Espace

Mars sera passée au peigne fin

Partie préparer l’arrivée éventuelle des astronautes, la sonde Mars Reconnaissance Orbiter a réussi sa mise en orbite autour de la planète rouge.

par Joël Leblanc

Le 15 mars 2006 – Une nouvelle venue vient de se joindre à la famille de sondes et de satellites artificiels qui gravitent déjà autour de la planète rouge.

Mars Reconnaissance Orbiter, une sonde de deux tonnes conçue pour évoluer sur une orbite très basse, examinera notre voisine avec une précision inégalée. Elle fournira aux chercheurs du monde entier plus de données que toutes les autres missions martiennes réunies.

Lancée par la NASA en août 2005, la sonde a réussi, le 10 mars dernier, sa manœuvre de mise en orbite autour de Mars. Elle a retourné son propulseur principal vers l'avant et l'a allumé durant 27 minutes pour ralentir sa course, passant d’une vitesse de 5000 m/s à 4000 m/s. Ce faisant, l’engin a pu être agrippé par la gravité martienne et entrer en orbite.

«Ç’a été un moment très stressant, raconte Richard Zurek, l'un des scientifiques chargés du projet au Jet Propulsion Laboratory de Pasadena, en Californie. Pendant une demi-heure, la sonde s'est retrouvée derrière Mars et la communication radio a été interrompue. Nous avons su que la procédure avait réussi seulement lorsque le vaisseau a émergé de l'autre côté de la planète.»

Mais le travail est loin d’être terminé. Au cours des six prochains mois, les responsables de la mission vont réajuster la trajectoire de la sonde.

L’engin, qui décrit actuellement une grande ellipse autour de Mars, passera à une orbite quasi-circulaire. Il fera alors le tour de la planète en 112 minutes, à une altitude variant entre 255 et 320 kilomètres, ce qui l’amènera plus près de la surface que tout autre orbiteur martien à ce jour.

Pour accomplir cette manœuvre, Mars Reconnaissance Orbiter mettra à profit la résistance de l'atmosphère martienne en y plongeant quelques centaines de fois, pour se ralentir par «aérofreinage».

En novembre prochain, une fois son orbite stabilisée, la sonde commencera à explorer Mars sous toutes ses coutures grâce à des instruments de pointe.

On photographiera des détails plus petits qu’une voiture sur la surface de la planète; on surveillera toutes les strates de l'atmosphère pour détecter les variations de température, d'humidité, et les poussières en suspension; on cherchera des minéraux dus à la présence d'eau, actuelle ou passée; on auscultera les couches d'eau et de roche souterraines.

Les observations seront en effet surtout axées sur l’eau, qu’elle soit solide, liquide ou gazeuse. «On cherche à savoir si il y en a déjà eu sur Mars mais, surtout, où elle se trouve maintenant, résume Richard Zurek. Ces informations nous permettront de déterminer si la vie y a été possible.»

Mars Reconnaissance Orbiter
prépare aussi, en quelque sorte, l'arrivée de l'homme sur Mars, continue Richard Zurek. Comme son nom l'indique, elle est partie là-bas en éclaireuse, et, dans quelques années, ses observations détermineront les sites les plus propices à l’atterrissage d'éventuels astronautes.

En attendant, en plus de ses propres investigations, la sonde servira de relais radio pour de futures missions, qui lui enverront des données à partir du sol martien. Phoenix Mars Scout, une sonde polaire, doit s’y poser en 2008, alors que Mars Science Laboratory, un super véhicule robotisé, sera lancé l’année suivante.

Les Martiens attendent de la visite, beaucoup de visite!
 
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