Espace
Le cerveau en apesanteur
Serions-nous plus maladroits, plus étourdis ou carrément moins intelligents dans l’espace?
par Thomas Gervais
Le 26 mars 2007 – Des os qui perdent de leur solidité, des muscles qui s’atrophient, un corps qui s’expose aux affres du rayonnement cosmique: c’est bien connu, les astronautes qui séjournent à la Station spatiale internationale souffrent d’une pléthore de difficultés physiques. Mais qu’en est-il du fonctionnement du cerveau? Sommes-nous plus maladroits, plus étourdis ou carrément moins intelligents dans l’espace?
Depuis le projet Neurolab, qui a mobilisé la Station spatiale pendant plus de deux semaines en 1998, les neuroscientifiques sont plus à même de répondre à ces questions. «La gravité joue un rôle important dans tous les phénomènes physiques et biologiques, et les neurones ne font pas exception», explique Luchino Cohen, spécialiste des sciences de la vie à l’Agence spatiale canadienne, qui se prononçait récemment sur le sujet à l’occasion d’une conférence au Planétarium de Montréal.
Par exemple, un simple test du réflexe rotulien – qu’on effectue avec un martelet de caoutchouc − démontre que les astronautes ont une réponse nerveuse environ 30% plus lente en orbite que sur Terre. En fait, les voyageurs spatiaux semblent temporairement atteints d’une affliction semblable à la maladie de Lou Gehrig, qui attaque tant les cellules nerveuses du cerveau que la colonne vertébrale, selon des expériences commandées par le professeur Douglas Watt, de l’Université McGill. Des tests sur des rats ont par ailleurs confirmé que l’apesanteur nuit au développement des neurones, commente le docteur Cohen.
Mais malgré les difficultés neurologiques dont souffrent les astronautes, aucune des facultés mentales, telles l’intelligence, le jugement ou la mémoire, ne semble affectée durant les séjours spatiaux. Tout porte à croire que, moyennant une bonne période d’adaptation, l’être humain pourrait vivre toute sa vie en l’absence de gravité, avance le docteur Cohen.
Bonne nouvelle pour les planificateurs de la première expédition sur la planète Mars, située à près de sept mois de voyage spatial de la Terre.
par Thomas Gervais
Le 26 mars 2007 – Des os qui perdent de leur solidité, des muscles qui s’atrophient, un corps qui s’expose aux affres du rayonnement cosmique: c’est bien connu, les astronautes qui séjournent à la Station spatiale internationale souffrent d’une pléthore de difficultés physiques. Mais qu’en est-il du fonctionnement du cerveau? Sommes-nous plus maladroits, plus étourdis ou carrément moins intelligents dans l’espace?
Depuis le projet Neurolab, qui a mobilisé la Station spatiale pendant plus de deux semaines en 1998, les neuroscientifiques sont plus à même de répondre à ces questions. «La gravité joue un rôle important dans tous les phénomènes physiques et biologiques, et les neurones ne font pas exception», explique Luchino Cohen, spécialiste des sciences de la vie à l’Agence spatiale canadienne, qui se prononçait récemment sur le sujet à l’occasion d’une conférence au Planétarium de Montréal.
Par exemple, un simple test du réflexe rotulien – qu’on effectue avec un martelet de caoutchouc − démontre que les astronautes ont une réponse nerveuse environ 30% plus lente en orbite que sur Terre. En fait, les voyageurs spatiaux semblent temporairement atteints d’une affliction semblable à la maladie de Lou Gehrig, qui attaque tant les cellules nerveuses du cerveau que la colonne vertébrale, selon des expériences commandées par le professeur Douglas Watt, de l’Université McGill. Des tests sur des rats ont par ailleurs confirmé que l’apesanteur nuit au développement des neurones, commente le docteur Cohen.
Mais malgré les difficultés neurologiques dont souffrent les astronautes, aucune des facultés mentales, telles l’intelligence, le jugement ou la mémoire, ne semble affectée durant les séjours spatiaux. Tout porte à croire que, moyennant une bonne période d’adaptation, l’être humain pourrait vivre toute sa vie en l’absence de gravité, avance le docteur Cohen.
Bonne nouvelle pour les planificateurs de la première expédition sur la planète Mars, située à près de sept mois de voyage spatial de la Terre.