Environnement
Ça va chauffer
Le verdict est sans équivoque: un groupe international d’experts tient l’être humain responsable des changements climatiques.
par Olivier Rey
Le 5 février 2007 – Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), mis en place par l’ONU, a rendu public le 2 février la première partie de son rapport aussi craint qu’attendu. «Ce quatrième rapport est sans précédent par la force de ses affirmations et le détail des changements climatiques appréhendés», explique René Laprise, le seul Québécois à avoir participé à son élaboration. Selon ce professeur au département des sciences de la Terre et de l’atmosphère et directeur du Centre pour l'étude et la simulation du climat à l'échelle régionale, à l’UQAM, cette nouvelle mouture confirme et renforce les affirmations des rapports précédents (le dernier datant de 2001) et innove sous deux aspects importants: «on y fournit davantage d’information à l’échelle régionale et on y quantifie le degré de confiance et la probabilité associés à chaque affirmation».
Autrement dit, le rapport du GIEC enfonce le clou: nous sommes en train de vivre un véritable changement climatique et les activités humaines en sont responsables, à cause principalement des émissions de gaz à effet de serre qui ne cessent d’augmenter. Les experts du GIEC en sont sûrs à 90%.
René Laprise, chargé de rédiger les données relatives à l’Amérique du Nord, est bien au fait de ce qui attend le Québec dans les prochaines décennies. «Il faut s’attendre à un réchauffement annuel moyen de 3 à 4 °C, indique-t-il. Mais dans les régions de l’extrême nord, cela pourrait aller jusqu’à 10 degrés en hiver! Les précipitations seront également à la hausse de 10 à 30% avec, là encore, une augmentation plus grande dans le nord. On aura également droit à des tempêtes plus intenses, à des canicules plus fréquentes en été, à une réduction de la durée de la saison neigeuse mais à des chutes de neige plus importantes à chaque tempête, à une diminution de l’épaisseur de neige au sol sur la presque totalité du territoire – sauf dans les régions de l’extrême nord, où une augmentation est probable – et, enfin, à une disparition partielle ou totale du pergélisol.»
Le rapport du GIEC représente une autorité incontournable sur laquelle s’appuient les gouvernements. Le protocole de Kyoto, par exemple, a été constitué à partir du rapport de 1995. Mais quelles que soient les décisions politiques qui seront prises, les dés sont en quelque sorte jetés, estime le chercheur. Même une réduction importante des émissions de gaz à effet de serre ne permettrait pas d’éviter complètement les changements climatiques attendus, à cause de la grande inertie que l’océan confère au climat.
«Le système climatique pourrait prendre jusqu'à 50 ans ou même plus avant de se rétablir à son état naturel, une fois les émissions contrôlées, souligne-t-il. En somme, que des mesures de contrôle sévères soient mises en place ou non, des stratégies d'adaptation s’imposeront dans les prochaines années pour, d’une part, réduire la vulnérabilité et atténuer les conséquences néfastes des changements appréhendés, mais aussi profiter des occasions favorables qui y seront associées.»
par Olivier Rey
Le 5 février 2007 – Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), mis en place par l’ONU, a rendu public le 2 février la première partie de son rapport aussi craint qu’attendu. «Ce quatrième rapport est sans précédent par la force de ses affirmations et le détail des changements climatiques appréhendés», explique René Laprise, le seul Québécois à avoir participé à son élaboration. Selon ce professeur au département des sciences de la Terre et de l’atmosphère et directeur du Centre pour l'étude et la simulation du climat à l'échelle régionale, à l’UQAM, cette nouvelle mouture confirme et renforce les affirmations des rapports précédents (le dernier datant de 2001) et innove sous deux aspects importants: «on y fournit davantage d’information à l’échelle régionale et on y quantifie le degré de confiance et la probabilité associés à chaque affirmation».
Autrement dit, le rapport du GIEC enfonce le clou: nous sommes en train de vivre un véritable changement climatique et les activités humaines en sont responsables, à cause principalement des émissions de gaz à effet de serre qui ne cessent d’augmenter. Les experts du GIEC en sont sûrs à 90%.
René Laprise, chargé de rédiger les données relatives à l’Amérique du Nord, est bien au fait de ce qui attend le Québec dans les prochaines décennies. «Il faut s’attendre à un réchauffement annuel moyen de 3 à 4 °C, indique-t-il. Mais dans les régions de l’extrême nord, cela pourrait aller jusqu’à 10 degrés en hiver! Les précipitations seront également à la hausse de 10 à 30% avec, là encore, une augmentation plus grande dans le nord. On aura également droit à des tempêtes plus intenses, à des canicules plus fréquentes en été, à une réduction de la durée de la saison neigeuse mais à des chutes de neige plus importantes à chaque tempête, à une diminution de l’épaisseur de neige au sol sur la presque totalité du territoire – sauf dans les régions de l’extrême nord, où une augmentation est probable – et, enfin, à une disparition partielle ou totale du pergélisol.»
Le rapport du GIEC représente une autorité incontournable sur laquelle s’appuient les gouvernements. Le protocole de Kyoto, par exemple, a été constitué à partir du rapport de 1995. Mais quelles que soient les décisions politiques qui seront prises, les dés sont en quelque sorte jetés, estime le chercheur. Même une réduction importante des émissions de gaz à effet de serre ne permettrait pas d’éviter complètement les changements climatiques attendus, à cause de la grande inertie que l’océan confère au climat.
«Le système climatique pourrait prendre jusqu'à 50 ans ou même plus avant de se rétablir à son état naturel, une fois les émissions contrôlées, souligne-t-il. En somme, que des mesures de contrôle sévères soient mises en place ou non, des stratégies d'adaptation s’imposeront dans les prochaines années pour, d’une part, réduire la vulnérabilité et atténuer les conséquences néfastes des changements appréhendés, mais aussi profiter des occasions favorables qui y seront associées.»