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Le GIEC réuni à Montréal pour préparer son prochain rapport

Par Marine Corniou - 12/09/2017
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Montréal a accueilli début septembre la 46e session du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), au cours de laquelle les scientifiques ont dressé les tables des matières du prochain rapport.

Créé en 1988, le GIEC regroupe environ 2500 scientifiques de 195 pays. Sa mission ? « Examiner toutes les recherches publiées sur le changement climatique pour informer les décideurs », a rappelé Hoesung Lee, président du GIEC, lors d’un événement organisé en marge de la réunion par l’Université du Québec à Montréal.

Ainsi, le GIEC ne mène pas de recherche, mais évalue régulièrement l’état des connaissances relatives au changement climatique, et produit des rapports et des documents techniques (de plusieurs milliers de pages…). À ce jour, 5 rapports ont été publiés, le dernier datant de 2013.

« Les premiers rapports ont surtout insisté sur le fait qu’il fallait accentuer la recherche. En 2007, le GIEC a obtenu le prix Nobel de la paix pour son 4e rapport, avec Al Gore. On y précisait que le réchauffement était très probable, mais il persistait un brin de doute. Dans le 5e rapport, paru en 2013, on a utilisé le mot inéluctable », a expliqué Abdalah Mokssit, secrétaire de l’organisation.

Inéluctable : les données présentées par le GIEC ne laissent en effet pas place au doute. « Les messages du dernier rapport sont clairs. Il s’agit d’un réchauffement sans précédent, irrévocable. Les dernières décennies ont été successivement de plus en plus chaudes. Les températures moyennes des années 2015 et 2016 étaient supérieures de 1°C à celles du niveau pré-industriel », a résumé de son côté Fatima Driouech, responsable du groupe de travail 1 (qui se penche sur les aspects physique des changements climatiques) et chercheuse à la Direction de la Météorologie Nationale du Maroc.

Lors de l’accord de Paris de 2015, qui s’appuyait sur les données du GIEC, les nations se sont entendues pour limiter le réchauffement à 1,5 °C d’ici 2100, par rapport à la situation qui prévalait avant l’ère industrielle.

Si les experts du GIEC estiment que c’est toujours possible (en se basant plutôt sur une hausse maximale de 2°C), ils soulignent l’ampleur des défis technologiques, économiques et politiques à relever pour y parvenir. « Il faut non seulement inverser la courbe des émissions de CO2, mais même parvenir à complètement les supprimer », a indiqué Diana Urge-Vorsatz, du groupe de travail 3, qui s’intéresse à la limitation du réchauffement.

Des effets déjà palpables

Une chose est sûre : même si l’humanité parvient à limiter les dégâts, une hausse de 2°C reste fortement problématique. Cela peut sembler minime, mais les projections prévoient des changements drastiques: hausse du niveau des océans, désertification, impacts sur l'agriculture, sur la disponibilité des ressources aquatiques, événements climatiques extrêmes...

« Avec la hausse actuelle de 1°C, on observe déjà des répercussions sur la santé humaine, qu’il s’agisse de risque d’inondations, de vagues de chaleur, de tempêtes, de pollution de l’air et de l’eau... On estime qu’en raison des changements climatiques, il y aura environ 250 000 décès supplémentaires par an en 2030. Certains endroits sur Terre pourraient devenir inhabitables, et la physiologie humaine a une capacité d’adaptation très limitée », a déploré Hans-Otto Pörtner, responsable du second groupe de travail qui s’attèle quant à lui à étudier les adaptations possibles à ces changements.

Un rapport spécial est attendu pour l’automne 2018, sur les conséquences d’un réchauffement planétaire de 1,5°C, suite à une demande des gouvernements lors de la COP21.

Les rapports spéciaux sur les océans et la cryosphère (zones de la surface de la Terre où l'eau est présente à l'état solide) et les continents devraient paraître en 2019. Les rapports finaux sont attendus pour 2021-2022.

Les experts ont profité de l'occasion pour lancer un appel aux chercheurs montréalais, incluant les spécialistes des sciences humaines, pour les inciter à contribuer à la rédaction de ces rapports, qui se fait sur une base volontaire.

Cette vidéo de la NASA montre l'évolution des températures moyennes de 1890 à 2016.



 

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