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Le nombre de spermatozoïdes en chute libre

Par Marine Corniou - 31/07/2017
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C'est confirmé: le nombre de spermatozoïdes chez les hommes est en chute libre.

Ce qui était jusqu’ici une hypothèse avancée par plusieurs études vient d’être clairement montré par une méta-analyse regroupant 185 études effectuées entre 1973 et 2011.

La méta-analyse est publiée par des chercheurs de l'Université hébraïque de Jérusalem et de l’École de médecine du Mount Sinai dans la revue Human Reproduction Update.

Leurs conclusions sont sans appel : depuis 1973, la concentration en spermatozoïdes a baissé de 52,4%, et le nombre total de spermatozoïdes de 59,3%, chez les hommes nord-américains, européens, australiens et néo-zélandais. Aucun déclin significatif n’a été observé dans le reste du monde, mais il y a beaucoup moins d’études à l’appui.

L’hypothèse de ce déclin de la fertilité masculine n’est pas nouvelle, mais elle est sujette à débat depuis longtemps. En effet, les études montrant une supposée dégradation de la qualité du sperme s’appuient pour la plupart sur un petit nombre d’hommes, parfois sélectionnés car ils présentent des problèmes connus de fertilité, ou reposent sur des analyses rétrospectives, avec un manque d’homogénéité dans les mesures…

Cette première méta-analyse a justement tenu compte de ces biais en sélectionnant uniquement des études de qualité (185 études sur les 7518 présélectionnées).
Ce qui est d’autant plus inquiétant, c’est qu’aucun signe n’indique une stabilisation du déclin après 2011, qui semble se poursuivre de façon linéaire.

Une tendance inquiétante

Si la moyenne observée est passée de 99 millions de spermatozoïdes par millilitre de sperme en 1973 à 47 millions/mL en 2011, elle reste néanmoins dans la « normale » selon les critères de l’OMS. Mais les chercheurs n’en sont pas moins inquiets.

« Cette méta-analyse illustre le fait que la fonction reproductive masculine puisse être plus basse aujourd’hui, ce qui est étayé par une hausse de la fréquence des cancers du testicule et une demande accrue d'aide médicale à la reproduction dans le monde occidental », a commenté le Dr Martin Blomberg-Jensen, chercheur et endocrinologue au Righospitalet au Danemark, non impliqué dans l’étude.

« Ce déclin du nombre de spermatozoïdes implique que de plus en plus d’hommes ont des quantités de spermatozoïdes les plaçant dans les zones de sous-fertilité ou d’infertilité. La forte proportion d’hommes dans les pays occidentaux ayant une concentration spermatique inférieure à 40 million/ml est particulièrement inquiétante, compte tenu du fait qu’en-dessous de cette limite, la probabilité de conception diminue », notent les auteurs, appelant à davantage de recherche pour comprendre les causes de ce déclin.

Car on ignore encore ce qui détériore ainsi la fertilité masculine. Parmi les coupables possibles, les perturbateurs endocriniens sont fréquemment pointés du doigt, comme nous l’expliquait l’épidémiologiste Rémy Slama en entrevue.
 

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