Espace

De l'eau d'ailleurs

On a décelé de l’eau sur une exoplanète. Y aurait-il de la vie en dehors de notre système solaire?

par Olivier Rey

Le 25 avril 2007 – Enfin! On a trouvé de l’eau sur une des quelque 218 planètes extra-solaires recensées jusqu’à maintenant. Plus exactement sur l’astre HD209458b, à «seulement» 150 années-lumière de la Terre.

Pour prouver que son atmosphère contenait de la vapeur d’eau, Travis Barman, de l’observatoire Lowell en Arizona, s’est servi d’une méthode originale. Il a utilisé des observations de la planète effectuées par le télescope spatial Hubble il y a quelques années. Il a entré ces données dans des modèles informatiques de composition atmosphérique. L’ordinateur est formel: l’atmosphère de HD209458b contient effectivement de l’eau.

«Les résultats de Travis Barman vont nous permettre de faire progresser nos connaissances sur des astres comme celui-ci, mais également sur les autres, y compris les planètes rocheuses comme la Terre», estime Malcolm Fridlund, responsable scientifique de l’Agence spatiale européenne (ESA) qui a lancé en décembre dernier le télescope spatial Corot, chargé, entre autres, de partir à la chasse aux exoplanètes.

Jusqu’à maintenant, les planètes découvertes hors de notre système solaire ont été détectées uniquement parce qu’il s’agissait de spécimens costauds, des géantes gazeuses du type de Jupiter. HD209458b est aussi très grosse, mais elle a beau être énorme, elle n’a pas été observée directement. Même Hubble n’a pas l’œil assez aiguisé pour voir un objet aussi lointain qui n’émet pas de lumière.

Toutefois, l’astre a une particularité précieuse pour les scientifiques. Tous les trois jours et demi, elle passe exactement devant son étoile, vue de la Terre bien entendu. Chaque fois, la lumière provenant de son soleil est filtrée par son atmosphère, donnant ainsi de précieuses informations sur celle-ci. «Une dizaine d’autres planètes ont cette position relative par rapport à la Terre, indique Malcolm Fridlund. La méthode employée par Travis Barman pourrait tout à fait s’y appliquer pour y trouver des traces d’eau.»

La découverte d’eau sur une autre planète annonce-t-elle la présence de la vie? Pas vraiment. En fait, il ne s’agit que de vapeur d’eau dans une atmosphère à plus de 1000°C, c’est-à-dire dans des conditions où ne peut s’épanouir une forme de vie telle que nous la connaissons.

Pour Malcolm Fridlund, le travail du chercheur américain marque cependant une étape importante dans la connaissance des planètes extrasolaires. «Les avancées suivantes seront certainement fournies par Corot, précise-t-il. Déjà, les résultats sont prometteurs. Nous aurons sans doute la possibilité de découvrir de nombreuses autres planètes et pas seulement des géantes gazeuses mais aussi des planètes rocheuses comme la Terre, Mars ou Vénus.»

C’est tout un autre monde qui s’ouvrira alors aux astronomes...
 
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