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86e congrès de l'ACFAS

Surplus de poids et risque d'intimidation

Par Annie Labrecque - 09/05/2018
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Les jeunes du primaire subissent moins d’intimidation par rapport à leur surplus de poids que lorsqu’ils font leur entrée à l’école secondaire.

Le nombre de jeunes du primaire et du secondaire ayant un surplus de poids s’accentue dans la plupart des pays industrialisés. Ces enfants et adolescents avec des troubles alimentaires risquent de développer des problèmes de santé comme le diabète ou les maladies cardiovasculaires et sont malheureusement bien souvent victimes d’intimidation, surtout à l’école secondaire.

Pourquoi ce phénomène arrive-t-il plus fréquemment à cette période? «Il y a toute la question de l'adolescence et de la puberté qui survient à cet âge où le corps change beaucoup, surtout au début du secondaire, explique Annie Aimé, professeure en psychoéducation et psychologie à l’Université du Québec en Outaouais (UQO). Les jeunes vont donner plus d’importance à l’apparence. C’est à ce moment qu’il peut y avoir de l’intimidation face à ceux qui ne correspondent pas aux critères ou à la norme considérée comme désirable.»

L’étude d’Annie Aimé, qui dressera le portrait de l’intimidation et le surplus de poids chez les jeunes du primaire, est en cours. Mais elle peut déjà observer que le phénomène est moins répandu parmi les élèves de 5e et 6e année du primaire que chez les plus vieux.

«Selon notre hypothèse, c'est moins prévalent au primaire. À mon avis, il y a plus de stratégies mises en place à l'école primaire qu’à l’école secondaire. La surveillance et l’encadrement des jeunes font en sorte que le phénomène est mieux contrôlé» , croit la chercheuse. C'est du moins ce qui semble émerger de la trentaine d’entrevues avec des enseignants et des professionnels de l’éducation que son équipe a réalisées. Les résultats finaux devraient être disponibles en 2019.

Agir le plus tôt possible 
D’après la chercheuse de l’UQO, ignorer l’attaque d’un intimidateur n’est pas nécessairement la meilleure stratégie à adopter. «L’intimidateur peut revenir à la charge. En aidant à dénoncer ou à nommer ce geste et à y répondre, les adultes peuvent stimuler une prise de conscience chez le jeune intimidateur. Car bien souvent, en interrogeant les enfants, on a remarqué qu’ils connaissent la définition de l’intimidation, mais qu’ils ne sont pas toujours conscients qu’ils en font parfois eux aussi.»

Les élèves du primaire qu’elle a rencontrés disent avoir besoin de se sentir entourés lorsqu’ils font face à ce type d’agression. «Pour la jeune victime, le réseau social d’amis et de parents est important», souligne Annie Aimé.

Bien que les jeunes soient sensibilisés assez tôt au phénomène d’intimidation, la chercheuse souhaite mettre en place un guide de recommandations qui pourrait être appliqué dès le primaire, ce qui permettrait d'agir le plus tôt possible pour outiller les jeunes élèves.

La professeure de l'UQO présentera ses recherches ce jeudi, lors du congrès de l'ACFAS.

Photo: Pixabay

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