La suite du dossier:


Espace

Stardust: Mission accomplie

La capsule de la sonde Stardust a touché terre en parfait état, avec à son bord les premières poussières de comète jamais recueillies dans l’espace.

par Joël Leblanc

Le 16 janvier 2006 – Après dix ans de préparation, sept ans de vol et plus de quatre milliards et demi de kilomètres parcourus, la mission Stardust s'est conclue tôt dimanche matin par l’atterrissage en douceur de la capsule. Larguée par la sonde-mère, qui, elle, finira ses jours en orbite autour du Soleil, la capsule a rapporté sur Terre une cargaison sans précédent: des particules de comète. Place à la recherche maintenant, pour encore dix ans!

C'est à 5h10 (heure du Québec) que l'engin métallique a touché le sol du désert de l'Utah, après une descente de 13 minutes dans l'atmosphère à une vitesse initiale de 46 000 km/h – jamais un objet de fabrication humaine n’était entré aussi rapidement dans l’atmosphère. Jusqu’à ce que le parachute principal de la capsule se déploie, à 5h05, la tension était à son comble au Jet Propulsion Laboratory de la Nasa, à Pasadena, en Californie. Tous avaient en mémoire l'arrivée plutôt brutale de la sonde Genesis, il y a un an et demi, qui rapportait des particules de vent solaire: son parachute ne s'était pas ouvert, et la capsule s'était aplatie au sol à une vitesse de 311 km/h.

Cette fois-ci, pas d’égratignure. Rivés à leurs écrans, les chercheurs ont suivi la trajectoire nocturne de la capsule au-dessus de la Californie, du Nevada et de l'Utah à l’aide de caméras infrarouges. «Pendant au moins 30 secondes, nous avons pu voir à l’œil nu la traînée lumineuse que l’objet a laissée derrière lui, a déclaré avec émotion l’astronome Don Brownlee, chercheur principal du projet, lors d’une conférence de presse. Une mission vers une comète s’est terminée en créant une comète…»

Moins d’une heure après l'atterrissage, la précieuse capsule a été retrouvée en parfait état, à peine noircie par la surchauffe dans l'atmosphère. Transportée par hélicoptère dans la chambre stérile d'un laboratoire militaire de Dugway, en Utah, l’engin sera livré sous peu au Johnson Space Center de Houston, au Texas, où elle révèlera tous ses secrets. Les particules recueillies dans le sillage de la comète Wild 2, vieilles de plusieurs milliards d’années, pourraient éclaircir les origines du système solaire, et peut-être même celles de la vie sur Terre.
 
.