Espace
Vie et mort d'un télescope
Les astronomes jubilent: le télescope Hubble ne sera pas mis à la retraite, du moins pas avant 2013.
par Olivier Rey
Le 15 novembre 2006 — Hubble va se refaire une beauté. D’ici la fin 2007 ou le début 2008, la NASA enverra, pour la cinquième fois, une navette spatiale pour prolonger la vie du télescope, fidèle au poste depuis 16 ans. À la grande joie de la communauté scientifique.
«C’est une nouvelle absolument extraordinaire, s’exclame Jacqueline Bergeron, astrophysicienne à l’Institut d’astrophysique de Paris. Hubble a donné lieu à des découvertes révolutionnaires dans plusieurs domaines de l’astronomie.»
Le télescope a notamment permis de mesurer le rythme d’expansion et l’âge de l’univers avec une exactitude sans précédent. Il a fait la lumière sur le processus de formation de galaxies vieilles de dix milliards d’années; détecté pour la première fois une atmosphère autour d’une planète extra-solaire; démontré l’existence de trous noirs hyper massifs au centre des galaxies.
Hubble continuera de faire avancer la science grâce à deux nouveaux instruments, un spectrographe novateur et une caméra, qui lui permettront de faire des observations avec une sensibilité de 10 à 70 fois supérieure. «On pourra notamment étudier avec beaucoup plus de précision les nuages dans lesquels se forment les étoiles, précise Jacqueline Bergeron. Ça va être la ruée vers l’or! Actuellement, Hubble doit faire face à sept fois plus de demandes d’utilisation qu’il ne peut en traiter. Après l’intervention, ce sera de 15 à 20 fois plus!»
Prolonger l’exploitation de Hubble fait d’autant plus plaisir aux spécialistes que son successeur a du retard et ne pointera pas le bout de son nez en orbite avant 2013. Successeur qui, d’ailleurs, ne remplacera pas vraiment le maître. «Ce nouveau télescope ne fera pas du tout les mêmes choses, poursuit l’astrophysicienne. C’est pourquoi l’annonce que nous pourrons continuer à utiliser Hubble est vraiment la bienvenue.»
Pour assurer encore ses bons et loyaux services, le télescope a donc besoin d’une cure de jouvence, notamment de nouvelles batteries et de gyroscopes de remplacement, qui servent à l’orienter vers les objets à observer. Il était temps! Un spectrographe est aussi tombé en panne en 2004 et d’autres appareils, indispensables au fonctionnement du télescope, devaient rendre l’âme d’ici deux ou trois ans, ce qui l’aurait rendu inutilisable. Grâce à ses nouvelles vitamines, le vétéran pourra éviter la retraite encore plusieurs années. Au minimum jusqu’en 2013, justement.
Hubble revient de loin. L’ancien directeur de la NASA ne voulait pas entendre parler d’une nouvelle mission d’entretien. À cause du coût mais, surtout, à cause des risques que comportera ce petit saut dans l’espace. Depuis l’accident de la navette spatiale Columbia, en 2003, les procédures de sécurité se sont extrêmement resserrées. Que faire en cas de pépin? Impossible pour l’équipage de se mettre à l’abri dans la Station spatiale internationale, dont l’orbite est trop éloignée de celle de Hubble. Michael Griffin, aujourd’hui à la tête de l’Agence, a assuré qu’une seconde navette serait prête à décoller pour aller secourir la première, tout le temps que durera la mission.
Le vénérable Hubble est donc quasiment assuré de se voir accorder quelques années de plus pour enchanter encore scientifiques et grand public.
par Olivier Rey
Le 15 novembre 2006 — Hubble va se refaire une beauté. D’ici la fin 2007 ou le début 2008, la NASA enverra, pour la cinquième fois, une navette spatiale pour prolonger la vie du télescope, fidèle au poste depuis 16 ans. À la grande joie de la communauté scientifique.
«C’est une nouvelle absolument extraordinaire, s’exclame Jacqueline Bergeron, astrophysicienne à l’Institut d’astrophysique de Paris. Hubble a donné lieu à des découvertes révolutionnaires dans plusieurs domaines de l’astronomie.»
Le télescope a notamment permis de mesurer le rythme d’expansion et l’âge de l’univers avec une exactitude sans précédent. Il a fait la lumière sur le processus de formation de galaxies vieilles de dix milliards d’années; détecté pour la première fois une atmosphère autour d’une planète extra-solaire; démontré l’existence de trous noirs hyper massifs au centre des galaxies.
Hubble continuera de faire avancer la science grâce à deux nouveaux instruments, un spectrographe novateur et une caméra, qui lui permettront de faire des observations avec une sensibilité de 10 à 70 fois supérieure. «On pourra notamment étudier avec beaucoup plus de précision les nuages dans lesquels se forment les étoiles, précise Jacqueline Bergeron. Ça va être la ruée vers l’or! Actuellement, Hubble doit faire face à sept fois plus de demandes d’utilisation qu’il ne peut en traiter. Après l’intervention, ce sera de 15 à 20 fois plus!»
Prolonger l’exploitation de Hubble fait d’autant plus plaisir aux spécialistes que son successeur a du retard et ne pointera pas le bout de son nez en orbite avant 2013. Successeur qui, d’ailleurs, ne remplacera pas vraiment le maître. «Ce nouveau télescope ne fera pas du tout les mêmes choses, poursuit l’astrophysicienne. C’est pourquoi l’annonce que nous pourrons continuer à utiliser Hubble est vraiment la bienvenue.»
Pour assurer encore ses bons et loyaux services, le télescope a donc besoin d’une cure de jouvence, notamment de nouvelles batteries et de gyroscopes de remplacement, qui servent à l’orienter vers les objets à observer. Il était temps! Un spectrographe est aussi tombé en panne en 2004 et d’autres appareils, indispensables au fonctionnement du télescope, devaient rendre l’âme d’ici deux ou trois ans, ce qui l’aurait rendu inutilisable. Grâce à ses nouvelles vitamines, le vétéran pourra éviter la retraite encore plusieurs années. Au minimum jusqu’en 2013, justement.
Hubble revient de loin. L’ancien directeur de la NASA ne voulait pas entendre parler d’une nouvelle mission d’entretien. À cause du coût mais, surtout, à cause des risques que comportera ce petit saut dans l’espace. Depuis l’accident de la navette spatiale Columbia, en 2003, les procédures de sécurité se sont extrêmement resserrées. Que faire en cas de pépin? Impossible pour l’équipage de se mettre à l’abri dans la Station spatiale internationale, dont l’orbite est trop éloignée de celle de Hubble. Michael Griffin, aujourd’hui à la tête de l’Agence, a assuré qu’une seconde navette serait prête à décoller pour aller secourir la première, tout le temps que durera la mission.
Le vénérable Hubble est donc quasiment assuré de se voir accorder quelques années de plus pour enchanter encore scientifiques et grand public.