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Le lien entre cancer du sein et pilule se confirme. Oui, mais...

Par Marine Corniou - 11/12/2017
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En ces temps de méfiance envers la pilule contraceptive, l’étude qui vient d’être publiée dans le New England Journal of Medicine donne des munitions aux détracteurs des contraceptifs hormonaux. Menée auprès de 1,8 million de femmes danoises, elle montre que la prise de contraceptifs hormonaux augmente globalement de 20% le risque de cancer du sein.

Ce risque s'accroit même de 38% chez les femmes qui prennent la pilule depuis plus de 10 ans par rapport à celles qui ne l’ont jamais prise. Cette étude est solide : elle a été menée chez des femmes âgées de 15 à 49 ans suivies pendant 10 ans, prenant des contraceptifs actuels (et non pas les anciennes générations où les dosages étaient plus élevés), et a inclus différents contraceptifs hormonaux (implants, stérilets hormonaux…).

Avant de s’affoler, remettons toutefois les choses en perspective.

D’abord, il n’y a pas de « révélations » : ce constat concorde avec celui d’autres études menées sur le sujet, notamment la Nurses’ Health Studies, montrant une augmentation du risque similaire.

Ensuite, le risque a beau augmenter, il reste globalement faible, aux dires mêmes des auteurs de la publication.

Si on considère un groupe de 100 000 femmes, le nombre de cas de cancer du sein au bout d’un an est de 55 si les femmes ne prennent pas de contraceptif hormonal, contre 68 si les femmes en prennent un. Autrement dit, la pilule augment le nombre de cas de 13 par an par 100 000 femmes.

Il faut donc replacer les choses dans leur contexte : chez les femmes jeunes, le taux de cancer du sein est faible. Il n’est que de 2 cas par an pour 100 000 femmes âgées de moins de 35 ans. Le taux est toutefois 5 fois plus élevé chez les femmes âgées de 40 ans et plus que chez celles dans la trentaine. Cette étude suggère donc qu’à partir d’un certain âge, il peut être préférable d’opter pour un moyen contraceptif non hormonal, d’autant que les risques cardiovasculaires augmentent aussi avec l’âge.

Enfin, dans un éditorial publié dans la revue, on rappelle qu’il faut peser les pour et les contre de la contraception. L’augmentation du risque ne doit pas occulter les bénéfices des contraceptifs oraux, notamment la protection contre certains cancers (ovaire, endomètre, colorectal), comme nous le rappelions dans ce texte : Faut-il craindre la pilule?


 

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