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Le microbiome vaginal protège (ou non) contre le VIH

Par Marine Corniou - 16/06/2017
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Une nouvelle étude, publiée dans Science, vient de montrer que la composition de la flore vaginale peut influencer l’efficacité des gels microbicides, utilisés en prévention contre le VIH notamment.

Des essais cliniques avaient montré que le ténofovir, un antiviral pouvant être appliqué localement contre le VIH, était efficace chez les hommes, mais pas chez les femmes.

L’équipe de Nichole Klatt, de l’université de Washington à Seattle, vient de comprendre pourquoi en étudiant la flore vaginale de 688 femmes séronégatives en collaboration avec le Centre du programme de recherche sur le sida en Afrique du Sud (CAPRISA).

Chez les femmes dont la flore microbienne est dominée par les bactéries de type lactobacilles (soit 60% des participantes), l’application topique de ténofovir a permis de réduire l’incidence du VIH de 61%. Chez celles dont la flore n'était pas dominée par les lactobacilles mais plutôt par d'autres espèces de bactéries, dont des Gardnerella vaginalis, souvent associées à la vaginose, le gel était trois fois moins efficace.

Il faut savoir que plus d'un million de femmes contractent le VIH chaque année, la plupart en Afrique sub-saharienne, l'Afrique du Sud ayant les taux d'incidence les plus élevés.

Selon l’étude, les bactéries G. vaginalis métaboliseraient très rapidement le composé actif du gel, ne laissant pas le temps aux cellules vaginales de l’absorber.

Il est donc crucial de prendre en compte les interactions des microbicides avec les bactéries vaginales pour s’assurer de leur efficacité chez toutes les femmes. C’est le cas pour le « condom invisible » développé par le Centre de recherche en infectiologie (CRI) de l’Université Laval.

Dans un reportage consacré au microbiote vaginal, Janneke van de Wijgert, épidémiologiste au Institute of Infection and Global Health de l’université de Liverpool, au Royaume-Uni, soulignait que « les anomalies du microbiote vaginal sont aussi graves, si ce n’est plus, que celles du microbiote intestinal. Mais comme beaucoup d’affections qui ne concernent que les femmes, la vaginose a reçu moins d’attention en recherche ».

On sait aujourd'hui que la composition de la communauté bactérienne vaginale joue un rôle majeur dans le risque de transmission et de contraction des infections sexuelles, et que les lactobacilles ont un effet protecteur. À titre d'exemple, une étude du CAPRISA menée en 2016 avait démontré qu’une seule bactérie, Prevotella bivia, pouvait multiplier par 13 le risque de contracter le VIH, si elle représentait plus de 1 % des microbes présents dans le vagin.



 

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