Espace
Stardust: comment attraper des poussières de comète
Stardust a frôlé la comète Wild 2 il y a tout juste deux ans: une rencontre périlleuse au service de la science.
par Joël Leblanc
Le 13 janvier 2006 – Il y a près de sept ans, Stardust partait à la rencontre de la comète Wild 2 pour aller cueillir quelques-unes de ses précieuses particules. Pourquoi Wild 2? Arrivée tout récemment à proximité du Soleil, cette comète est encore plus particulière que ses consœurs. Elle gravitait autrefois au-delà de Jupiter, à l’abri des effets délétères de la chaleur: elle était donc demeurée congelée et inchangée depuis sa formation, aux premiers jours de notre système solaire.
Amenée dans le voisinage par la force gravitationnelle de Jupiter il y a une trentaine d’années, Wild 2 fait maintenant le tour du Soleil environ tous les six ans. Et lorsqu'elle s'en approche suffisamment, sa longue chevelure brillante apparaît: des gaz et des poussières qui s’échappent de la surface sous l’effet de la chaleur, altérant du même coup la composition de la comète. Mais Wild 2 est passée tout juste cinq fois dans les chaleureux parages du Soleil. Contrairement à la célèbre comète de Halley, qui a pâti de plus de 100 passages à proximité du Soleil, Wild 2 garde encore en elle la matière primitive qui intéresse tant les astronomes.
Le 2 janvier 2004, à 14h40, la valeureuse Stardust a croisé son destin après un parcours de près de trois milliards et demi de kilomètres. Avant de pénétrer la chevelure de la comète, elle a déployé son collecteur, un treillis d'aluminium en forme de raquette de tennis, d'une surface d'environ un mètre carré. Chaque interstice du treillis est rempli d’une substance révolutionnaire: l'aérogel, une mousse de verre presque aussi légère que l’air. C’est dans cette matière microporeuse que les fragiles particules de comète ont pu s'incruster sans trop s'endommager. Car elles fonçaient à toute allure: six fois plus vite qu’une balle de fusil! Dans toute autre substance, elles auraient été pulvérisées.
«La traversée du nuage a été mouvementée, se souvient Don Brownlee, chercheur principal du projet et professeur d’astronomie à l'Université de Washington, à Seattle. La comète a dépassé Stardust à une vitesse relative de 22 000 km/h! Au cœur de la queue, malmenée par les turbulences et les impacts avec des particules, la sonde a dû constamment utiliser ses petits réacteurs pour maintenir sa trajectoire.» Imaginez qu’un camion vous dépasse sur la voie rapide de l'autoroute par une nuit de neige fondante...
«La comète est entourée d'un nuage de gaz et de particules qui nous empêchait de la voir et de connaître sa position exacte, poursuit le chercheur. Le risque de collision entre Stardust et Wild 2 était élevé. Mais l’expérience a été un grand succès.»
Et le périlleux moment en a valu la peine: Stardust a non seulement attrapé de la poussière de comète, mais ses caméras de navigation ont pris des dizaines de clichés du noyau de Wild 2, qu'elle a survolé à une distance de 240 kilomètres. Ce sont les meilleures images jamais obtenues d'une comète active. Grâce à ces photos, on sait maintenant que la surface de Wild 2 est rocheuse et que des jets de gaz s'en échappent par plusieurs points précis. Au cours de son orageuse traversée, la sonde n'a donc pas croisé qu’une seule queue, mais bien une dizaine!
Stardust a même envoyé sur Terre un premier aperçu de la composition des gaz qui se dégagent de Wild 2: de la matière organique, surtout, mais aussi de l'eau, du monoxyde de carbone, des composés riches en azote et un peu de soufre. Les chercheurs de la Nasa ont de quoi trépigner d’impatience…
par Joël Leblanc
Le 13 janvier 2006 – Il y a près de sept ans, Stardust partait à la rencontre de la comète Wild 2 pour aller cueillir quelques-unes de ses précieuses particules. Pourquoi Wild 2? Arrivée tout récemment à proximité du Soleil, cette comète est encore plus particulière que ses consœurs. Elle gravitait autrefois au-delà de Jupiter, à l’abri des effets délétères de la chaleur: elle était donc demeurée congelée et inchangée depuis sa formation, aux premiers jours de notre système solaire.
Amenée dans le voisinage par la force gravitationnelle de Jupiter il y a une trentaine d’années, Wild 2 fait maintenant le tour du Soleil environ tous les six ans. Et lorsqu'elle s'en approche suffisamment, sa longue chevelure brillante apparaît: des gaz et des poussières qui s’échappent de la surface sous l’effet de la chaleur, altérant du même coup la composition de la comète. Mais Wild 2 est passée tout juste cinq fois dans les chaleureux parages du Soleil. Contrairement à la célèbre comète de Halley, qui a pâti de plus de 100 passages à proximité du Soleil, Wild 2 garde encore en elle la matière primitive qui intéresse tant les astronomes.
Le 2 janvier 2004, à 14h40, la valeureuse Stardust a croisé son destin après un parcours de près de trois milliards et demi de kilomètres. Avant de pénétrer la chevelure de la comète, elle a déployé son collecteur, un treillis d'aluminium en forme de raquette de tennis, d'une surface d'environ un mètre carré. Chaque interstice du treillis est rempli d’une substance révolutionnaire: l'aérogel, une mousse de verre presque aussi légère que l’air. C’est dans cette matière microporeuse que les fragiles particules de comète ont pu s'incruster sans trop s'endommager. Car elles fonçaient à toute allure: six fois plus vite qu’une balle de fusil! Dans toute autre substance, elles auraient été pulvérisées.
«La traversée du nuage a été mouvementée, se souvient Don Brownlee, chercheur principal du projet et professeur d’astronomie à l'Université de Washington, à Seattle. La comète a dépassé Stardust à une vitesse relative de 22 000 km/h! Au cœur de la queue, malmenée par les turbulences et les impacts avec des particules, la sonde a dû constamment utiliser ses petits réacteurs pour maintenir sa trajectoire.» Imaginez qu’un camion vous dépasse sur la voie rapide de l'autoroute par une nuit de neige fondante...
«La comète est entourée d'un nuage de gaz et de particules qui nous empêchait de la voir et de connaître sa position exacte, poursuit le chercheur. Le risque de collision entre Stardust et Wild 2 était élevé. Mais l’expérience a été un grand succès.»
Et le périlleux moment en a valu la peine: Stardust a non seulement attrapé de la poussière de comète, mais ses caméras de navigation ont pris des dizaines de clichés du noyau de Wild 2, qu'elle a survolé à une distance de 240 kilomètres. Ce sont les meilleures images jamais obtenues d'une comète active. Grâce à ces photos, on sait maintenant que la surface de Wild 2 est rocheuse et que des jets de gaz s'en échappent par plusieurs points précis. Au cours de son orageuse traversée, la sonde n'a donc pas croisé qu’une seule queue, mais bien une dizaine!
Stardust a même envoyé sur Terre un premier aperçu de la composition des gaz qui se dégagent de Wild 2: de la matière organique, surtout, mais aussi de l'eau, du monoxyde de carbone, des composés riches en azote et un peu de soufre. Les chercheurs de la Nasa ont de quoi trépigner d’impatience…