Être humain et société
Rouge victorieux
Les athlètes canadiens auraient un avantage sur leurs adversaires: le rouge de leurs combinaisons.
par Marie-Eve Cousineau
Le 8 février 2006 – Porter du rouge serait un gage de succès pour les athlètes olympiques masculins. C’est ce qu’ont constaté deux anthropologues de l’Université de Durham, au Royaume-Uni, en étudiant les épreuves de combats disputées aux Jeux d’Athènes, en 2004.
Russell A. Hill et Robert A. Barton ont épluché les résultats de tous les matchs masculins de boxe, de taekwondo, de lutte gréco-romaine et de lutte en style libre. Dans ces compétitions, la couleur du costume (rouge ou bleu) est attribuée par tirage au sort.
Lorsqu’un écart de quelques points seulement séparait les adversaires, les athlètes vêtus de rouge avaient plus de chances de gagner que leurs rivaux vêtus de bleu, selon l’étude publiée en mai dernier dans la revue Nature.
«Le rouge symbolise la dominance chez plusieurs espèces animales. Cette couleur est aussi associée à la testostérone», dit Russell A. Hill. Chez le singe mandrill, par exemple, lorsque le mâle dominant perd son statut, non seulement son taux de testostérone diminue, mais le rouge de sa face et de sa croupe pâlit.
Lorsqu’on est en colère, la peau rougit, tandis qu’on pâlit lorsqu’on a peur, ajoute le chercheur. Durant un combat, la «rougeur» d’un athlète refléterait sa «relative dominance».
La couleur du vêtement n’a cependant aucune influence sur l’issue des matchs entre femmes, d’après les chercheurs, qui ont aussi étudié les combats féminins de taekwondo, de lutte en style libre et de judo à Athènes.
Les athlètes de l’équipe canadienne ont-ils plus de chances de l’emporter à Turin, étant donné leurs combinaisons rouges? Peut-être.
«La couleur joue un rôle beaucoup moins important dans les courses contre la montre individuelles, dit Russell A. Hill. Le rouge peut cependant constituer un atout dans les sports d’équipe où il y a contact, comme au hockey.»
Mais pas question pour les joueurs canadiens de s’asseoir sur leurs lauriers. «Le rouge ne peut faire pencher la balance que lorsque les adversaires sont de force équivalente.»
par Marie-Eve Cousineau
Le 8 février 2006 – Porter du rouge serait un gage de succès pour les athlètes olympiques masculins. C’est ce qu’ont constaté deux anthropologues de l’Université de Durham, au Royaume-Uni, en étudiant les épreuves de combats disputées aux Jeux d’Athènes, en 2004.
Russell A. Hill et Robert A. Barton ont épluché les résultats de tous les matchs masculins de boxe, de taekwondo, de lutte gréco-romaine et de lutte en style libre. Dans ces compétitions, la couleur du costume (rouge ou bleu) est attribuée par tirage au sort.
Lorsqu’un écart de quelques points seulement séparait les adversaires, les athlètes vêtus de rouge avaient plus de chances de gagner que leurs rivaux vêtus de bleu, selon l’étude publiée en mai dernier dans la revue Nature.
«Le rouge symbolise la dominance chez plusieurs espèces animales. Cette couleur est aussi associée à la testostérone», dit Russell A. Hill. Chez le singe mandrill, par exemple, lorsque le mâle dominant perd son statut, non seulement son taux de testostérone diminue, mais le rouge de sa face et de sa croupe pâlit.
Lorsqu’on est en colère, la peau rougit, tandis qu’on pâlit lorsqu’on a peur, ajoute le chercheur. Durant un combat, la «rougeur» d’un athlète refléterait sa «relative dominance».
La couleur du vêtement n’a cependant aucune influence sur l’issue des matchs entre femmes, d’après les chercheurs, qui ont aussi étudié les combats féminins de taekwondo, de lutte en style libre et de judo à Athènes.
Les athlètes de l’équipe canadienne ont-ils plus de chances de l’emporter à Turin, étant donné leurs combinaisons rouges? Peut-être.
«La couleur joue un rôle beaucoup moins important dans les courses contre la montre individuelles, dit Russell A. Hill. Le rouge peut cependant constituer un atout dans les sports d’équipe où il y a contact, comme au hockey.»
Mais pas question pour les joueurs canadiens de s’asseoir sur leurs lauriers. «Le rouge ne peut faire pencher la balance que lorsque les adversaires sont de force équivalente.»