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Arctique: vie cachée sous la glace

Par Marine Corniou - 11/07/2017

Les lacs de l'extrême Arctique pourraient contribuer, avec le dégel, au réchauffement climatique, révèle une nouvelle étude.

Situé dans l’extrême nord de l’Arctique canadien, à quelque 700 km du pôle Nord, le lac Ward Hunt est l’un des milieux les plus inhospitaliers du globe. Mais en raison des changements climatiques, il est le siège d’un développement microbien inattendu, révèle une étude publiée en juillet par une équipe de l’Université Laval.

Si les zones peu profondes, proches des rives, dégèlent l’été et abritent une population restreinte de bactéries, la zone centrale de ce lac est habituellement gelée jusqu’au fond, et à longueur d’année. C’est du moins ce que pensaient les chercheurs jusqu’en 2013, lorsque des mesures radar ont montré la présence d’eau liquide au fond. « Avec une caméra GoPro, nous avons découvert beaucoup de vie bactérienne sur les sédiments du lac. Une surprise pour nous ! » raconte Warwick Vincent, du Centre d’études nordiques à l’Université Laval, qui a mené les expéditions et publié l’étude.

Grâce au séquençage génétique, l’équipe a pu identifier les micro-organismes qui constituent une sorte de tapis orangé (un biofilm) au fond de l’eau. Résultat ? La diversité microbienne y est plus importante que dans les zones moins profondes (plus de 1 500 espèces !).

Le hic, c’est que l’absence de lumière et d’oxygène favorise le développement d’espèces de bactéries productrices de gaz à effet de serre. « Avec le réchauffement global, il y aura de plus en plus d’eau liquide en dessous de la glace dans les millions de lacs peu profonds de l’Arctique, ce qui favorise la production de méthane », explique le biologiste. De quoi porter un nouveau coup au climat.



 

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