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Naissance d'un kangourou

22/09/2017
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À quoi ressemble un kangourou nouveau-né? Ces images de la BBC, datant de 2009, sont impressionnantes.

Pour mieux comprendre la vidéo ci-dessous, il faut se rappeler que les kangourous font partie des marsupiaux, des mammifères que l'on trouve principalement en Australie et en Nouvelle-Guinée (les opossums du continent américain en font toutefois partie). Il existe environ 250 espèces de marsupiaux.

Leur particularité: le nouveau-né sort à un stade très précoce de développement (la plupart pèse alors moins de 0,01 % du poids de la mère). Il se développe ensuite dans la poche, ou marsupium.

Le mode de reproduction des kangourous a été décrit pour la première fois dans les années 1960 par des chercheurs australiens. Dépendamment des espèces, la période de gestation dure environ un mois et les nouveau-nés sont expulsés au stade d'embryon, ne pesant que 350 mg pour certains wallabies (dont l'espèce Macropus eugenii). L'embryon grimpe ensuite immédiatement dans la poche, où il se développera jusqu'à environ 8 mois en restant presque constamment accroché aux mamelles au cours des premières semaines.

Il quittera ensuite la poche, mais continuera à téter jusqu'à 12 mois.


 
34 millions de kangourous pour 23 millions d’Australiens

Le conflit est évident. La majorité des kangourous vivent là où les humains élèvent des concurrents écologiques, le mouton et le bœuf.
Alors, qu’est-ce qu’on fait?
On gère, bien sûr. C’est-à-dire que l’État autorise la chasse ou l’abattage (la «récolte») des kangourous, selon un système de quotas par régions. En mo­yen­ne, un peu plus de 3 millions de kangourous sont ainsi abattus chaque année sur les terres publiques. Cela génère une industrie importante, le commerce des peaux et de la viande – cette dernière, peu appréciée des Australiens, servant surtout à la fabrication de nourriture pour animaux. Sur les terres privées, la situation est plus confuse; on chasse aussi avec permis, mais, souvent, les éleveurs n’hésitent pas à abattre les roos qui, selon eux, perturbent leurs élevages.
Au milieu de tout cela, des chercheurs surveillent les populations, leur reproduction et leur dynamique. Ce n’est pas simple. Si on s’en tient aux kangourous au sens strict – donc sans compter les wallabys et les autres petits macropodidés –, la dernière statistique accessible fait état de 11,5 millions de «grands roux», Macropus rufus; de 16 millions de «gris de l’est», Macropus giganteus; de 4,3 millions de Wallaroos-euros, Macropus robustus; et de 2,3 millions de «gris de l’ouest», Macropus fuliginosus. Donc, quatre espèces différentes, vivant dans des habitats très variés.
Remarquons au passage que ces marsupiaux ont trouvé une solution géniale pour se déplacer. Stockée dans les muscles et les tendons des pattes arrière, leur force de propulsion est très efficace. Comparés aux mammifères placentaires de taille équivalente, ils ont besoin de moins d’énergie pour se déplacer, donc de moins de nourriture. Le revers de la médaille, c’est que ces herbivores ont un solide appétit. Et qu’ils apprécient l’herbe tendre des pâturages, dont ils franchissent allègrement les clôtures.
En toile de fond, il faut voir que l’Australie fait face au réchauffement climatique et que les sécheresses sont plus marquées qu’autrefois. Même s’ils sont très résistants, les kangourous en souffrent et certaines populations régionales sont en déclin. Mais pour le gouvernement fédéral, conduit par le «climato sceptique» Tony Abbott, il n’y a pas de quoi fouetter un chat; encore moins un kangourou.

Texte: Jean-Pierre Rogel, extrait de À la rescousse du bush australien.


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