Médecine et santé
Santé aux sans-abri!
À Ottawa, on traite des sans-abri alcooliques avec du vin.
par Marie-Eve Cousineau
Quinze verres de vin par jour, sept jours sur sept. C’est le régime auquel 17 sans-abri souffrant d’alcoolisme sévère ont été soumis dans un centre d’hébergement d’Ottawa.
L’expérience a eu l’effet d’une cure: après un séjour de 16 mois en moyenne, non seulement ils buvaient moins qu’à leur arrivée, mais leur santé et leurs conditions de vie s’étaient améliorées.
Le nombre d’hospitalisations d’urgence avait diminué de 36% parmi les participants, et les interventions policières, de 51%.
Le programme s’inscrit dans le «Projet de santé urbaine d’Ottawa», une initiative du gouvernement fédéral, de la Ville et de l’Université d’Ottawa.
«Les itinérants étaient attirés par le service, car ils n’étaient pas obligés d’arrêter de consommer pour en bénéficier», dit la néphrologue Tiina Podymow, l’une des auteures de l’étude publiée ce mois-ci dans le Journal de l’Association médicale canadienne.
L’alcool fourni était la porte d’entrée pour créer une relation de confiance avec ces personnes en détresse. Dépendants de l’alcool depuis 35 ans en moyenne, les participants souffraient en grande majorité d’une maladie physique ou mentale chronique, des pathologies qui ont pu être traitées durant leur séjour.
«Ils n’étaient pas forcés de boire les 15 consommations quotidiennes permises, souligne Tiina Podymow. À la fin du programme, certains avaient remplacé le vin par du jus.»
Donner de l’alcool à des alcooliques n’en demeure pas moins controversé. On peut reprocher à l’étude son petit nombre de sujets — sur les 17, trois sont décédés avant la fin du programme — et l’absence d’un groupe témoin.
Tiina Podymow rappelle que l’initiative n’était pas une recherche scientifique à la base. «D’un point de vue éthique, nous n’aurions pas pu héberger un groupe d’itinérants et en laisser un autre dans la rue, sans service.»
par Marie-Eve Cousineau
Quinze verres de vin par jour, sept jours sur sept. C’est le régime auquel 17 sans-abri souffrant d’alcoolisme sévère ont été soumis dans un centre d’hébergement d’Ottawa.
L’expérience a eu l’effet d’une cure: après un séjour de 16 mois en moyenne, non seulement ils buvaient moins qu’à leur arrivée, mais leur santé et leurs conditions de vie s’étaient améliorées.
Le nombre d’hospitalisations d’urgence avait diminué de 36% parmi les participants, et les interventions policières, de 51%.
Le programme s’inscrit dans le «Projet de santé urbaine d’Ottawa», une initiative du gouvernement fédéral, de la Ville et de l’Université d’Ottawa.
«Les itinérants étaient attirés par le service, car ils n’étaient pas obligés d’arrêter de consommer pour en bénéficier», dit la néphrologue Tiina Podymow, l’une des auteures de l’étude publiée ce mois-ci dans le Journal de l’Association médicale canadienne.
L’alcool fourni était la porte d’entrée pour créer une relation de confiance avec ces personnes en détresse. Dépendants de l’alcool depuis 35 ans en moyenne, les participants souffraient en grande majorité d’une maladie physique ou mentale chronique, des pathologies qui ont pu être traitées durant leur séjour.
«Ils n’étaient pas forcés de boire les 15 consommations quotidiennes permises, souligne Tiina Podymow. À la fin du programme, certains avaient remplacé le vin par du jus.»
Donner de l’alcool à des alcooliques n’en demeure pas moins controversé. On peut reprocher à l’étude son petit nombre de sujets — sur les 17, trois sont décédés avant la fin du programme — et l’absence d’un groupe témoin.
Tiina Podymow rappelle que l’initiative n’était pas une recherche scientifique à la base. «D’un point de vue éthique, nous n’aurions pas pu héberger un groupe d’itinérants et en laisser un autre dans la rue, sans service.»