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La dyslexie due à une anomalie de l'oeil?

Par Marine Corniou - 19/10/2017

Deux chercheurs pensent avoir trouvé au fond de l'oeil la cause de la dyslexie.

Confondre le p et le q, ou le b et le d : voilà (entre autres) ce que vivent les personnes dyslexiques, pour qui la lecture est difficile.

Deux chercheurs français de l’université de Rennes pensent avoir trouvé la cause de ce trouble, qui concernerait jusqu’à 15% de la population mondiale.

Leur hypothèse? Les dyslexiques ont des yeux… trop symétriques. Le problème serait ainsi dû à une anomalie « physique » de l’œil, et pas à l’interprétation cérébrale des signaux visuels, comme on le pensait jusqu’ici.

« Pour voir, le cerveau doit privilégier une image provenant de l’un ou l’autre œil », expliquent les auteurs dans leur article, publié dans la revue Proceedings of the Royal Society B. Nous avons donc naturellement un œil dominant, et un œil plus faible.

Or, chez les dyslexiques, cette asymétrie n’existe pas. Les deux yeux fonctionnent en quelque sorte à égalité… Résultat, le cerveau ne sait pas trop vers quelle image pencher, et « voit » certaines lettres en miroir.

C’est du moins l’hypothèse émise par les deux physiciens qui ont observé, à l’aide d’un appareil optique (le fovéascope), la fovéa de 30 adultes dyslexiques et celle de 30 témoins. Présente sur la rétine dans l’axe visuel, cette zone de 200 µm de diamètre est celle où la vision est la plus précise, du fait d’une densité très importante de cônes, ces cellules qui permettent de capter la lumière et de percevoir les couleurs.

C’est plus précisément la « tache de Maxwell » qui a attiré leur attention: il s’agit d’une minuscule zone sans cônes dans la fovéa. Cette zone est ronde dans l’œil dominant mais a une forme irrégulière dans l’autre. « Dans l’œil dominant, cette zone est circulaire, alors qu’elle est elliptique avec des contours plus diffus dans l’autre œil », notent-ils. Chez les dyslexiques, cependant, les deux tâches sont rondes.

« Chez les étudiants dyslexiques, les deux yeux sont équivalents et le cerveau doit se fier à deux versions légèrement différentes d’une même scène visuelle, ce qui rend la fixation instable. L’absence d’asymétrie perturbe la connectivité complexe et la latéralisation des régions du cerveau impliquées dans la lecture et d’autres tâches », écrivent-ils.

Grâce à cette découverte, les chercheurs ont mis au point un prototype de lampe stroboscopique qui permet d’effacer en quelque sorte l’image-miroir qui parasite la vision des dyslexiques. Les résultats de cette étude préliminaire devront être confirmés à plus grande échelle, mais ils offrent un premier espoir pour leur faciliter la vie.
 

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