Espace
Une oasis dans le cosmos
Pour la deuxième fois en quelques mois, on a découvert de la vapeur d’eau en dehors du système solaire.
par Thomas Gervais
Le 5 septembre 2007 – Des traces d’eau en dehors du système solaire! Il y a quelques mois, on en détectait pour la première fois dans l’atmosphère d’une exoplanète («De l’eau d’ailleurs»). Cette fois, on a découvert les précieuses molécules de H2O dans un amas gazeux qui doit ressembler à notre système solaire au moment de sa formation, il y a près de cinq milliards d’années. Il y aurait là assez de vapeur d’eau pour remplir tous les océans de la Terre!
«C’est la première fois que nous observons de l’eau "livrée" dans une étoile naissante», explique Dan Watson, astrophysicien à l’Université de Rochester, dans l’État de New York, qui vient de publier ses résultats dans la revue Nature.
Âgé d’à peine quelques milliers d’années, cet embryon d’étoile (baptisé «NGC-1333-IRAS 4B») est un nuage de gaz et de particules s’effondrant peu à peu sur lui-même sous l’effet de sa propre gravité. En se rapprochant les unes des autres, les molécules gagnent en vitesse, s’entrechoquent et libèrent un rayonnement qui a pu être détecté par le télescope spatial Spitzer. Chaque type de molécule émet à des longueurs d’ondes qui lui sont propres. Dan Watson et ses collègues ont été étonnés de reconnaître la signature de molécules d’eau, grâce au puissant spectroscope infrarouge de Spitzer. Des 30 étoiles en formation qu’ils ont ainsi étudiées, NGC-1333-IRAS 4B est la seule qui semble posséder de telles réserves aqueuses.
Ces réserves seraient pourtant courantes dans les systèmes stellaires en formation, estime le chercheur. Elles sont seulement difficiles à observer. Lors de la genèse de systèmes solaires comme le nôtre, les particules ont tendance à s’agglomérer sur un même plan, formant un disque «d’accrétion». C’est de ce disque en rotation que naîtront l’étoile mère et les planètes qui graviteront autour. «Dans le cas de NGC-1333-IRAS 4B, son orientation était telle que, de la Terre, on regardait directement dans l’axe de rotation du disque», explique Dan Watson. Le chercheur et son équipe ont ainsi pu sonder jusqu’au cœur de ce tourbillon cosmique et y découvrir ces importantes quantités d’eau sous forme gazeuse.
Dans la vie d’une étoile, l’enfance, telle qu’observée par Dan Watson, se déroule très rapidement. En moins de 100 000 ans, précise-t-il, le disque d’accrétion acquiert l’extrême densité qui lui permettra d’amorcer une réaction thermonucléaire – celle qui la fera briller de tous ses feux et entrer dans l’âge adulte. À ce moment, il fera ou bien trop chaud, ou bien trop froid dans le nuage de NGC-1333-IRAS 4B pour que l’eau survive sous forme gazeuse. Sauf bien sûr si une petite planète rocailleuse comme la Terre se forme juste à la bonne distance de son étoile… Il faudra cependant attendre encore quelques millions d’années pour en avoir le cœur net.
par Thomas Gervais
Le 5 septembre 2007 – Des traces d’eau en dehors du système solaire! Il y a quelques mois, on en détectait pour la première fois dans l’atmosphère d’une exoplanète («De l’eau d’ailleurs»). Cette fois, on a découvert les précieuses molécules de H2O dans un amas gazeux qui doit ressembler à notre système solaire au moment de sa formation, il y a près de cinq milliards d’années. Il y aurait là assez de vapeur d’eau pour remplir tous les océans de la Terre!
«C’est la première fois que nous observons de l’eau "livrée" dans une étoile naissante», explique Dan Watson, astrophysicien à l’Université de Rochester, dans l’État de New York, qui vient de publier ses résultats dans la revue Nature.
Âgé d’à peine quelques milliers d’années, cet embryon d’étoile (baptisé «NGC-1333-IRAS 4B») est un nuage de gaz et de particules s’effondrant peu à peu sur lui-même sous l’effet de sa propre gravité. En se rapprochant les unes des autres, les molécules gagnent en vitesse, s’entrechoquent et libèrent un rayonnement qui a pu être détecté par le télescope spatial Spitzer. Chaque type de molécule émet à des longueurs d’ondes qui lui sont propres. Dan Watson et ses collègues ont été étonnés de reconnaître la signature de molécules d’eau, grâce au puissant spectroscope infrarouge de Spitzer. Des 30 étoiles en formation qu’ils ont ainsi étudiées, NGC-1333-IRAS 4B est la seule qui semble posséder de telles réserves aqueuses.
Ces réserves seraient pourtant courantes dans les systèmes stellaires en formation, estime le chercheur. Elles sont seulement difficiles à observer. Lors de la genèse de systèmes solaires comme le nôtre, les particules ont tendance à s’agglomérer sur un même plan, formant un disque «d’accrétion». C’est de ce disque en rotation que naîtront l’étoile mère et les planètes qui graviteront autour. «Dans le cas de NGC-1333-IRAS 4B, son orientation était telle que, de la Terre, on regardait directement dans l’axe de rotation du disque», explique Dan Watson. Le chercheur et son équipe ont ainsi pu sonder jusqu’au cœur de ce tourbillon cosmique et y découvrir ces importantes quantités d’eau sous forme gazeuse.
Dans la vie d’une étoile, l’enfance, telle qu’observée par Dan Watson, se déroule très rapidement. En moins de 100 000 ans, précise-t-il, le disque d’accrétion acquiert l’extrême densité qui lui permettra d’amorcer une réaction thermonucléaire – celle qui la fera briller de tous ses feux et entrer dans l’âge adulte. À ce moment, il fera ou bien trop chaud, ou bien trop froid dans le nuage de NGC-1333-IRAS 4B pour que l’eau survive sous forme gazeuse. Sauf bien sûr si une petite planète rocailleuse comme la Terre se forme juste à la bonne distance de son étoile… Il faudra cependant attendre encore quelques millions d’années pour en avoir le cœur net.