’utilisation.

« Si on n’avait pas eu le Centech, on n’y serait jamais arrivé, confie-t-il. Ça peut être très effrayant de faire des demandes de financement. On se trompe et la compagnie meurt. On se donne énormément de conseils entre entrepreneurs. C’est un des avantages de l’organisme. »

Centre d’excellence

« D’entrée de jeu, la devise de l’ÉTS, c’est le génie pour l’industrie, affirme Sabin Boily, directeur à l’innovation et aux relations avec l’industrie. C’est aussi de plus en plus le génie pour l’entreprenariat. C’est cet écosystème qu’on veut développer. »

Autant le Centech, que le Carrefour d’innovation Ingo ou le Quartier de l’innovation (QI) se situent dans cette veine, tout comme le microprogramme en entreprenariat – qui offre aux étudiants des connaissances non technologiques comme la comptabilité ou le marketing – et les clubs scientifiques, que plusieurs comparent à des mini-PME.

Le grand nombre de partenariats entre l’ÉTS et l’industrie est, pour Sabin Boily, le trait distinctif de l’École. « Nous essayons d’anticiper l’évolution du marché pour adapter nos enseignements et nos travaux de recherche aux besoins de demain. C’est pour ça que les industries reviennent nous voir. Ce niveau d’innovation et de relation avec les entreprises ne se retrouve nulle part ailleurs au Canada. »

Sabin Boily souhaite positionner l’ÉTS comme un pôle d’excellence dans le domaine manufacturier. « L’idée est d’aider les compagnies à adopter et adapter leurs techniques manufacturières », explique-t-il. On parle, par exemple, de techniques en impression 3D, en robotique avancée et en numérique. Québec a déjà annoncé sa participation au dossier ; le directeur a l’ambition d’aller chercher aussi l’appui du fédéral. Si tout va bien, le projet de pôle manufacturier devrait bénéficier de quelque 100 millions de dollars sur cinq ans.

« Avec ce centre d’excellence, le hub de créativité et un futur projet d’impression en trois dimensions dans le QI, l’ÉTS offre une large gamme de services. Anticiper les besoins du marché, c’est un peu ça. On essaie aussi d’enseigner cette approche à nos étudiants. »

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