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Et si on remplaçait le déodorant par de bonnes bactéries?

Par Marine Corniou - 13/02/2017
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Certaines personnes ont beau se pulvériser des tonnes de déodorant sous les bras, rien n'y fait: elles dégagent une odeur incommodante, qui peut constituer un vrai handicap social.

Pour y remédier, il suffirait peut-être de troquer les antisudorifiques du commerce contre... des bactéries issues d'aisselles moins nauséabondes.

C'est l'idée originale de Chris Callewaert, chercheur à l'université de Californie, à San Diego, qui se surnomme lui-même Dr Armpit...

Dans un article du New Scientist, il explique avoir eu cette idée il y a quelques années, après avoir rencontré des jumeaux identiques dont l'un dégageait une odeur corporelle désagréable.

Une "greffe' originale

Sachant que les bactéries qui colonisent nos aisselles sont responsables de ces fumets (qu'elles produisent en dégradant les molécules contenues dans la transpiration), le chercheur a "remplacé" les bactéries du jumeau en question par celles de son frère. Un succès! Dès le lendemain de la "transplantation", les bonnes bactéries avaient pris le dessus sur les mauvaises. Et un an plus tard, les effets positifs se font toujours... sentir.

Le chercheur a donc réitéré l'expérience avec 17 autres "couples", appariant à chaque fois une personne ayant des problèmes d'odeur corporelle et un "donneur" apparenté n'en ayant pas. Pour favoriser la colonisation des nouvelles bactéries, le receveur devait se laver les aisselles avec un savon antibactérien pendant plusieurs jours.

L'odeur était jugée par un panel de 8 chanceux, qui devaient l'évaluer avant et après la transplantation bactérienne. Si la plupart des receveurs ont vu leur odeur s'améliorer le premier mois, seule la moitié d'entre eux en percevait encore les effets après 3 mois.

Le chercheur estime que ces résultats sont encourageants, montrant une fois de plus la puissance du microbiome, cet écosystème bactérien qui colonise, entre autres, notre peau.

De tels remplacements bactériens pourraient peut-être être utiles en cas de maladies de peau, comme l'eczéma ou le psoriasis.

Photo: Nancy Qlan (Flickr)



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