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Nouvelles preuves de l'existence des geysers d'eau à la surface d'Europe

Par Marine Corniou - 14/05/2018
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Crédit: NASA

Lorsqu’on fouille dans les vieilles affaires, on trouve parfois des trésors. C’est aussi vrai en science: en analysant à nouveau des données recueillies il y a 20 ans par la sonde Galileo, le chercheur Xianzhe Jia, de l’université de Washington, a découvert des preuves convaincantes de l’existence de jets de vapeur d’eau sur Europe, une des lunes de Jupiter. Ses résultats ont été publiés dans Nature.

Couverte de glace, cette lune lointaine est considérée comme l’un des lieux potentiellement habitables du Système solaire. Le fait que de l’eau liquide puisse se trouver sous la surface et, à l’occasion, jaillir avec force vers l’extérieur, est sans aucun doute un atout supplémentaire pour abriter la vie!

L’idée qu’Europe puisse être le siège de «geysers» de vapeur d’eau n’est toutefois pas nouvelle. Des images prises par le télescope spatial Hubble en 2012 suggéraient la présence de gros jets s’élevant à 200 kilomètres au-dessus de la surface, dans une région d’Europe plus chaude que la moyenne. Mais la faible résolution des images laissait planer le doute...

Des jets d'eau puissants
Pour en savoir plus, l’équipe de Xianzhe Jia a regardé si Galileo, une sonde de la NASA qui a survolé plusieurs fois Europe entre 1995 et 2003, avait enregistré des données sur cette région. Bingo! Les chercheurs ont décelé des anomalies à quelques centaines de kilomètres au-dessus de la surface d'Europe, dans la région active repérée par Hubble. Pendant 3 minutes, le champ magnétique s'est «distordu», un phénomène qui n'avait pas été examiné ni expliqué il y a 20 ans.

«Lorsqu’un jet de vapeur s’élève vers l’espace, cela perturbe le champ magnétique et le plasma alentour», a démontré Xianzhe Jia pendant une conférence organisée par la NASA le 14 mai. C'est ce que l'on sait grâce aux données recueillies par la sonde Cassini: les geysers comme ceux qui trouent la surface glacée d’Encelade, une lune de Saturne, perturbent en effet le champ magnétique. Est-ce aussi le cas sur Europe?

« Nous avons testé différents modèles de jets de vapeur, en faisant varier la localisation, la taille, la densité. Et on a trouvé un modèle qui correspond à ce qu’on observe», a ajouté l’expert.

«Le matériel éjecté est probablement composé en grande partie de vapeur d’eau, qui est neutre. Mais il y a aussi des particules ionisées, donc chargées électriquement, qui peuvent modifier le champ magnétique et changer la densité des électrons», a expliqué Margaret Kivelson, professeure émérite de physique à l'université de Californie à Los Angeles, impliquée dans la mission Galileo et cosignataire de la nouvelle étude.

Cette découverte est d’autant plus intéressante qu’une mission de la NASA sera lancée en 2022 pour explorer Europe d’un peu plus près. Nommée Clipper, la sonde fera environ 44 survols de la lune à moins de 100 km de sa surface, descendant même jusqu’à 25 km. De quoi échantillonner le matériel éjecté par les geysers et mieux comprendre le fonctionnement de cette petite lune.

 

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