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Homo naledi: une espèce relique qui a côtoyé nos ancêtres?

Par Marine Corniou - 15/05/2017
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En septembre 2015, le paléoanthropologue Lee Berger et ses collègues dévoilaient une découverte incroyable : un squelette presque complet appartenant à « une nouvelle espèce du genre humain », Homo naledi. Ce dernier serait plutôt jeune, à en croire les dernières analyses.

Celui dont le nom signifie « étoile » en sesotho et fait référence à la grotte Rising Star, située en Afrique du Sud, où il a été découvert, semble combiner des traits à la fois archaïques et modernes: petite taille (1,5 m), tout petit crâne, mais une stature bipède, des poignets "modernes", et des phalanges courbes lui permettant de grimper aux arbres... Si bien qu'il était jusqu'à présent difficile de le placer sur l'arbre généalogique de l'humanité (voir notre reportage sur le sujet).

Une équipe de l’université Witwatersrand vient de proposer une datation, dans un article publié sur eLife. Le verdict? Il aurait vécu il y a 335 000 à 236 000 ans. Autrement dit, assez récemment, puisqu'on estimait initialement son âge à plus de 1 million d'années!

Cette datation a été obtenue en "mesurant la concentration d'éléments radioactifs, et en évaluant les dégâts causés par ces éléments (qui s'accumulent au fil du temps), dans trois dents fossilisées, et dans les sédiments et roches environnants".

Elle risque de susciter quelques débats: Homo naledi et ses acolytes (plus de 1 550 ossements, appartenant à une quinzaine d’individus de tous âges, ont été récupérés dans la grotte, et de nouveaux ossements viennent d'ête décrits dans une grotte adjacente) auraient donc été contemporains des premiers Homo sapiens, qui seraient apparus quelque part entre 300 000 et 200 000 ans avant notre ère. Les auteurs estiment qu'il s'agirait d'une espèce "relique", ayant survécu des centaines de milliers d'années sans trop se modifier, et ayant fini par côtoyer des espèces plus modernes.

"Ces résultats démontrent à quel point il est risqué d'essayer de prédire l'âge d'un fossile en se basant uniquement sur son apparence, et soulignent l'importance de faire dater les spéciments via des laboratoires indépendants", peut-on lire dans la publication.

Photo: Homo naledi, université Witwatersrand

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