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Prédire la tournure d'un match de tennis avec son oreille

Par Maxime Bilodeau - 13/07/2017
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Avez-vous entendu Milos Raonic lors de sa défaite du 12 juillet contre Roger Federer, à Wimbledon? En théorie, les cris qu’il a poussés pendant son match étaient plus tonitruants que ceux du Suisse, rapporte une étude britannique.

« Aaaaah… » « Euhhhh… » Les cris poussés par les tennismen et les tenniswomen sont parfois bruyants, voire assourdissants. En 2008, les rugissements de la Russe Maria Sharapova (photo) ont été mesurés à 103,2 décibels sur les gazons anglais par le quotidien The Telegraph. C’est l’équivalent, semble-t-il, d’un petit avion qui atterrit!

Aussi dérangeante soit-elle, cette pratique nommée « grunting » (grognements) a récemment suscité l’attention de chercheurs en psychologie de l’université Sussex, en Grande-Bretagne. Leur étude publiée dans Animal Behaviour dresse un curieux constat : pour savoir le nom du vainqueur d’un match de tennis, il faut tendre l’oreille.

Crier à sa perte

Les scientifiques ont analysé l’enregistrement télévisuel de 50 joutes tennistiques de joueurs professionnels afin d’y mesurer l’intensité des cris émis lors des services, des revers et des coups droits. Puis, ces données ont été mises en relation avec la tournure des affrontements.

De manière générale, l’intensité des cris a augmenté tout au long des duels, et ce peu importe les performances des belligérants. Par contre, les grognements des perdants étaient sensiblement plus assourdissants que ceux des gagnants, une tendance confirmée de manière indépendante par des joueurs de tennis de niveau élite à qui l’on a fait entendre deux enregistrements sonores de cris (gagnant et perdant) d’un même joueur.

Selon les chercheurs, ce phénomène ne serait toutefois pas dû aux scores affichés sur le tableau indicateur, mais bien à des « facteurs physiologiques et psychologiques » présents bien avant le début des hostilités, comme la fatigue, la présence de blessures ou le classement mondial.

Une arme efficace

Ce n’est pas la première fois que la science se penche sur le cas des cris au tennis. En 2010, une étude de l’université d’Hawaii rapportait que hurler sur le court affecte négativement le temps de réaction et l’évaluation de la trajectoire de la balle de son adversaire. Autrement dit, crier serait une manière de déconcentrer.

En 2014, une équipe de l’université du Nebraska concluait que les cris améliorent la vélocité de la balle, mais n’affectent aucunement la sollicitation physique (consommation d’oxygène, fréquences cardiaques, etc.) ni la perception de la difficulté de l’effort. Autrement dit, crier serait à la fois efficace et nullement taxant!

Photo : Justin Smith/Wikimedia Commons

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