Espace

Découverte de taille

La plus grosse planète observée à ce jour est plus énorme encore que Jupiter, mais moins massive!

par Thomas Gervais

Le 27 août 2007 – Elle s’appelle TrES-4. Son diamètre est 70% supérieur à celui de Jupiter, la plus grosse planète de notre système solaire. Mais TrES-4 est moins massive! Récemment découverte par des chercheurs de l’Observatoire Lowell, en Arizona, cette exoplanète gravite autour d’une étoile de la constellation d’Hercule, à 1400 années-lumière de la Terre.

«C’est une gigantesque surprise, dit Andrew Cumming, professeur d’astrophysique à l’Université McGill. Il s’agit de la planète la plus volumineuse jamais découverte dans l’Univers.» TrES-4 n’a d’ailleurs pas fini de surprendre. Malgré sa taille herculéenne, la géante possède une densité d’à peine 0,2 g par centimètre cube: c’est cinq fois moins que celle de l’eau. Dans un océan assez grand pour la contenir, elle flotterait! Elle orbite aussi à une vitesse vertigineuse, tout près de son soleil. Ainsi, une année sur TrES-4 dure moins de quatre jours terrestres et la température de la planète avoisine les 1350ºC. Avec une telle proximité, plusieurs chercheurs soupçonnent qu’elle perd progressivement de son enveloppe gazeuse au profit de son soleil, à cause de la forte attraction gravitationnelle qu’elle subit.

Il y a 10 ans à peine, toutes ces informations auraient échappé aux chercheurs, précise Andrew Cumming. Mais les chercheurs de l’Université Lowell ont utilisé une toute nouvelle méthode pour détecter ces corps célestes… minuscules à l’échelle astronomique. Ils ont observé la lumière émise par l’étoile au moment où la planète passait devant: comme TrES-4 est très grosse et très proche de son soleil, l’effet d’éclipse est assez important pour être détecté. La taille de l’exoplanète peut donc être mesurée directement.

Les astrophysiciens vont en avoir plein les bras avec cette découverte. Déjà, ils ne s’expliquaient pas comment des planètes 40% plus grosses que Jupiter et de densité aussi faible pouvaient se former. «Nous sommes maintenant face à une planète qui est 70% plus grosse, ce qui remet encore davantage nos modèles en question», lance avec enthousiasme Andrew Cumming, un théoricien qui se spécialise dans la physique des planètes extrasolaires.

Seulement quelque 200 exoplanètes ont été observées depuis la toute première, en 1992. Ce nombre risque de croître à une vitesse fulgurante, tout comme les informations qu’on arrivera à en extirper, insiste le chercheur. Et le meilleur reste à venir: le lancement du satellite Kepler, prévu pour février 2009, devrait améliorer rapidement notre connaissance des exoplanètes. Avec son puissant télescope, Kepler sondera des dizaines de milliers d’étoiles à la recherche de nos mystérieuses cousines qui, tout comme la Terre, pourraient bien abriter la vie.
 
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