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Le GPS nuit au sens de l'orientation

Par Maxime Bilodeau - 03/08/2017
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Recourir à l’excès à un GPS rend certaines parties du cerveau impliquées dans l’orientation paresseuses, rapporte une étude britannique.

Se perdre est un phénomène révolu, en grande partie grâce aux systèmes mondiaux de géolocalisation par satellites (GPS) dont sont maintenant munis les téléphones, les voitures et même les montres.

En tout cas, c’est ce que pensait l’auteur de ces lignes avant de faire aveuglément confiance à un de ces gadgets pour le guider jusqu’à un traversier via un itinéraire douteux. Une mésaventure sans grande conséquence, hormis celle de manquer ledit bateau. S’égarer sur la Côte-Nord, au Québec, faut le faire.

Selon une étude publiée dans Nature & Communications en mars dernier, ce type de situation serait de plus en plus fréquent. Le groupe de chercheurs du University College London, au Royaume-Uni, a demandé à 24 valeureux volontaires de naviguer dans une reproduction virtuelle de Soho, un quartier labyrinthique situé en plein cœur de Londres.

Pendant cette tâche complexe, que les sujets devaient tantôt réaliser sans assistance, tantôt avec celle d’un GPS, les scientifiques ont mesuré l’activité dans les deux parties du cerveau qui, ensemble, forment notre « GPS interne » : l’hippocampe et le cortex préfrontal. Le but : mieux comprendre la réaction de ces deux structures à chacune des deux conditions d’expérimentation.

Au neutre

Au final, la navigation à vue a fortement sollicité le cerveau des participants. Lorsqu’ils mettaient les pieds dans une nouvelle rue de Soho ou qu’ils se butaient à un de ses embranchements (comme le Seven Dials), ils devaient fournir un effort supplémentaire pour construire une représentation mentale de leur environnement, ou carte cognitive. Bref, ils sollicitaient leur sens de l’orientation.

C’est tout le contraire qui a été observé lorsque ces mêmes sujets étaient assistés par un GPS. À ce moment, aucune hausse d’activité significative de leur GPS interne n’était constatée. Ce dernier s’était, en somme, mis au neutre.

Selon le quotidien The Guardian, ce manque d’entraînement du GPS interne mènerait les utilisateurs compulsifs de GPS à en devenir dépendants, puisqu’incapables de s’orienter sans lui. Pire encore : le non-usage de l’hippocampe peut mener à son atrophie, ce qui les placent alors dans une catégorie à risque de développer des maladies neurodégénératives comme l’Alzheimer, affirme Véronique Bohbot, chercheuse à l’Institut Douglas, dans un article de La Presse +.
 

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