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Santé

Ebola: la science avance

29/08/2014
Selon l'OMS, l’épidémie d’Ebola qui sévit actuellement en Afrique de l'Ouest pourrait toucher au total plus de 20 000 personnes (environ 3000 cas ont été rapportés à ce jour). Le 29 août, un premier cas a d'ailleurs été confirmé au Sénégal, pays jusque là épargné.
L'organisation précise qu'il faudrait débourser 490 millions de dollars US dans les 6 prochains mois pour contenir l'épidémie, la plus importante jamais observée, et dont la mortalité est d'environ 50%.

Les scientifiques, quant à eux, se mobilisent pour faire progresser les recherches.

Le séquençage du génome

Une équipe internationale, menée par Stephen Gire et Pardis Sabeti de l’Université Harvard, vient de publier dans Science la séquence génétique de la souche virale en cause dans l'épidémie actuelle.

Leur constat? La souche "Zaïre" actuelle présente plus de 300 mutations génétiques qui la rendent distincte des souches ayant causé les précédentes épidémies.

Pour autant, les chercheurs ne savent pas si ces mutations sont responsables de la gravité et de l'ampleur de l'épidémie.

Ils ont immédiatement rendu leurs données publiques, afin de contribuer à faire avancer les recherches et à "trouver une solution".

Les chercheurs ont séquencé les génomes de 99 virus prélevés sur 78 patients de Sierra Leone. Ils ont observé une "accumulation rapide des variations génétiques, dont la plupart entrainent une modification des protéines et des autres cibles biologiques potentielles. Elles devraient donc être surveillées pour identifier leur impact potentiel sur le diagnostic, les vaccins et les thérapies, dont le Zmapp".

De nouvelles données sur Zmapp

Les chercheurs qui ont mis au point le traitement expérimental Zmapp (lire les explications sur la nature du traitement ici) ont publié le 29 août de nouveaux résultats dans la revue Nature. L'équipe, menée par Gary Kobinger, de l'Université du Manitoba, rapporte que le traitement a permis de guérir 18 singes infectés par Ebola, y compris à un stade avancé, soit quelques jours voire quelques heures avant la mort. Ainsi, 100% des macaques rhésus traités ont survécu, même ceux à qui le Zmapp a été administré 5 jours après l'infection.

Ce traitement a été administré dans l'urgence à 7 patients humains, bien qu'il n'ait pas été testé auparavant chez l'Homme. "Le traitement n'a pas été administré dans le cadre d'essais cliniques, et il est difficile de transposer nos résultats chez l'animal à l'Homme, concernant les doses à administrer et le timing de traitement", a précisé Gary Kobinger lors d'une conférence de presse téléphonique organisée par Nature. "Cependant, ce qui se passe chez les singes semble très similaire à l'infection chez l'Homme".

En 2013, les chercheurs avaient déjà publié une étude avec des résultats encourageants, mais ils avaient évalué une autre version du sérum, appelée Zmab. La différence? Le Zmab était constitué d'anticorps murins, produits par des cellules en culture, alors que le Zmapp est constitué d'anticorps chimériques (entrainant moins d'effets secondaires), produits par des plants de tabac.

Selon les chercheurs, les mutations génétiques observées chez le virus n'ont pas d'influence sur l'efficacité du Zmapp, car elles ne modifient pas les glycoprotéines auxquelles se fixent les anticorps.

Des essais de phase I sur l'Homme pourraient débuter dès début 2015, et les premiers résultats seraient alors, selon les chercheurs, disponibles l'été prochain.

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Source image: Wkicommons, Thomas W. Geisbert, Boston University School of Medicine - PLoS Pathogens, November 2008

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