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Les écrans pour les tout-petits: un danger?

Par Solène Jonveaux - 05/07/2017
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De plus en plus d’enfants exposés aux écrans présentent des troubles ressemblant à ceux du spectre de l’autisme. Le phénomène inquiète les médecins. 

Il s’agit de jeunes indifférents à toute tentative de communication, qui ne répondent pas à leur prénom ou répètent les questions au lieu d’y répondre. La plupart ont moins de quatre ans et regardent des écrans de six à douze heures par jour, d’après une vidéo de la docteure Anne-Lise Ducanda, médecin œuvrant pour les services de Protection maternelle et infantile (PMI) en France, qui a lancé l'alerte en mars 2017.

Une telle affirmation serait un brin alarmiste, selon la docteure Suzy Tomopoulos, médecin et professeure de psychologie à la faculté de médecine de l’université de New York. Elle rappelle que les troubles du spectre autistique impliquent des facteurs de risque génétiques importants, et qu’aucune étude n’établit de lien de cause à effet entre les écrans et l’autisme.

Cela dit, les écrans ne sont pas sans effet sur le développement infantile.

« Le téléphone intelligent dérange l’apprentissage de rituels que l’on tient un peu pour acquis: la capacité d’avoir une interaction, de savoir attendre son tour pour parler, de chercher le contact visuel et le maintenir», explique Caroline Fitzpatrick, professeure et chercheuse en psychologie à l'université Sainte-Anne en Nouvelle-Écosse.

C’est en effet en interagissant avec le monde en trois dimensions, les objets et les êtres humains, que l’enfant améliore ses compétences sociales.

 « De zéro à cinq ans, le cerveau traverse une période de maturation sans précédent. Des études démontrent que l’enfant ne développera pas correctement les capacités supérieures d’apprentissage comme le fonctionnement exécutif (savoir rester attentif, s’organiser, réagir de façon appropriée) s’il est trop en interaction avec un écran », explique Caroline Fitzpatrick.

Selon la chercheuse, aucune donnée scientifique ne prouve que les émissions éducatives aient un effet bénéfique pour les tout-petits. L’Académie américaine de pédiatrie a d’ailleurs recommandé en 2016 d’éviter les écrans pour les enfants  de moins de 18 mois, avec pour seule exception les appels vidéo.

Les enfants ne sont pas les seuls à surveiller! Les médecins de PMI dénoncent aussi les parents passant trop de temps face à leur téléphone, ce qui réduit tout autant les interactions avec les petits.

« Rien que la télévision allumée en permanence dans la pièce nuit à la concentration de l’enfant  et à la relation avec les parents», explique  la docteure Suzy Tomopoulos.

D’autre part, les écrans ne devraient jamais faire office de nounou pour les bambins qui affichent des troubles comportementaux. « Beaucoup de jeunes enfants au tempérament difficile seront placés devant un écran pour qu’ils se calment, mais cela entraîne encore moins d’interactions, cause des déficits de l’attention et un manque de sommeil. Cela aggrave donc le cas de certains d’entre eux », souligne la docteure Tomopoulos.

Photo: Steve Paine, flickr.com

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