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85e congrès annuel de l’Acfas

Réparer les coeurs brisés

Par Joël Leblanc - 10/05/2017
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"Ça a été comme un coup de couteau dans le coeur..."

Il y a des ruptures amoureuses qui font plus mal que d'autres et qui peuvent laisser certaines personnes en détresse psychologique intense. Michelle Lonergan appelle ces évènements des blessures romantiques. "Chez ces gens, la détresse peut être très importante et produire des symptômes similaires à ceux du stress post-traumatique," explique l'étudiante au doctorat à l'Institut de santé mentale Douglas de l'Université McGill.

Comme les soldats qui reviennent du front, comme les victimes d'agression sexuelle, des gens peuvent être fortement traumatisés par une blessure romantique. "On parle ici de gens pour qui tout allait bien et dont la vie chavire soudainement parce que leur conjoint les quitte, est infidèle ou les trahit. Ils font des cauchemars, revivent les événements avec douleur, deviennent dépressifs..."

La chercheuse, sous la gouverne de son directeur Alain Brunet, a tenté de voir si les traitements qui fonctionnent avec les soldats ne fonctionneraient pas aussi chez les blessés du coeur. Une cohorte de 22 personnes, dont certaines sentimentalement blessées depuis une dizaine d'années, a donc suivi un traitement sous propranolol, une substance qui a fait ses preuves chez les militaires en état de stress post-traumatique.

Chez les personnes atteintes, un souvenir est stocké en mémoire avec une émotion intense. Lorsqu'on ravive ce souvenir, on ravive aussi l'émotion et le moment est aussi pénible que lorsque l'événement s'est produit. Puis le souvenir est remis en mémoire, toujours avec sa charge émotive. Et l'émotion ne baisse jamais en intensité.

"Mais lorsqu'on administre du propranolol une heure avant une séance de réactivation du souvenir, explique l'étudiante, celui-ci peut ensuite être reconsolidé avec une charge émotive amoindrie. Après quelques séances, un certain détachement apparaît et la personne peut se remémorer l'événement sans faire de crise."

Grâce aux travaux d'Alain Brunet, on savait depuis une décennie que cela pouvait régler les cas de stress post-traumatiques chez des militaires. Michelle Lonergan a démontré que cela fonctionnait aussi pour les graves peines d'amour. Après seulement six séances - et six doses de propranolol -, les cobayes ont observé une baisse significative de leurs symptômes traumatiques, quand une psychothérapie ou des antidépresseurs peuvent nécessiter un à deux ans pour arriver au même résultat.

Une voie rapide pour régler les grosses peines d'amour - sans chocolat !
 

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