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Pandémie grippale: votre année de naissance peut vous sauver la vie

Par Marine Corniou - 16/11/2016
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Si une pandémie de grippe grave éclatait, feriez-vous partie des victimes ou des survivants ? Tout dépend de votre année de naissance… C’est ce que suggère une étude publiée dans Science par des chercheurs de l’université de l’Arizona.

Certes, présentés comme ça, leurs travaux ont l’air de prédictions d’oracle, mais ils reposent sur des faits scientifiques établis: les virus grippaux auxquels sont exposés les gens dans leur petite enfance façonnent leur système immunitaire à long terme.

Si bien que, selon le type de virus grippal contracté la première fois, certaines personnes seront plus ou moins résistantes à d’éventuels virus pandémiques émergents.

De nombreux virus de grippe peuvent infecter les humains au cours de leur vie : ils appartiennent à différents « sous-types », en fonction de la nature des protéines qui sont présentes à leur surface (hémagglutinine (H) en bleu sur l'image ci-dessus et neuraminidase (N) en rouge).
 
Petit rappel, selon le CDC : Il y a en tout 4 types de virus de la grippe: A, B, C et D.

Les virus de type A et B causent des épidémies saisonnières chez l’homme. Par exemple, actuellement, ce sont les sous-types A(H1N1) et A(H3N2) qui circulent. L’émergence d’un nouveau type de virus A pourrait causer une pandémie. Les virus de type C, quant à eux, ne causent pas d’épidémies et les virus de type D n’affectent que le bétail.

Les virus de type A sont divisés en plusieurs sous-types : il y a 18 types d’hémagglutinine (H1 à H18) et 11 types de neuraminidase (N1 à N11). On vous laisse combiner tout ça pour vous rendre compte de la diversité potentielle des virus grippaux !

Les chercheurs se sont concentrés sur deux souches d’origine aviaire, le H5N1 et le H7N9, qui sont reconnues pour leur potentiel pandémique, si elles venaient à muter.

En analysant les données issues des cas humains répertoriés (les fameuses grippes aviaires qui se sont propagées par contacts directs ou indirects avec des volailles contaminées), les chercheurs ont découvert que la première infection grippale vécue dans l’enfance (et elle seule) détermine le type de virus auquel un adulte sera sensible le reste de sa vie.

Il existe 18 types d’hémagglutinine, mais il est possible de les classer en deux grandes catégories. Si le système immunitaire a appris à reconnaître (et à se défendre) contre un type d’hémagglutinine, il sera aussi relativement efficace contre tous les virus portant des hémagglutinines appartenant à la même grande catégorie. En revanche, les virus de la seconde catégorie, eux, vous attaqueront plus sévèrement.

Ainsi, grâce à ces similitudes, même si une personne n’a jamais été exposée directement aux virus de type H5 ou H7, son système immunitaire peut être capable de les combattre efficacement.

Au cours du dernier siècle, seules les souches H1, H2 et H3 ont circulé chez l’humain. Cette nouvelle étude révèle qu’il existe une protection croisée entre les virus H1, H2 et H5 (aviaire), et une autre entre les souches de type H3 et H7 (avaire également).

Les personnes nées avant la fin des années 1960 ont été exposées aux souches H1 et H2 dans l’enfance. Si bien qu’elles ont moins de risque de succomber à la grippe H5N1 (c’est ce qui a été observé).

En revanche, celles qui sont nées après la fin des années 1960 et qui ont été exposées à la grippe H3 dans l’enfance sont protégées contre la grippe H7N9 mais risquent gros face aux virus de type H5.

Cette étude apporte un nouvel éclairage sur un phénomène observé depuis longtemps : certains groupes d’âge sont plus vulnérables face à certaines pandémies. Ainsi, en 1918, la grippe espagnole a surtout décimé les jeunes (lire notre reportage ici).


Image: NIAID


 

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